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un blog sur des informations des droits de l'homme de tout les pays et sur les pouvoirs réprimant.
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20.03.2007
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TUNISIE:La liberté de la presse entre ouverture et statu quo

Posté le 09.05.2008 par kabylieazouzanet
Deux responsables d'un hebdomadaire de l'opposition légale tunisienne Rachid Khechana et Monji Ellouze, poursuivent une «grève de la faim illimitée» pour dénoncer les harcèlements dont leur journal, Al-Mawkef, fait l'objet selon eux, de la part du pouvoir, au moment où la Tunisie célèbre, à l'instar de la communauté internationale la Journée mondiale de la liberté de la presse.

Depuis le 14 mars dernier, quatre éditions d'Al-Mawkef, organe hebdomadaire du Parti démocratique progressiste (PDP) ont été saisies et ses comptes en banque bloqués, sans aucune explication.

En signe de protestation, des membres du personnel ainsi que des activistes du PDP ont décidé de distribuer eux-mêmes le dernier numéro dans les rues de la capitale Tunis.

Khechana, rédacteur en chef d'Al-Mawkef, un des trois journaux d'opposition qui subsistent en Tunisie et Secrétaire général adjoint du PDP, passera le 10 mai en justice avec Chebbi, Directeur de la publication, pour répondre de pertes à hauteur de plusieurs centaines de milliers de dollars que le journal aurait causé à des distributeurs d'huile alimentaire, Al-Mawkef ayant publié que leurs produits étaient frelatés et demandé qu'ils soient soumis à des analyses.

Ces sociétés réclament 500 000 dinars (274 000 Euros) de dommages et intérêts. En cas de condamnation, le journal devra fermer.

«La situation est intolérable, notre journal ne reçoit pas de publicités, ne vit que de ses ventes et se retrouve aujourd'hui menacé de disparition», déclarait fin avril Khechana lors d'une conférence de presse tenue au siège du PDP, deux jours avant la visite de Nicolas Sarkozy en Tunisie.

Khechana, 55 ans, et Ellouze, 59 ans, avaient justifié la grève de la faim comme «ultime moyen de défense», indiquant que des dirigeants du PDP, dont la Secrétaire générale Maya Jeribi, avaient tenté de vendre le journal à la criée dans le rues de Tunis pour protester contre «la censure déguisée».

L'Union Nationale des Journalistes Tunisiens, constituée en janvier dernier, vient de publier un manuel de formation et un guide de référence sur les questions liées aux « reportages sur les Droits de l'Homme ».

Ce manuel, qui attendait d'être publié depuis 2006, n'avait reçu son autorisation de publication que le mois dernier, lorsque le gouvernement avait levé l'interdiction qui frappait de nombreux ouvrages en Tunisie.

«Le Code de la presse comprend entre 40 et 50 chapitres restrictifs», a déclaré à APA samedi un journaliste tunisien qui pense que la Tunisie devrait plutôt «créer une charte nationale des médias qui rassemble toutes les parties ».

Le 3 avril dernier, une cour d'appel de Tunis a confirmé la condamnation à un an de prison du journaliste Slim Boukhdhir.

Boukhdhir, qui travaille pour le quotidien londonien Al-Quds Al-Arabi et pour la chaîne de télévision Al-Arabiya, a été initialement condamné à de la prison en décembre 2007 pour «comportement insultant envers un fonctionnaire dans l'exercice de ses fonctions » après une altercation avec un policier qui le suivait.

Certains ont rapporté que le procès de Boukhdhir était «une vraie farce, le juge n'accordant aucune attention aux avocats de la défense».

Le président tunisien avait déclaré vendredi que l'Etat s'est employé à «développer ce secteur (de la presse) à la faveur des multiples décisions et mesures qui ont touché ses différents aspects juridique, réglementaire et politique ».

Le président Ben Ali estime que ceci « a permis d'enrichir le paysage médiatique en Tunisie, de consolider ses potentialités humaines et techniques, et de le doter de tous les moyens à même de promouvoir son rôle dans l'enracinement des fondements de la démocratie, l'approfondissement de l'esprit de dialogue et de consensus, et dans le soutien de notre processus de développement ».

Les propos du président français Nicolas Sarkozy affirmant que «l'espace des libertés progresse » en Tunisie ont suscité un tollé chez les défenseurs des droits de l'Homme en France et en Tunisie.

«Si des garanties ont été données à monsieur Sarkozy pour que les libertés progressent, tant mieux ! C'est notre demande », s'est étonné Mokhtar Trifi, président de la Ligue tunisienne des Droits de l'Homme (LTDH).

«Malheureusement, sur le terrain, nous n'avons pas remarqué de progrès notables, c'est peut-être même le contraire qui se passe en réalité aujourd'hui », a-t-il ajouté.

Le grand malaise

Posté le 09.05.2008 par kabylieazouzanet
Elle, emmitouflée dans sa robe traditionnelle kabyle, le visage creusé par les rides, les yeux rougis pour avoir trop longtemps pleuré la perte de son enfant, serre le portrait de celui-ci contre son cœur. Lui, le visage également strié par le temps, le corps aussi sec qu’un vieil olivier décharné, a le regard perdu dans le vide. Pour Djohra et Ahcène, comme pour toute la famille Irchène, la vie a suspendu son cours le vendredi 27 avril 2001, à 15 h 30 exactement. Ce jour-là, leur fils Kamel, 27 ans, qui manifeste aux côtés d’une centaine de jeunes devant la gendarmerie d’Azazga, à 35 km à l’est de Tizi-Ouzou, est atteint de deux balles, l’une au thorax, l’autre au bras gauche. Peu de temps avant de succomber à ses blessures, Kamel aura eu le temps d’inscrire avec son propre sang le mot « liberté » sur le mur gris d’un café de la ville. Recouvert de Plexiglas, le graffiti est devenu, depuis, le symbole de la révolte qui a embrasé la Kabylie durant le printemps 2001.
La famille Irchène cherche toujours des réponses à ses interrogations. Qui a tué Kamel ? Où peut se trouver son assassin ? Qu’attend la justice pour instruire le dossier qui traîne depuis des années sur le bureau du juge d’instruction d’Azazga ? « Depuis ce funeste vendredi, nous refusons de faire notre deuil, soupire son frère Ahmed. Comment voulez-vous que nos cœurs s’apaisent quand on sait que son assassin est libre ? Les autorités nous ont donné de l’argent et même proposé du travail. Ne savent-elles pas que seule la justice est en mesure d’atténuer notre douleur ? »

Mémoire à vif
Sept années après les émeutes qui ont mis la région à feu et à sang, et coûté la vie à 126 personnes, les familles en sont encore à réclamer justice pour leurs morts. À l’exception du meurtrier du jeune Massinissa Guermah, tué le 18 avril 2001 dans les locaux de la gendarmerie de Beni-Douala, aucun autre membre des forces de sécurité mis en cause n’a été inquiété. Bien sûr, certains gendarmes ont été relevés de leurs fonctions, d’autres ont été mutés. Pourtant, assure Belaid Abrika, porte-parole des archs (comités de villes et de villages représentant la population), l’État s’est formellement engagé à faire la lumière sur ces tragiques événements. « Les preuves et les témoins ne manquent pas pour les confondre, précise-t-il. Nous avons formellement identifié une vingtaine de tueurs. Des témoins et des blessés se sont présentés devant le juge d’instruction pour livrer les noms et les signalements des gendarmes qui ont fait feu. Mais, à ce jour, aucune confrontation n’a eu lieu. Pourquoi ? » « C’est le règne de l’arbitraire, répond, en écho, Ahmed Irchène. Notre intime conviction est qu’ils ne veulent pas juger les assassins. » Deuil, impunité, sentiment d’injustice… Sept ans après, les Kabyles ont encore la mémoire à vif.
Sur le papier, la crise est pourtant réglée. Officiellement, elle est terminée depuis que les archs et le gouvernement, alors dirigé par Ahmed Ouyahia, ont signé, le 25 janvier 2005, un protocole d’accord aux termes duquel l’État s’engage à satisfaire toutes les revendications de la plate-forme d’El-Kseur, notamment celles portant sur l’officialisation de la langue tamazight, le jugement des auteurs des assassinats, l’indemnisation des familles et l’octroi du statut de martyr aux victimes de la répression. Plus de trois ans après la signature de ce fameux accord, le bilan est maigre.

De mal en pis
Certes, depuis avril 2002, le tamazight est inscrit comme langue nationale dans la Constitution, mais les autorités continuent de s’opposer fermement à son officialisation. Toutes les familles ont reçu une enveloppe de 2,4 millions de dinars (DA, environ 23 300 euros) en guise d’indemnités, tandis que les blessés se sont vu attribuer, en fonction de leurs infirmités, des pensions mensuelles allant de 5 000 à 15 000 DA (de 48 à 145 euros, le smic est à 12 000 DA). Mais, là aussi, à en croire plusieurs membres des familles d’ayants droit, beaucoup reste à faire. L’État a promis d’assumer la prise en charge sociale des victimes (octroi d’un logement, remboursement de frais médicaux, aides matérielles aux handicapés…), mais les engagements tardent parfois à être honorés. « On peut dire que 30 % seulement de nos exigences ont été satisfaites, estime Belaid Abrika. C’est peu, très peu même au vu de tous les sacrifices qui ont été consentis. Mais le plus grave est que le dialogue est rompu. Cela n’est ni sain ni sage, car, en plus d’être frondeuse et rebelle, la région est aujourd’hui assise sur une poudrière. »
Il suffit de sillonner villes et villages et de converser avec leurs habitants pour constater que les choses vont de mal en pis. Terrorisme, violences, drogue, banditisme, kidnappings, prostitution… Les fléaux prolifèrent, à tel point qu’une partie de la population souhaite le retour des gendarmes qu’elle a elle-même chassés au lendemain des émeutes de 2001. « Si certains réclament la réinstallation des brigades de gendarmeries [14 ont été démantelées en mars 2002, NDLR], c’est que le mal est très profond », juge Slimane, entrepreneur à Yakourene, un village situé sur les crêtes des montagnes du Djurdjura. Après avoir amassé une petite fortune dans le secteur du bâtiment, il a dû plier bagage pour installer ses chantiers dans la région d’Alger, privant ainsi des dizaines de familles de leur gagne-pain. « Je ne suis pas parti de gaieté de cœur, précise-t-il, mais le climat d’insécurité rebute de plus en plus les hommes d’affaires. Certains ont fermé boutique, d’autres ont délocalisé leurs activités. » Même son de cloche du côté du président de la Chambre de commerce et d’industrie de la wilaya (département) de Tizi-Ouzou, Améziane Medjkouh, qui déplore la fermeture d’une douzaine de PME, employant entre 20 et 50 personnes, depuis les événements de 2001. « Actuellement, nous assistons beaucoup plus à des délocalisations personnelles, explique-t-il. Ce sont les entrepreneurs eux-mêmes qui quittent la région, en laissant sur place leurs moyens de production. » Il faut dire que les risques d’émeutes, la multiplication des enlèvements, la montée du banditisme, mais aussi l’absence d’infrastructures - la Kabylie est essentiellement une région montagneuse -­ ont de quoi décourager les patrons les plus téméraires. « Il devient de plus en plus difficile de convaincre les gens d’investir localement et de lancer des extensions d’activité, regrette Améziane Medjkouh. L’absence ou le manque de zones aménagées et sécurisées, de port, d’aéroport et de parcs sous douanes font fuir les industriels. »
C’est qu’en plus de l’activisme terroriste des groupes de l’ex-GSPC, qui ont élu refuge dans ses maquis touffus, la région fait face à un nouveau phénomène : le rapt d’entrepreneurs ou d’enfants de familles riches ou aisées. Depuis le début de 2005, on recense pas moins d’une vingtaine d’enlèvements à Tizi-Ouzou et à Béjaïa. Qu’ils soient l’œuvre de bandes armées affiliées à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) ou le fait de voyous bien organisés, ces kidnappings ont plongé la population dans la psychose. Travailleur émigré installé dans la région parisienne, Mohand-Saïd a pour habitude de retourner chaque été dans son village d’Ighil-Ali pour y passer quelques jours de vacances avec femme et enfants. Aujourd’hui, il ne veut plus en entendre parler. « J’ai peur pour moi-même, ainsi que pour mes enfants, car ces terroristes ou ces bandits qui kidnappent peuvent s’en prendre à nous en pensant que nous sommes riches parce que nous vivons en France. Dorénavant, nous irons en Tunisie. »
Les autorités annoncent régulièrement la réinstallation de plusieurs brigades de gendarmerie en Kabylie, mais elles butent encore et toujours sur l’hostilité de la population à l’égard de ce corps de sécurité. À en croire un haut responsable de la gendarmerie de Tizi-Ouzou, qui s’exprimait récemment en « off » devant un parterre de journalistes locaux, même les gendarmes refusent d’y être affectés. C’est dire l’immense fossé qui sépare encore aujourd’hui gendarmes et population.
Toutefois, il est un fait que tout le monde admet volontiers : le départ des gendarmes de certaines localités, ainsi que la mise en quarantaine de ceux qui sont restés, a largement profité aux terroristes et aux bandits de tout acabit. Mais le retour de ceux que l’on accuse de tous les maux divise les Kabyles. Ancien délégué des archs, Ravah y est favorable. Après avoir longtemps ferraillé contre le pouvoir, et passé plusieurs jours en prison en 2002 en raison de son appartenance au mouvement citoyen, il admet désormais la nécessité de sortir de ce bras de fer qui oppose les Kabyles au pouvoir central. « Il est temps que la sécurité et l’autorité soient rétablies en Kabylie, estime-t-il. Priver la région de forces de sécurité revient à la livrer aux terroristes et aux voyous. Après tout, tous les gendarmes ne sont pas derrière les exactions commises durant le “Printemps noir”. » Pas question, rétorquent les autres. « Nous ne ferons la paix que le jour où nous verrons tous ceux qui ont tué répondre de leurs crimes devant la justice, affirme Ahmed Irchène. C’est ce jour-là, et seulement ce jour-là, que nous pourrons faire notre deuil. »

Algérie : RSF dénonce la censure de l’hebdomadaire Jeune Afrique

Posté le 09.05.2008 par kabylieazouzanet
Reporters sans frontières dénonce l’interdiction de distribution dont a été victime l’hebdomadaire français Jeune Afrique en Algérie au cours de la première semaine du mois de mai.

“Plus nous approchons des échéances électorales présidentielles de 2009, plus il est à craindre de voir ce genre de mesures arbitraires se multiplier. L’Etat algérien doit garantir une information libre et plurielle à ses citoyens et non se poser en censeur”, a déclaré l’organisation.

Le numéro 2469, daté du 4 au 10 mai 2008, de l’hebdomadaire français Jeune Afrique n’a pas été distribué en Algérie. La direction du journal n’a reçu aucune explication des autorités. Toutefois, cette mesure de censure serait liée à la publication d’un article, intitulé “Kabylie, le grand malaise”, de Farid Alilat, dans lequel le journaliste décrit les problèmes économiques, sécuritaires et sociaux qui paralysent cette région dans l’est du pays.

Marwane Ben Yahmed, directeur de la rédaction de Jeune Afrique, a expliqué à Reporters sans frontières que le distributeur FA presse n’avait pas obtenu d’autorisation de vente pour ce dernier numéro. “Nous avons décidé de publier cet article en accès libre sur notre site Internet pour que nos lecteurs algériens puissent y avoir accès”, a-t-il ajouté.

Jeune Afrique a déjà fait les frais de la censure d’Etat en Algérie. En mars 2007, un numéro, incluant une enquête sur l’homme d’affaires Rafik Abdelmoumen Khalifa, avait été interdit des kiosques. En février 2004, quelques semaines avant la tenue des élections présidentielles, le dossier “Pour qui votent les généraux” avait valu au journal une autre censure.

Tunisie-Bassin Minier de Gafsa: Les habitants de Redeyef quittent la ville

Posté le 08.05.2008 par kabylieazouzanet
Cet après-midi, du mercredi 7 mai, les quelque 30 000 habitants de Redeyef, principale ville du bassin minier de Gafsa à 400 km au Sud de Tunis, lourdement assiégés par la police, se sont concertés pour décider de tous quitter la ville, afin, disent-ils, de « laisser Redeyef aux policiers ». D’après plusieurs sources directes, ce sont plusieurs centaines d’habitants qui ont commencé depuis 18 H environ à quitter effectivement les lieux, emmenant des objets de première nécessité, partant dans plusieurs directions à la fois.

Ce nouvel évènement suit l’électrocution par les autorités et les forces de police de deux jeunes, mardi 6 mai, à l'intérieur d'un générateur électrique desservant les ateliers de la compagnie des phosphates de Gafsa. Ceux-ci l’occupaient avec leur groupe de jeunes chômeurs pour stopper l'alimentation d'une partie des installations de la Compagnie et protester par cette action spectaculaire contre le non respect par les autorités préfectorales d'un engagement stipulant le recrutement d'un certain nombre de chômeurs au sein de la Compagnie. L’un est décédé et l’autre est dans le coma.

Depuis le 5 janvier 2008 l 'ensemble de la région de Gafsa connaît un fort mouvement social porté largement par la population et réprimé par les autorités. Il est quasi impossible de se rendre actuellement dans le bassin minier.

bataille de Tahuda

Posté le 03.05.2008 par kabylieazouzanet
Célèbre bataille qui a eu lieu dans les Aurès, en 683, entre Imazighens, menés par l' Agellid Kusayla ( Roi Aksil ), contre l'armée conquérante arabe sous les ordres de Oqba ibn Nafiî; l'armée arabe est battue, Oqba est tué: les armées arabes sont vaincues et dispersées, battent en retraite vers l'Egypte. Kusayla libère l'Afrique du Nord et reprend Kairouan.

Commentaire personnel: ce soulèvement Amazighe et cette bataille contre les conquêtes arabo- musulmanes commanditées par les Omeyyades est toujours occultée dans les manuels scolaires marocains. Kusayla, quand il est évoqué, passe pour un détail secondaire de l'Histoire, voire un ennemi dénigré de l'islamisation de l'Afrique du Nord, au profit de Oqba ibn Nafî dont les exactions, pillages et la férocité avaient meurtri les Imazighens et qui est glorifié actuellement comme un saint, un libérateur, le fondateur d'une ère nouvelle pour l'Afrique du Nord ( son mausolée est toujours vénéré à Kairouan, ville sainte de l' Islam en Tunisie ).

Les armées ommeyades reviennent à la charge et c'est la reine Kahina ( Dehya ) qui reprendra le flambeau de la résistance, emportant elle aussi à son tour d'éclatantes victoires, mais finalement vaincue et décapitée par les Arabes.

La réalité sur cette période de l'Histoire de l'Afrique du Nord mérite d'être connue et rectifiée car elle est le départ de mythes et de légendes falsifiés de notre passé.

Les journalistes face à la « démocratie travestie »

Posté le 03.05.2008 par kabylieazouzanet
Par Mohamed Benchicou

Intervention à la conférence de Casablanca « Quelle stratégie pour faire face aux attaques contre la presse en Afrique du Nord ?» organisée les 2 et 3 mai 2008 à l’occasion de la Journée de la liberté d’expression, par l’Association mondiale des journaux (AMJ), le Wgfena (Groupe de travail pour la liberté de la presse en Afrique du Nord) et le magazine Tel Quel.

Chers confrères,


Je commencerais par une question absurde : existe-t-il une liberté d’expression et une presse libre en Tunisie ?

La réponse aujourd’hui est évidemment « oui » !

La liberté d’expression est-elle harcelée en Algérie et au Maroc ?

La réponse aujourd’hui est évidemment « non ».

Non, puisque officiellement, il n’y a plus de journalistes emprisonnés au Maghreb même s’il y croupit encore quelques uns ; qu’il n’y a plus de journaux suspendus et que ces Etats du Maghreb sont devenus des « Etats démocratiques » répondant aux nouveaux standards factices de l’Occident.

Et inutile de me lancer laborieusement dans l’explication de la « démocratie travestie » et à essayer de vous en convaincre de l’existence : Nicolas Sarkozy s’en est chargé, avec brio, en Tunisie.

C’est donc vrai : nous faisons face à un nouvel adversaire redoutable : la « démocratie travestie ». Pour l’avoir ignorée, nous sommes en train de perdre la bataille de l’opinion publique. Pendant que nous éprouvons des difficultés à convaincre de la réalité de la persécution, les pouvoirs au Maghreb passent pour des champions de la liberté de la presse tout en parvenant à l’avorter là où elle n’est pas encore née (Tunisie), à la paralyser là où elle vient de naître (Maroc) et à la récupérer là où elle existait (Algérie)
Aussi, riposter aux attaques contre la presse aujourd’hui, c’est obligatoirement le faire à l’intérieur d’une riposte générale à « la démocratie travestie » parce qu’elle est, aujourd’hui, notre principal obstacle : elle met un écran de fumée entre nous et les opinions publiques ; elle nous rend « illisibles » ; elle nous isole ; elle a rendu les dictateurs respectables sans abolir les dictatures.

LA DEMOCRATIE TRAVESTIE

« La démocratie travestie » est élaborée par des ethnologues politiques occidentaux, régit aujourd’hui les rapports internationaux, et répond aux intérêts supérieurs de la diplomatie et des affaires. Son but de est de permettre des rapports d’affaires avec les dictatures sans fâcher les opinions publiques occidentales.

Rien de moins sot : on va adapter superficiellement les dictatures aux exigences de l’opinion publique afin d’en éviter les critiques et on les dotera de critères factices d’exhibition démocratique : c’est la création d’une réalité politique parallèle, de l’illusion du pluralisme, qu’ils offriront à admirer au monde, une “démocratie sans représentation.


Les pouvoirs du Maghreb vont remodeler, de façon plus globale, l’autoritarisme pour le mettre à l’heure de la démocratie. Ils vont porter les bijoux de la démocratie qu’on exhibe aux opinions occidentales et qui permettront au président Ben Ali de dire qu’il respecte les droits de l’homme et à Sarkozy de saluer l’avancée de la Tunisie de Zine El Abidine Ben Ali dans le chemin étroit et difficile, mais essentiel, celui de la liberté et du respect des individus. »


Premier critère : puisque dans ce monde, le pluralisme et les élections sont devenues la seule source de légitimité reconnue, alors on organisera des élections à satiété, mais elles n’assureront aucune alternance ! Elles ne feront que légitimer le pouvoir en place. L’important est que les médias en parlent…


Deuxième critère : puisque la violence, en tant qu’instrument de perpétuation du pouvoir, a fini par délégitimer les régimes, alors on va arrêter la répression .


Troisième critère : fabriquer les acteurs de la “démocratie sans représentation”. C’est l’époque des partis sans personnel, ni membres, ni siège... ; avec ses initiés bien rémunérés qui se font passer pour les opposants les plus bruyants au régime..C’est l’époque, aussi, d’une presse qui a toute l’apparence d’une presse libre mais qui n’en est pas une.
La gestion de la presse dans le système de « démocratie travestie » répond au besoin de l’illusion du pluralisme et de la réalité parallèle. - On entretient des rapports de courtoisie avec la presse. On ne la frappe plus, on la récupère. On passe de la phase de la répression dure à une autre phase : la répression molle et la manipulation dure. - On crée sur le plan formel une « presse libre » qui épouse les normes de la « démocratie travestie » : (presse libre = presse privée même sans indépendance = presse diversifiée, comme la presse tunisienne, ce qui autorise Ben Ali à se prévaloir de la liberté de la presse).

Chez nous en Algérie, cette phase commença en 2005.


Elle prenait le relais d’une première phase qui s’étala de 2001 (nouveau code pénal) à fin 2004 (emprisonnements et suspension du Matin), et qui fut celle de la répression frontale destinée à la liquidation ou la domestication de la presse par la force. M. Bouteflika, qui postule au Nobel de la paix, comprend que la condamnation nationale et internationale de mon incarcération a beaucoup nui à l’image du pouvoir algérien. Il va passer d’une phase de damnation de la presse à celle de son instrumentation. Obtenir par la manipulation des esprits ce qu’il obtenait jusque-là par la répression : la stérilisation du verbe certes, mais aussi sa récupération.
Alors, la seconde (2005-2007) fut celle de « la répression molle, manipulation dure » destinée à corrompre et récupérer la presse comme acteur principal de la comédie du pouvoir, chargé de la « représentation médiatique » d’une démocratie de façade.

Dès janvier 2005, il prend la décision : il ne frappera plus la presse, il va s’en servir. S’en servir pour rester au pouvoir. Soucieux de préserver ses positions dans un contexte où les pressions populaires venues “d’en bas” deviennent de plus en plus fortes, il découvrira tout l’intérêt qu’il y aurait à se servir des journaux algériens non seulement comme éléments de décor de sa démocratie de façade, mais aussi comme acteurs actifs ! Il va leur confier une tâche primordiale : assurer la représentation médiatique d’une réalité politique inexistante, celle-là même que le régime entend substituer à la représentation politique de valeurs, d’intérêts et d’idées, c'est-à-dire aux attributs fondamentaux de la vraie démocratie. Le phénomène n’est pas propre à l’Algérie : la peoplisation de la presse est devenu un procédé international. On préfère des journaux qui s’attardent sur Carla Bruni et le sexe des anges plutôt que sur les inégalités sociales.


Mes amis directeurs vont alors être invités à se soumettre à la grande manœuvre, celle qui consiste à téléguider des éléments institutionnels de la démocratie, comme les partis politiques, les élections et les médias, à la seule fin d’aider ceux qui sont au pouvoir à y rester. La démarche des hommes de Bouteflika est un cocktail détonant de postmodernisme français et de manipulation façon Sécurité militaire ou KGB. Ce qu’ils ont emprunté aux postmodernes, c’est leur intuition de “l’irréalité de la réalité”. Ce qu’ils ont emprunté à la riche tradition de la police secrète algérienne ou du KGB soviétique, c’est la capacité des technologies à rendre réel l’irréel.

Ainsi naquit l’arrangement tacite entre le pouvoir de M. Bouteflika et les dirigeants de journaux durant mon incarcération : le journalisme convivial en échange de l’amnistie et de la garantie de prospérer sans obstacles.


Cette seconde phase fut marquée par :

- Rapports de clémence : une grâce aux journalistes en juillet 2006 et arrêt du harcèlement

- Un rapprochement entre la presse et le pouvoir : collaboration active dans le cadre des brainstormings entre les directeurs de journaux et le ministre de la communication Hachemi Djiar. (des séances de réflexions communes absolument inutiles mais dont l’insigne avantage est de donner au directeur du journal l’illusion d’avoir participé à la définition d’une politique de l’information en Algérie.)

Des directeurs de la presse libre organisent des colloques sous le haut patronage du président Bouteflika et se photographient en première page avec le premier ministre Belkhadem

On a même célébré le 3 mai , Journée internationale de la liberté de la presse,

par un match de football entre les directeurs de journaux et les membres du gouvernement !

- Transformation de certains titres en porte-voix du régime avec nomination d’agents du pouvoir à la tête de certains journaux indépendants

- Choix de ne pas fâcher le régime :

a) Disparition des grands sujets nationaux et de préoccupation populaire au profit des sujets people et des sujets de diversion

b) Collaboration à l’isolement de Mohamed Benchicou emprisonné mais aussi, parfois, de ses propres journalistes emprisonnés !

Aucune référence aux confrères emprisonnés

Aucune solidarité (Des journaux ont préféré remettre un prix à une journaliste européenne ex-otage en Irak plutôt qu’à des journalistes de leur pays toujours otage du clan au pouvoir)




Fin de la deuxième phase : l’échec


Ces deux étapes ont néanmoins fini par un échec du pouvoir : une presse libre existe toujours en Algérie.



Où lire, autrement, que des Algériens observent des grèves, manifestent, crient leur colère ? Où lire les épisodes d’un pouvoir corrompu, où suivre le combat syndical, où apprendre la saga du wali prévaricateur et de ces notables concussionnaires, si ce n’était dans ces pages de journaux indépendants ? Dans un pays où les grands médias sont entre les mains du pouvoir, où peut s’exprimer une société mécontente et interdite de télévision et de radio ?

Oui, en 2008, il existe toujours un îlot invincible qui nargue l’océan du mensonge et de la censure, cette presse indépendante qu’on a voulu acheter, effrayer, tuer et déshonorer.


Mais alors qui a sauvé la presse libre algérienne du déshonneur et du destin de troubadour du roi ? La société, la vraie, celle qu’on ne remarque pas, celle, majoritaire, qui n’entend pas renoncer à un droit arraché au prix du sang : le droit de savoir.

Car, par bonheur, la liberté de la presse et une belle montagne à deux versants : le droit d’écrire pour le journaliste, le droit d’être informé pour le citoyen. Que le premier décide d’abdiquer de son droit ne suffit pas pour perdre la montagne : il y aura toujours une communauté d’esprits déterminés pour la défendre sur l’autre versant, et généralement cette troupe têtue a toujours le dernier mot.

Rien n'est plus imbattable, en effet, qu'une société qui a veut savoir, et qui entreprend d'ouvrir les yeux sur les écuries gouvernementales.

« Une société n'est forte que lorsqu'elle met la vérité sous la grande lumière du soleil », a dit Emile Zola en pleine affaire Dreyfus.

Les journaux qui se sont prêtés à la représentation médiatique de la « démocratie travestie » ont été vidés de leur sens et se sont rendus compte de leur appauvrissement et de leur dépersonnalisation

Certains sont revenus à une voie professionnelle.

D’où la colère du pouvoir qui a repris le harcèlement en 2008 (Chawki Amari)


Alors je conclus ainsi :

1) Nous portons notre part de responsabilité dans le déclin

2) C’est aussi à nous de faire des choix : opter pour les lecteurs pas pour le pouvoir

3) Substituons les critères du pouvoir par un rapprochement avec la société La fabrication d’un journal, la lutte pour la liberté d'expression, dans nos pays du Maghreb, est un acte de construction démocratique. Le besoin de savoir est devenu vital, porté par de larges couches de la population. On ne reviendra plus jamais en arrière.

4) Dire et redire ce qu’est une presse factice, la désigner du doigt


La presse algérienne amorce une troisième phase vers la consécration de son indépendance et qui promet d’être pénible à l’approche des présidentielles.

Aussi, si on veut, comme le veut cette conférence, élaborer une stratégie pour faire face aux attaques contre la presse en Afrique du Nord, alors, à mon sens, il ne faut pas se tromper de diagnostic : il faut s’adapter à cette nouvelle doctrine, avec ses armes et ses subtilités. Car il s’agit d’une stratégie d’un type nouveau, qui ne se voit pas, ne se remarque pas et qui normalise LA NON LIBERTE, l’absence de liberté en la remplaçant par une norme factice mais acceptable de FAUSSE LIBERTE.

Mohamed Benchicou

Casablanca , le 3 mai 2008

Chlef Les deux faces d'une émeute

Posté le 03.05.2008 par kabylieazouzanet
Entre le wali de Chlef et le président de la Coordination des associations des quartiers des sites préfabriqués, il y a prise d'otages, celle d'une population et d'une ville en mal de vie. Parce qu'il y a malaise profond.

Secouée par un violent séisme le vendredi 10 octobre 1980, la ville d'El-Asnam ressurgit, depuis, difficilement de ses décombres. Les autorités locales se sont empressées de lui changer de nom pour, dit-on, conjurer le mauvais sort et éloigner la malédiction. Il faut rappeler qu'à l'époque, l'Arabie Saoudite avait conditionné l'octroi de son aide financière pour la reconstruction d'une ville détruite à plus de 90 % par le changement de son nom, El-Asnam voulant dire statues, donc contraire à l'Islam... La ville perdra ainsi ses repères et s'appellera désormais Chlef. Eclatée en sites de logements préfabriqués, elle s'est pliée, impuissante, à de nouvelles moeurs, de nouveaux modes de vie la bousculant jusqu'à ses traditions les plus intimes. Les Asnamis se sont repliés sur eux-mêmes laissant l'informel, l'illicite, l'anarchie, la gabegie et autres autoritarisme et sectarisme régenter leur quotidien. La hogra est devenue de fait, force de loi. Entre gouvernants et gouvernés, le gouffre s'est dangereusement approfondi. Les violentes émeutes qui se sont déclenchées la semaine dernière ont exprimé un rejet de tout ce qui représente l'Etat. Premières cibles des révoltés, les édifices publics notamment sont saccagés et incendiés. «Nous exigeons le départ du wali, sinon, nous n'arrêterons pas, nous mettrons la ville à feu», disent presque en coeur les populations que nous avons rencontrées devant le tribunal de la ville à une heure tardive de la nuit du mardi au mercredi, attendant une hypothétique libération de leurs proches appréhendés depuis dimanche, jour de l'éclatement des premières émeutes. L'étincelle de la révolte, une décision mort-née de l'Etat d'octroyer une aide aux sinistrés pour la reconstruction de leurs logements. 20 000 logements préfabriqués appelés communément «Brariques» ont une durée de vie déterminée. Ils ne devaient donc pas durer aussi longtemps. L'Etat a fait dans le provisoire qui dure comme de tradition. 28 ans après la catastrophe naturelle, la reconstruction de Chlef est plus que jamais d'actualité. Sans résultats probants quand l'Etat se contredit et amende sa propre disposition d'aide, pourtant décidée par le premier magistrat du pays. Rien n'est ainsi véritablement validé en l'absence de rigueur et de volonté politique pour régler des problèmes pourtant récurrents. Beaucoup d'argent devait être débloqué depuis plusieurs années. Les choses sont restées en l'état et l'Etat donne l'air de se dérober incapable depuis 1986 de passer à l'étape décisive de la reconstruction.



«Radar, zone 2»



Mohamed Yacoubi, le président de la Coordination de wilaya des associations des quartiers des sites préfabriqués en parle dans le détail. 1986, 2000, 2002, 2004, 2006, 2007 à ce jour. « Nous voulons que les autorités publiques débloquent l'aide aux sinistrés sans faire de distinction entre propriétaires et locataires comme décidé par le président de la République. Nous refusons d'aller habiter dans des cités d'immeubles comme le veut le wali.

Nous demandons à ce que ces logements soient donnés à nos enfants qui, depuis le séisme, ont grandi. Nous avons à l'APC 20 000 demandes de logements. Nous exigeons la libération sans condition de toutes les personnes détenues depuis ces dernières émeutes. C'est l'Etat qui les a poussés à agir ainsi, les autorités locales refusent de dialoguer avec les populations», affirme-t-il. Nous l'avons rencontré le soir chez lui dans le site «Radar, zone 2». Les habitants avaient, nous a-t-il dit, tous gros sur le coeur, l'affaire des préfabriqués en a été un élément déclenchant. Yacoubi nous raconte comment Chlef s'est transformée en un brasier en l'espace de quelques minutes. «Dimanche, je devais être jugé sur plainte du wali, il y avait au moins 500 personnes devant le tribunal, la défense a demandé le report du procès en l'absence de la personne du wali, c'est-à-dire le plaignant. Visiblement énervé, un policier a frappé un vieux, père d'un citoyen présent sur les lieux et l'a traîné par terre. Le fils fonce sur le policier et lui assène un coup au visage lui écorchant gravement l'oeil, et c'est l'émeute». Le wali, Mohamed Ghazi, confirme que les préfabriqués n'en sont effectivement que l'élément déclenchant. C'est le mercredi matin très tôt, que nous avons pu rentrer en contact avec lui par téléphone. Lors de notre séjour à Chlef, l'on nous disait qu'il était en réunion non-stop avec les services de sécurité. Il avait aussi quelques heures auparavant reçu la visite de Daho Ould Kablia, le ministre délégué auprès du ministère de l'Intérieur et des collectivités locales. Ghazi cache mal le sentiment de lassitude qui l'habite, notamment quand il affirme que le mouvement de protestation a été manipulé. Par qui ? Il interroge : «comment expliquer que les émeutiers ne se sont attaqués qu'aux édifices publics épargnant ceux privés ?». Le wali n'est pas le seul à se poser une telle interrogation. «Vous êtes journaliste, vous devez savoir pourquoi, c'est qu'il y a une arrière-pensée politique derrière ça», nous dit un père d'un jeune adolescent embarqué par les brigades antiémeutes.



«Je suis là pour appliquer une politique de l'Etat»



Ghazi parle même «d'une stratégie des commanditaires qui ont tout fait pour atteindre l'université et entraîner les étudiants dans l'émeute, mais Dieu merci, ils n'ont pas réussi». Autre indice dans ce sens, selon lui, «les 66 jeunes qui ont été arrêtés et que j'ai rencontrés au commissariat avant leur libération m'ont dit qu'ils ont été trompés et m'ont juré qu'ils ne recommenceront pas et qu'ils aideront même au retour au calme. Vous pouvez leur poser la question, nous avons tous leur identité». Le wali estime par ailleurs, que le tout pourrait être lié à «des enjeux politiques de milieux qui sont contre le troisième mandat». A la question pourquoi avoir refusé d'appliquer la disposition de la loi de finances de 2007 concernant l'aide aux sinistrés, le wali répond : «je suis un commis de l'Etat, je suis là pour appliquer une politique de l'Etat». Il est clair que Ghazi n'a pas décidé seul de l'annulation de cette disposition mais que c'est certainement le gouvernement, voire même le président de la République qui a voulu que ce soit ainsi. Pour le wali, la constitution d'une commission chargée de présenter les propositions des sinistrés au Chef du gouvernement est un bon premier pas pour aller vers une solution du problème. «C'est le Chef du gouvernement qui doit arbitrer», a-t-il précisé. Les concernés le voient d'une autre oeil. «Les membres de la Commission sont avec le wali, ils vont tous voter contre nous », nous disent des sinistrés. «Il est normal que les présidents des APC de Chlef et de Chettia en soient membres, ils sont directement concernés, mais il faut qu'ils sachent que j'ai tenu à ce que Yacoubi en fasse partie pour qu'on ne dise pas que les dés sont pipés d'avance». Ghazi rappelle qu'il a été nommé wali de Chlef en 2003, à mon arrivée, j'ai pris contact avec les notables de la ville et je leur ai dit faites-moi connaître les personnes avec qui je pourrais travailler, je n'ai jamais eu de réponse. Je remarque que les Asnamis vivent dans leurs salons fermés, ils ne veulent pas se mêler de la gestion de la ville». Bien que las, le wali affirme : «j'ai eu le plaisir de sillonner la wilaya, j'ai rencontré des gens qui reconnaissent les bienfaits de l'Etat au profit du développement». Les populations, elles, sont unanimes à revendiquer haut et fort son départ l'accusant d'avoir mal géré la wilaya et «de s'être servi tout autant que le personnel qu'il a ramené avec lui». «Nous sommes gérés par les Tlemceniens, il n'y en a que pour eux, alors que les habitants vivent le chômage et la misère», nous disent des familles entières. «La wilaya a 12,17% de taux de chômage, à plusieurs reprises, nous avons proposé à des jeunes demandeurs d'emploi de travailler dans le secteur des Travaux publics mais ils ont refusé, ils veulent tous être des agents de sécurité, est-ce normal ?», se demande Ghazi. Il fait savoir aussi que «quand nous entendons dire qu'il y a de la corruption administrative, nous disons aux gens, faites des recours, nous sommes là pour vous aider mais rien ».



Terrible fossé et haines profondes



C'est à croire qu'entre les habitants de Chlef et leur wali, il y a un terrible fossé qui s'est creusé attisant ainsi des haines profondes. «Il faut qu'il parte, il faut qu'il parte», entendons-nous dire de partout et dans tous les quartiers de la ville. «Demandez-lui comment les services de sécurité traitent la population, avec quelle humiliation et quel mépris? Si l'un de nos intellectuels parlent, on le prend on ne sait où et il est tout de suite fiché», nous dit-on. «Je m'inscris en faux contre de telles accusations en tant que responsable et en tant qu'individu, je ne les absous pas, peut-être que certains agents zélés ont eu des comportements de virils surtout durant ces jours de tensions, mais je rejette ces accusations», répond avec insistance le wali. Des propos qui sont loin de rassurer qui que ce soit au regard des familles, qui racontent avec détails et précisions les exactions commises par les services de sécurité tout corps confondu sur de nombreux jeunes et moins jeunes. Celles parmi elles restées de longues heures à attendre devant le tribunal une quelconque information sur le sort de leurs proches arrêtés depuis dimanche dernier, en parlent avec la rage au ventre. Le wali nous a précisé qu'il y a eu 58 personnes mises sous mandats de dépôts, 19 autres placées sous contrôle judiciaire, un jeune libéré et 25 autres devaient être présentés par la gendarmerie, mercredi dernier, devant le juge. Il semble que le calme est revenu dans la wilaya hormis quelques échauffourées sans dégâts et qui ne durent pas. Le procès de Mohamed Yacoubi a été reporté au 11 mai prochain. Entre-temps, le Chef du gouvernement aurait peut-être reçu la commission chargée de lui transmettre les propositions des sinistrés. La ville continuera de panser ses plaies en attendant qu'elle en finisse avec un procès, celui intenté par le wali contre Yacoubi, cet ancien enseignant de l'école «l'Allemand» appelée plus tard «Ben Badis » qui a pratiquement eu dans sa classe, une grande partie de ceux qui constituent aujourd'hui l'élite Asnamie. Chlef, comme beaucoup d'autres villes, n'en peut plus d'avoir mal à sa vie et à sa dignité.



En attendant la dépénalisation du délit de presse Les journalistes enfin dotés d’un statut

Posté le 23.04.2008 par kabylieazouzanet

Se basant sur l’article 4 de la loi 90-11 portant définition des relations de travail et autorisant le recours à une loi spécifique pour la presse, le régime spécifique tel qu’annoncé par le ministre offre aux journalistes un cadre légal leur permettant de jouir des droits élémentaires. La pénalisation du délit de presse est l’un des obstacles pesant telle l’épée de Damoclès sur la presse algérienne depuis le 17 janvier 2001, date à laquelle l’Algérie officielle a considéré l’écrit journalistique comme un acte criminel.

Figurant depuis tant d’années comme une des revendications majeures de la presse algérienne, les journalistes viennent enfin d’obtenir une base juridique définissant leurs droits et devoirs en attendant d’autres acquis dont la dépénalisation du délit de presse. Après des années de combat et de lutte acharnés des journalistes pour un exercice libre et responsable de leur métier sous la protection de la loi, le ministre de la Communication, Abderrachid Boukerzaza, a annoncé hier et à une dizaine de jours de la célébration de la Journée internationale de la liberté de la presse l’adoption par le conseil du gouvernement d’un régime spécifique régissant les relations de travail pour les journalistes. Se basant sur l’article 4 de la loi 90-11 portant définition des relations de travail et autorisant le recours à une loi spécifique pour la presse, le régime spécifique tel qu’annoncé par le ministre offre aux journalistes un cadre légal leur permettant de jouir des droits élémentaires souvent bafoués par leurs employeurs. « La situation du journaliste algérien est souvent précaire, elle est soumise à l’absence de la déclaration à la sécurité sociale, à une faible rémunération et à l’instabilité professionnelle pour ne citer que ces maux qui constituent un obstacle à l’exercice du métier de la meilleure manière qui soit », indique M.Boukerzaza en notant que ledit régime spécifique doit jeter les bases d’une bonne prise en charge des préoccupations des journalistes. S’adressant à la fois aux journalistes de la presse publique et privée, qu’ils soient permanents, contractuels, collaborateurs ou correspondants, ainsi que les free-lances et les journalistes de la presse partisane, ce cadre juridique comprend un certain nombre de dispositions dont le droit à l’obtention d’une carte d’identité professionnelle, le respect de la propriété intellectuelle et le droit à la formation et l’évolution dans la carrière. Le décret exécutif adopté hier prémunit le journaliste contre les actes de violence, d’agression et toute pression dont il pourrait faire l’objet dans la recherche des sources d’information. Entre autres dispositions, le décret oblige les employeurs à garantir une assurance complémentaire pour la couverture des événements dans des zones de conflit. Le contrat devant lier l’éditeur au journaliste doit définir d’abord la nature de ce lien et préciser le rôle et le poste du journaliste, ainsi que sa rémunération et ses indemnités et promotions. Les journalistes stagiaires bénéficient au gré de ce régime spécifique des mêmes droits et devoirs que le journaliste permanent dans le cadre de la définition de son rôle et la durée de son stage. Les acquis consignés dans ce décret exécutif ne sauraient répondre à la totalité des préoccupations des journalistes sans qu’une convention collective ne soit débattue et adoptée entre les différents partenaires, à savoir éditeurs et journalistes. « L’organisation de la profession est à mon avis un préalable à une réelle professionnalisation du métier. Nous venons de lancer un message de soutien aux journalistes, il leur appartient d’arracher une convention collective », estime le ministre de la Communication. Invité à donner son avis sur la situation de la liberté de la presse en Algérie, le représentant du gouvernement a affirmé que l’Etat ne lésine pas sur les efforts pour garantir la liberté d’expression. « Si la loi garantit toutes les conditions de la liberté d’expression, il reste sans nul doute que son application sur le terrain connaît quelques difficultés et obstacles. » Un aveu sans appel du représentant de l’Algérie officielle sur l’existence de barrières empêchant un exercice libre de la profession de journaliste. La pénalisation du délit de presse est l’un de ces obstacles pesant telle l’épée de Damoclès sur la presse algérienne depuis le 17 janvier 2001, date à laquelle l’Algérie officielle a considéré l’écrit journalistique comme un acte criminel. Interrogé sur l’espoir de voir un jour se concrétiser la dépénalisation du délit de presse, le ministre s’est voulu rassurant en soulignant que « cette question est sujette à débat ». Tout en défendant le fait que la diffamation doit être assujettie à des poursuites judiciaires, M.Boukerzaza estime que l’heure est propice pour que « tout soit amélioré et tout est matière à débat ». Interrogé par ailleurs sur l’ouverture du champ audiovisuel, le même responsable affirme encore : « Nous n’avons jamais fermé les portes de l’espoir qui reste permis et ouvert. » Autre précision apportée par le ministre, au sujet de l’autorisation de nouveaux supports de la presse écrite, « 29 nouveaux titres ont vu le jour depuis juillet 2007 entre quotidiens et hebdomadaires ».

Le médiateur de l'ONU exclut l’indépendance du Sahara occidental

Posté le 23.04.2008 par kabylieazouzanet
C’est un coup dur pour le peuple sahraoui, au lendemain de la publication du rapport du Secrétaire générale de l’ONU accueilli favorablement par le Polisario. Lundi 21 avril, devant le Conseil de sécurité, le médiateur de l'ONU pour le conflit du Sahara occidental Peter van Walsum a contredit son Secrétaire général : il a estimé que l’indépendance du Sahara occidental ne constituait pas à ses yeux « un objectif atteignable ».

Selon le quotidien français Le Monde qui rapporte cette information, M. van Walsum a prononcé un discours devant le Conseil dans lequel il a notamment affirmé avoir conclu, dès janvier 2006, qu'en l'absence de "pression sur le Maroc pour qu'il abandonne sa revendication de souveraineté", un "Sahara occidental indépendant n'était pas une proposition réaliste". Pour lui, les négociations engagées il y a un an entre le Maroc et les représentants du Front Polisario à Manhasset, près de New York est une perte de temps qui ne "ne mène nulle part".

« Pour sortir de l'impasse, Peter van Walsum propose au Conseil de demander aux deux parties de retirer pour six mois leurs propositions respectives et de négocier «en présumant temporairement qu'il n'y aura pas de référendum offrant l'indépendance comme possibilité ».

Selon le Monde, la France et les Etats-Unis ont été les deux seuls pays à avoir accueilli favorablement les conclusions de Peter van Walsum. Ces deux pays ont en effet traditionnellement soutenu les positions marocaines dans ce dossier. En revanche, l’Afrique du Sud a souligné les contradictions des déclarations de M. van Walsum avec les conclusions du rapport du Secrétaire générale de l’ONU Ban Ki-moon. Pour sa part, le représentant du Front Polisario à l'ONU a estimé que l'envoyé spécial onusien a "lui-même remis en cause la neutralité élémentaire qui doit guider tout médiateur".

Révélations : le projet de révision de la Constitution s’achemine vers l’instauration d’un septennat

Posté le 19.04.2008 par kabylieazouzanet
Le projet de révision de la Constitution se précise. Selon des informations recueillies par toutsurlalgerie.com auprès de sources proches de la présidence, le président Bouteflika aurait donné son accord pour un nouveau projet de révision de la Constitution qui contient plusieurs surprises de taille.

Première surprise, la nouvelle version de la Constitution, qui réunirait un large consensus autour d’elle parmi les «décideurs», devrait conserver l’article 74 qui limite à deux le nombre de mandats successifs pour un seul président. Après une longue hésitation, le président Bouteflika a fini par accepter d’abandonner l’idée d’une suppression de cet article. Une telle modification, non seulement elle ne réunissait pas un consensus suffisant parmi les décideurs et la classe politique, mais elle aurait terni son image auprès de la communauté internationale, d’autant que les chancelleries occidentales à Alger se sont montrées réservées sur un tel amendement digne des pays africains les moins démocratiques.

Le scénario retenu apparaît plus crédible et peut facilement être « vendu » aux partenaires occidentaux de l’Algérie. La nouvelle Constitution prévoit en effet l’instauration d’un septennat au lieu du quinquennat actuellement. Mais le président ne peut se représenter qu’une seule fois pour sa propre succession. Un poste de vice-président sera également créé. « Le but de ce nouveau poste n’est pas de désigner le dauphin du président, mais c’est pour éviter des situations de vides constitutionnels que le pays a déjà connu par le passé : démission de Chadli, départ de Zéroual deux ans après son élection, mort de Boudiaf … », explique notre source. Ahmed Ouyahia, qui a fait un retour remarqué sur la scène politique, semble bien placé pour être nommé à ce poste une fois la Constitution révisée.

Le projet de révision de la Constitution sera soumis au vote des Algériens, lors d’un référendum qui devrait avoir lieu en septembre prochain. L’annonce du nouveau texte se ferait en juillet. Les deux mois d’été, juillet et août, seront mis à profit pour les besoins de la campagne électorale.

Une fois la révision de la Constitution approuvée, le mandat actuel du président sera prolongé de deux ans pour tenir compte des nouveaux changements, indique encore notre source. Les élections de 2009 seront alors reportées et la période 2009-2011 servira de transition : une élection présidentielle sera alors organisée en 2011 en tenant compte de la nouvelle Constitution.

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