Posté le 10.04.2008 par kabylieazouzanet
L’examen de la situation des droits de l’homme dans le monde, du moins au Maghreb, tourne à la farce à Genève, aux travaux du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.
L’examen périodique universel (EPU), ce nouvel examen des droits de l’homme pour tous les membres de l’ONU, et auquel est soumise l’Algérie, s’avère être un exercice « entre copains.»
En réalité, le Conseil des droits de l’homme est en train de subir de plein fouet le dérapage tant redouté pour son tout nouveau mécanisme l’EPU: les Etats, amenés à s’évaluer entre eux, ont intérêt à se ménager les uns les autres. Par ailleurs, comme le précise un diplomate occidental, les règles du jeu sont dictées par les rapports bilatéraux entre les pays.
La France s’est ainsi montrée extrêmement complaisante envers la Tunisie, se bornant à évoquer les droits des enfants et évitant soigneusement les questions qui froissent comme la torture, la censure de la presse et de l’internet ou d’autres violations.
Ainsi, parmi les premiers pays à être soumis à l’EPU, la Tunisie est, en effet, accusée d’avoir dicté les questions posées par les autres membres de l’institution onusienne. Antoine Madelin, de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), ne trouvait pas de mots assez durs durant la conférence de presse donnée pour qualifier la "mascarade" qui s’est déroulé mardi au Conseil des droits de l’homme à Genève: "Nous avons été choqués d’entendre le Japon saluer la Tunisie comme modèle de démocratie. Comment peut-on parler de démocratie dans un pays où le président a été élu à 96,4% ? Nous avons été tout aussi choqués d’entendre l’Indonésie féliciter ce même gouvernement pour sa liberté d’expression et son indépendance judiciaire. Cela alors que la Tunisie vient de se faire épingler sur ces points par le Comité sur les droits de l’homme à New York!"
Complaisance
Troisième de la liste à passer son EPU, après le Bahreïn et l’Equateur, la Tunisie, aurait, selon plusieurs sources diplomatiques, cherché à "biaiser" le processus. Après un rapport délivré par le ministre tunisien de la justice et des droits de l’homme, Béchir Tekkari, les Etats membres ont pu soumettre leurs questions et recommandations.
Selon Antoine Madelin, "La plupart des ambassadeurs se sont montrés extrêmement complaisants. Nous avons alors appris que la mission tunisienne à Genève avait téléphoné aux délégations pour télécommander leurs propos durant cet examen. Plusieurs ambassadeurs nous ont expliqué qu’ils avaient intérêt à ne pas se faire d’ennemis vu qu’ils allaient, eux aussi, être évalués"
Présente à la conférence de presse, la journaliste et opposante Sihem ben Seddrin du Conseil national pour les libertés en Tunisie (l’association est interdite au pays), arrive de New York où elle a suivi les sessions du Comité des droits de l’homme:"Les débats et les recommandations sur la Tunisie émis là-bas par les experts du Comité sont aux antipodes de ce qu’on a entendu à Genève. J’ai l’impression qu’on ne parle pas du même pays".
Antoine Madelin note toutefois: "Mais derrière ces procédés choquants, nous avons aussi découvert que des pays, comme la Corée du Sud, le Mexique, le Ghana, l’Angola, et beaucoup de délégations occidentales et latino-américaines, ont fait preuve d’une très grande rigueur en posant les vraies questions".
La Roumanie s’est ainsi basée sur les recommandations du Comité de la torture pour demander si le gouvernement tunisien envisageait de réviser son code pénal afin de s’assurer que la torture ne soit pas utilisée dans les interrogatoires. D’autres ont questionné sur les critères selon lesquels les contenus internet étaient bloqués ou les procédures d’enregistrement des associations. A la lumière des premiers balbutiements de ce tout nouveau mécanisme, peut-on éviter les pièges de la complaisance? Selon les défenseurs de libertés, tout espoir n’est pas perdu. Pour cela, les Etats doivent se baser sur les recommandations des experts de l’ONU.
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Posté le 09.04.2008 par kabylieazouzanet
Après l'émission télévisée diffusée vendredi dernier par l'ENTV sur le thème des harraga, ce fut au tour du ministre de la Solidarité de se rendre dans la wilaya d'Oran dans la journée d'hier pour rencontrer une soixantaine de jeunes ayant vécu l'amère traversée de la mer. La rencontre a eu lieu au niveau du Cras, avec des jeunes visiblement pessimistes sur les éventuelles solutions que pourrait leur apporter le ministre. «Entre la corruption et le chômage, nous choisissons el harga. Encore et toujours ces hauts responsables qui vivent dans le luxe et ne comprennent rien à notre douleur», nous diront-ils.
Amel B. - Oran (Le Soir) - Prévue à 9h, la rencontre n'a finalement débuté qu'aux alentours de 11h30, un retard imputé à Air Algérie. Ces jeunes, venus discuter avec le ministre de la Solidarité à sa demande, se sont exprimés avec rage, désespoir et parfois refusant de croire aux paroles des officiels. «Ces officiels nous ont trop longtemps marginalisés, oubliés, traités comme des moins que rien, ajoutez à cela leurs subordonnés qui, censés nous aider dans le cadre par exemple de l'emploi de jeunes ou encore dans des projets de micro-crédit, exigent de nous des pots-de-vin. Ce ministre que va-t-il nous apporter de plus ? Des paroles ? Des promesses ? On n'y a jamais cru !» Ces jeunes se sont mis à parler de leur misère et de ce qui a motivé leur émigration clandestine, tout en déclarant à qui veut les entendre : «Certains d'entre eux ici présents ont été refoulés et on peut vous assurer qu'ils sont déjà inscrits pour une autre tentative.» Comme pour nous prouver leurs dires, l'un d'eux actionnera le haut-parleur de son portable en parlant avec le passeur qui «organise» leur prochain voyage clandestin : «Alors Mohamed, c'est comme convenu, le départ se fera à partir de Aïn Turck ? Tu as atteint le nombre souhaité ?» Son interlocuteur dira : «Justement, j'ai dépassé la trentaine et pour les autres, je passe le relais à un autre ami qui organise un autre voyage.» A son arrivée, le ministre de la Solidarité s'est dit désolé pour ce qu'il a vu dans l'émission consacrée aux harraga et très affecté par leur désarroi, tout en précisant : «Aujourd'hui, je suis venu en tant qu'émissaire du président Bouteflika pour vous écouter, et c'est ce qui a manqué jusqu'à présent. Nous connaissons parfaitement vos problèmes, vos malheurs, j'étais hors de moi quand j'ai vu de jeunes Algériens musulmans enterrés dans un pays qui ne l'est pas. Ici dans votre pays, il y a des richesses…» Son discours fut interrompu par une seule et même voix : «Où sont ces richesses dont vous parlez ? Nous, nous n'avons rien reçu, rien vu, nous les harraga, nous voulons des actes et non pas des discours !» Seule l'intervention d'un représentant du Cras a pu calmer les esprits pour que le ministre puisse reprendre la parole. Djamel Ould Abbès a tenté de reprendre la discussion, tout en reconnaissant : «Oui, je le sais, vous ne pouvez pas dire oui à ce que vous n'avez pas vu, mais moi je ne suis pas venu de ma propre initiative, je suis envoyé par le grand patron, je parle au nom de l'Etat. Sachez qu'en 2005, il y avait 336 tentatives et en 2007, on en compte 1 568, la situation s'est aggravée, d'où ma venue pour vous proposer de communiquer. J'irai également à Tiaret et à Annaba pour le même motif.» En prenant la parole, ces jeunes, dignes malgré leur misère, ont su affronter le regard de celui qui se disait l'envoyé du «grand patron», et lui ont dit clairement le fond de leur pensée : «Bouteflika a construit, fait des projets destinés aux catégories défavorisées de la population, mais celles-ci n'ont absolument rien vu venir de tous ces projets. La corruption, la hogra, le chômage, les promesses non tenues, la marginalisation, le refus des banques de nous accorder des prêts, tout ceci nous amène vers une seule destination : el harga ! Vous voulez des revendications ? On en a qu'une : donnez-nous un travail stable, assuré et une paie de 30 000 DA par mois et nous pourrons vivre décemment ici dans notre riche pays !» En réponse à ces propos, le ministre de la Solidarité, tout en reconnaissant l'existence de la corruption dont sont victimes ces jeunes, dira : «La corruption, oui, elle existe et depuis neuf ans, le président ne cesse de la combattre et ce n'est pas fini. J'ai une annonce officielle à vous faire : dorénavant, ceux qui n'ont pas le niveau de 9e année pour entamer une formation pourront y accéder, ce qui leur permettra par la suite d'entreprendre des demandes de crédit après avoir proposé un projet, qui sera d'ailleurs encadré sans intermédiaire par le ministère qui pourra avancer jusqu'à 40 millions de centimes, remboursables dans cinq ans !» Une mesure qui n'a pas ravi tous les jeunes présents à cette rencontre, car pour la plupart «l'âge n'est pas à la formation ». Une remarque faite par l'un des représentants du Cras à l'intention du ministre en précisant qu'il y a un âge limite à toute formation. Pour précision, les jeunes ayant pris part à la rencontre avec Ouled Abbès et sa délégation ont demandé à ne pas être filmés par les caméras de l'ENTV ni pris en photo, estimant que certains utilisent leur misère pour leur propagande ou encore pour les humilier et les mettre dans le box des accusés. Avant même la fin de la rencontre, des jeunes, visiblement déçus par ce face-à-face avec l'envoyé du «grand patron», sont sortis de la salle avec une conviction : «Les paroles sont faciles, le terrain est plus dur, plus compliqué.» Pour sa part, le ministre leur a fixé la date du 15 mai 2008 pour faire le point avec eux. «D'ici là, nous espérons être déjà bien loin», nous diront certains. Cette tentative de l'Etat de nouer le contact avec cette jeunesse désespérée ne semble pas, du moins pour l'instant, avoir eu l'effet souhaité, car ces jeunes attendent beaucoup plus qu'un émissaire. Ils veulent profiter des richesses de l'Algérie dont on ne cesse de leur parler.
Posté le 08.04.2008 par kabylieazouzanet

Economie à forte dépendance des recettes en hydrocarbures, la transformation du modèle économique algérien, et la diversification tant attendue et promise depuis 1999, reste encore au stade de vœux pieux. Elu dans une conjoncture internationale des plus favorables, marquée par la hausse des cours du baril du pétrole, Abdelaziz Bouteflika a multiplié les promesses d’une réforme en profondeur du système économique à même de préparer l’Algérie à l’ère de l’après-pétrole. Neuf ans après, le gouvernement chargé d’exécuter le programme présidentiel donne l’impression de naviguer à vue, sans vision à long terme, et se permet même de peaufiner une nouvelle stratégie industrielle en fin de mandat. Une absence de stratégie qu’illustrent parfaitement d’ailleurs les polémiques entre différents ministères qui se renvoient la balle, à l’instar de celle née entre MM. Temmar et Benbada sur la mise à niveau des entreprises, ou encore entre les ministres de l’Agriculture et du Commerce sur la flambée des prix de certains produits alimentaires. Cela dit, il est indéniable que les fortes recettes tirées des hydrocarbures ont quelque peu voilé le gribouillage ambiant, et ce, par la politique de désendettement et d’un recours massif à l’investissement public. Une politique volontariste qui entend relancer la croissance par la dépense publique, où près de 200 milliards de dollars ont été injectés dans des projets de développement et de réhabilitation des infrastructures de base : transports, énergie, habitat, ressources en eau et travaux publics, notamment.
Des opportunités perdus
Rien que pour la période 2005-2009, un programme de 144 milliards de dollars est annoncé. Avec des projets phares et structurants comme l’autoroute Est-Ouest, la modernisation des chemins de fer, la relance du métro d’Alger, la réhabilitation des infrastructures routières, le million de logements et un ambitieux programme de développement des ressources en eau, marqué par la construction de nouveaux barrages et des stations de dessalement de l’eau de mer, le programme présidentiel compte ainsi tirer la croissance vers le haut et réduire du coût le chômage, véritable casse-tête pour le gouvernement. Le Président avait en effet promis la création de pas moins de 2 millions d’emplois entre 2005 et 2009. Cependant, loin de faire l’unanimité, cette politique de recours massif à l’investissement public a été considérée par certains experts, notamment ceux de la Banque mondiale (BM), d’opportunités qui risquent d’être perdues pour des raisons de gaspillage, d’inefficacité et de corruption. Pour la BM, « les coûts des projets sont souvent excessifs, la préparation technique du personnel d’exécution et de qualité des travaux est insuffisante alors que beaucoup de projets d’investissement ne répondent pas aux normes minimales et ne doivent pas être approuvés ». Et de citer l’urgence qui accompagne la préparation de projets de taille à cette échelle et un chevauchement de responsabilités des parties prenantes. L’Algérie semble ainsi rater les opportunités offertes par le volume des recettes issues des hydrocarbures pour les transformer en croissance à long terme, créer de l’emploi et assurer un développement durable. Avec un taux d’investissement public de 10% du PIB, soit l’un des plus élevés au monde, la BM ne voit d’efficacité de tels investissements que s’ils sont accompagnés d’une modernisation des systèmes de gestion des investissements publics et du budget, ainsi que par l’élaboration d’une stratégie sectorielle basée sur un cadre de dépense de moyen terme qui dépasse la tranche actuelle de projet par projet. En d’autres termes, la réforme institutionnelle qui devait accompagner de tels projets et inscrite dans le programme présidentiel en 1999 est toujours à la traîne, comme l’illustre clairement la réforme du système financier et bancaire qui tarde à venir. En attendant, la corruption se démocratise et l’Algérie occupe la 99e place dans un classement annuel pour 2007 établi par Transparency International (TI). Le PNUD, dans son côté, a classé l’Algérie, à la fin 2006, à la 102e place en matière d’indice de développement humain (IDH), indice qui réserve une place privilégiée à la santé, l’espérance de vie et l’éducation des populations. La Banque mondiale, elle, met notre pays à la 125e place sur un ensemble de 178 pays étudiés sur le plan du climat des affaires. Mahmoud Mamart (EW)
Posté le 08.04.2008 par kabylieazouzanet
Une économie gangrénée par la corruption ; un regain du terrorisme ; phénomène des harragas ; une justice toujours corrompue et aux ordres, des libertés individuelles malmenée, une politique étrangère absente : tel est le bilan que dresse le quotidien algérien El-Watan des neuf années de règne de Bouteflika.
Dans un dossier spécial publié à l’occasion de la date anniversaire de la réelection d’Abdelaziz Bouteflika à la magistrature suprême, le journal dresse un bilan noir des années Bouteflika.
« Elu dans une conjoncture internationale des plus favorables, marquée par la hausse des cours du baril du pétrole, Abdelaziz Bouteflika a multiplié les promesses d’une réforme en profondeur du système économique à même de préparer l’Algérie à l’ère de l’après-pétrole. Neuf ans après, le gouvernement chargé d’exécuter le programme présidentiel donne l’impression de naviguer à vue, sans vision à long terme, et se permet même de peaufiner une nouvelle stratégie industrielle en fin de mandat », écrit El-Watan.
Promesses non tenues
Le quotidien fait un relevé des promesses non tenues.
Primo : La réforme institutionnelle qui devait accompagner la modernisation des l’économie et inscrite dans le programme présidentiel en 1999 est toujours à la traîne, comme l’illustre clairement la réforme du système financier et bancaire qui tarde à venir.
Deuxio : Abdelaziz Bouteflika, n’a toujours pas réussi à rétablir la sécurité et la stabilité qu’il a promis aux algériens. Bien au contraire, la politique de l’impunité au profit des terroristes, décrétée dès son arrivée au pouvoir en 1999 et réactivée en 2006, après sa réélection pour un second mandat, a permis de mobiliser de nouvelles recrues dans les milieux des repentis et des terroristes graciés ou élargis, après une situation d’essouflement de l’organisation salafiste armée.
Tertio : Réforme de la justice et lutte contre la corruption, un discours creux. « Pour nombre d’observateurs, la lutte contre la corruption n’est finalement qu’un discours creux. La justice est malade et la corruption touche toutes les institutions de l’Etat, au point où même le président n’a pu le combattre, au bout de deux mandats successifs.
Quatro : l’Algérie n’a plus de voix dans le monde. La diplomatie algérienne durant son deuxième mandat a été hésitante voire parfois confuse, la politique étrangère aura péché par un manque de lucidité à tel point qu’il est difficile de saisir les contours d’un hypothétique positionnement stratégique. Pour s’être gaussé durant huit ans de formules aussi pompeuses que celle du « retour de l’Algérie dans le concert des nations » dont on a gavé le peuple jusqu’à l’overdose, le pouvoir de Bouteflika s’est dispensé d’un effort d’imagination si décisif dans un domaine où les erreurs se payent cash. Il n’est pas faux en l’occurrence d’avancer que l’Algérie n’a pas d’amis aujourd’hui, au sens diplomatique du terme.
Cinquo : Le mécontentement social a grandi. Le deuxième mandat du président Bouteflika a été marqué par un front social en ébullition. « Il y a une démobilisation des forces vives du pays, un recul net des libertés individuelles et collectives ainsi que les atteintes à l’activité syndicale et le droit d’informer. »
Lahbib M.
Posté le 08.04.2008 par kabylieazouzanet
C’est une photo terrible, insupportable, que celle figurant en « une » d’El Khabar prise dans la morgue d’un hôpital pour illustrer un article indiquant que huit corps de haragas, flottant en mer ont été repêchés au nord-est de Cap Carbon par la marine nationale. Sur la photo, trois jeunes dont deux sont enveloppés dans des sacs de plastique, tandis que le troisième, encore revêtu d’un blouson de cuir, tenait encore son gilet de sauvetage. Il avait un visage paisible. Il semblait dormir.
Ces jeunes, contraint de fuir leur pays, mettant leur vie en péril, illustrent on ne peut mieux la détresse d’une partie de la jeunesse du pays. Horizon bouché, faute de perspectives, et ce, au moment où l’on annonce que l’Algérie a engrangé 110 milliards de dollars de réserves de change, les jeunes algériens ne croient plus aux promesses sans lendemain. Ils voient bien que leur situation ne s’est pas améliorée. Dire qu’ils sont victimes des mirages occidentaux véhiculés par Internet ou via les télés satellitaires, c’est insulter la mémoire de ces haragas morts en mer. La réalité, ils la connaissent mieux que quiconque parce qu’ils la vivent au quotidien. Toute la journée à tourner en rond, à glander, à se débrouiller comme ils peuvent – marché noir par exemple – pour se payer des vêtements, des chaussures Nike, des CD, voire aider leur famille, toute la journée à ne rien voir venir, pas une once d’espoir,.. ne peut conduire qu’au désespoir.
Ces jeunes ont beaucoup de mérite parce qu’ils auraient pu succomber aux sirènes de la Qaida au Maghreb islamique qui leur promet le paradis et 72 houris s’ils acceptaient de mourir en martyrs du djihad. Non, en tentant le tout pour le tout, ils n’aspiraient qu’à une chose : vivre, reconstruire leur vie dans un pays étranger où ils espéraient trouver du travail, conscients surtout que ce ne sera pas facile, qu’ils peuvent être expulsés vers leur pays d’origine. Non, ce ne sont pas des trafiquants, des délinquants comme se permettent de les juger ceux qui se sont fait une place au soleil ou ces bureaucrates sur qui repose le système actuel. Non, parmi eux, il n’y a pas d’islamistes radicaux qui tentent de gagner l’Europe pour commettre des attentats comme l’a écrit un quotidien national dans le but de faire peur. Et ce n’est pas en actionnant les imams, ce n’est pas le discours moral et religieux qui arrêtera ces jeunes. Car, comme je l’ai déjà écris, la mosquée n’est pas le lieu indiqué pour traiter le chômage et la mal vie de cette jeunesse sans travail, sans espoir. Sorti de la mosquée, leur quotidien fait d’injustice sociale les rattrape rapidement.
Il ne faut ni les condamner ni les juger parce que nous n’en avons pas le droit, parce que l’existence de ces haragas est bel et bien l’indice d’un malaise profond qui mine le pays, l’indice visible d’un système politique dont la seule préoccupation est de se perpétuer. Si ce pouvoir s’était attaqué aux vrais problèmes du pays, qui sont énormes et complexes et qu’on ne peut régler avec une baguette magique, et ce, combien même il n’aurait pas réussi dans sa tâche, on pourrait à la rigueur écrire et clamer : ce pouvoir a fait de son mieux. Malheureusement, ce n’est pas le cas. C’est l’amère réalité.
H.Z
Posté le 04.04.2008 par kabylieazouzanet
Le rédacteur en chef de l’hebdomadaire indépendant Al-Doustour, Ibrahim Issa, condamné le 26 mars 2008 à six mois de prison par tribunal correctionnel de Boulak Abou El-Ela (Le Caire) pour “diffusion de fausses informations pouvant causer des troubles à l’ordre public et nuire à la réputation du pays”, qui faisait l’objet de huit autres plaintes, toutes invalidées par la justice, sera jugé demain 5 avril en appel, dans une autre affaire de diffamation opposant trois autres de ses rédacteurs en chef au Parti national démocratique (PND), le parti de Moubarek. Le 13 septembre 2007, le tribunal correctionnel d’Al-Agouza (Le Caire) avait condamné les rédacteurs en chef d’Al-Doustour, Ibrahim Issa, de l’hebdomadaire Al-Fagr, Adel Hammouda, du journal indépendant Saout Al-Oumma, Wael Al-Abrashi, et de l’hebdomadaire Karama, Abdel-Halim Qandil à un an de travaux forcés et 20 000 livres égyptiennes (2600 euros) d’amende pour “diffusion de fausses informations pouvant causer des troubles à l’ordre public et nuire à la réputation du pays”.
L’affaire Ibrahim Issa avait débuté le 5 septembre 2007 par une plainte déposée par un membre du Parti national démocratique (PND), concerne la publication d’articles faisant état de rumeurs sur la santé du président Hosni Moubarak.
Par ailleurs, alors que le Raïs prépare sa succession en la personne de son fils, la campagne de répression contre les médias bat son plein, frappant aussi bien la presse écrite que les nouveaux les sites web et les blogs. Ainsi, Abdel Kareem Nabil Suleiman (« Kareem Amer »), étudiant en droit, a été condamné le 22 fé-vrier 2007 à quatre ans de prison, dont trois pour avoir "incité à la haine de l’islam" et un pour "diffamation à l’égard du président de la République". Il est incarcéré à la prison de Borg El Arab, à 40km d’Alexandrie, où il est victime de mauvais traitements. Dans les lettres qu’il a fait parvenir à ses avocats, il a évo-qué son "enfermement en cellule d’isolement pendant dix jours" et des "tortures physiques, passées sous silence par le médecin de la prison qui a modifié son dossier médical". « Kareem Amer est un bouc émissaire. On a voulu que sa condamnation soit exemplaire. Depuis, plusieurs blogueurs ont été obligés de fermer leurs sites ou d’en reti-rer des commentaires. Des rumeurs ont même été lancées contre certains d’entre eux, les ac-cusant de s’être convertis au christianisme, d’être homosexuels ou criminels, pour pouvoir les arrêter et les détenir pendant presque deux mois parfois. (...) En Egypte, c’est en bloguant que les libertés s’acquièrent. Ce sont les blogueurs qui traitent des sujets tabous et qui diffusent des articles que nul autre média n’oserait diffuser" écrit un journaliste blogueur indépendant lui-même sous le coup d’un mandat d’arrêt suite à la publication, sur son blog, (http://misrdigital.blogspirit.com/) de photos prises lors d’une manifestation au printemps 2006, mon-trant deux policiers déchirer le drapeau égyptien. En janvier 2007, il avait fait partie de ceux qui avaient publié sur le Net des vidéos de policiers torturant des détenus. Ces images ont depuis servi de preuves aux autorités pour condamner l’un des agents à trois ans de prison.
Posté le 04.04.2008 par kabylieazouzanet
Nous sommes à un peu plus d’un an de l’élection présidentielle et rien n’indique que beaucoup de choses aient évolué dans le sens d’un scrutin libre et transparent. Pour l’heure, tout ce que l’on sait est que les partis au pouvoir et leurs relais au sein de la société s’agitent pour que Abdelaziz Bouteflika postule pour un troisième mandat. Ce qui suppose une révision de la Constitution permettant de faire sauter le verrou limitant à deux le nombre de mandats. Sur ce dernier point, le moins qu’on puisse dire, c’est le flou le plus total. Faire adopter les amendements constitutionnels par un Parlement élu par moins d’un tiers des électeurs serait du plus mauvais effet. Cela reviendrait à imposer à une majorité d’Algériens une décision votée par un Parlement souffrant d’un réel déficit de légitimité. Et ce, même si après avoir été adoptée par le Parlement, cette révision constitutionnelle est ensuite proposée à un vote référendaire dont on connaît par avance le résultat. Dans les deux cas de figure, on sera dans une situation de déni démocratique.
Au delà de ce débat juridico-politique, qui n’est pas sans intérêt, la question est de savoir si une élection présidentielle a beaucoup de sens dans l’Algérie d’aujourd’hui ? Dans les conditions socio-politiques présentes, accepter d’y participer ne pourrait conduire qu’à reproduire les impasses dont souffre le pays depuis plus de 20 ans. En effet, dans les conditions d’un système où la séparation des pouvoirs n’existe pas, où les libertés démocratiques et de la presse laissent à désirer, où des limitations au droit de réunion ont réduit à néant le peu d’espace d’expression libre, où les grands médias demeurent interdits à l’opposition, où il n’est pas possible de porter la contradiction aux politiques du pouvoir dans les domaines économiques, sociaux et culturels, et où en fin de compte, il n’est pas possible de demander des comptes sur l’utilisation de l’argent ( 110 milliards de réserves de change) du pays,..il ne peut y avoir d’élection présidentielle libre et transparente. Et ce, sans compter les autres conditions sous-jacentes à toutes élections : la neutralité de l’administration qui ne peut être possible sur simple injonction administrative et l’existence d’une justice indépendante… Pour résumer et aller vite, ce sont toutes ces conditions-là qui font aujourd’hui défaut.
Bien sûr, certains rétorqueront qu’il faut y aller, qu’il ne faut pas pratiquer la politique de la chaise vide, qu’il faut faire confiance au peuple et qu’il suffit d’une réelle surveillance internationale garantissant la régularité du scrutin pour espérer battre le candidat du pouvoir ou à défaut le mettre en difficulté. Ou que si on s’oppose à cette élection, ce serait faire le jeu d’un clan du pouvoir ou que l’on est instrumenté par ce même clan !
Soyons clairs ! D’abord, de nombreux exemples à travers le monde ont montré les limites de la surveillance internationale : il n’existe pas d’élections qui ont été annulées à la suite de pressions internationale. En revanche, si elles ont été annulées, elles l’ont été sous la pression populaire nationale ! Ensuite la pression internationale, américaine surtout, ne s’exerce que là où les intérêts US sont en jeu. Autrement dit, quand l’Occident juge qu’un régime ne lui plaît pas ( en général des petits pays) ou qu’il le considère hostile à sa politique, alors dans ce cas précis (des exemples existent), il n’attend pas qu’aient lieu des élections, que des opposants du pays en question viennent le solliciter pour exercer les pressions nécessaires. En général, il prend les devants, fait actionner certaines ONG de défense des droits de l’Homme donnant lieu à une campagne internationale focalisé contre le régime en question, relayée par les médias. En parallèle, il multiplie les pressions de toutes sortes, des mesures sont prises contre ce régime ( gel des crédits, des avoirs bancaires de ses dirigeants, de l’aide économique ), menace de faire déferrer ses dirigeants devant des juridictions internationales, etc... Et dans le même temps, il déroule le tapis rouge aux opposants à ce régime…S’agissant de l’Algérie, ce n’est pas le cas. Le pouvoir algérien est, au contraire, bien vu par les capitales occidentales. Sa politique internationale qui colle à celle de Washington est jugée positive. Certes, des remontrances lui sont faites en matière de liberté. Sans plus. Mais pour l’essentiel, il ferme les yeux. Cet Occident que certains opposants algériens sollicitent s'est-il offusqué de ce que Ben Ali se fasse réélire à plus de 95% des voix et qu'il postule pour un cinquième mandat ? Certes non, Ben Ali est qualifié d'ami et d'allié de l'Occident.
Dès lors, il ne faut pas trop se faire d’illusions, compter sur les pressions occidentales pour changer l’état des choses en Algérie et assurer un déroulement correct du scrutin présidentiel.
Alors que faire ? Eh bien, faire comme les autres oppositions à travers le monde, se battre sur le terrain réel de la citoyenneté, des droits sociaux, de la femme, de sorte à créer un élan mobilisateur en mesure de favoriser pacifiquement et démocratiquement le changement. Qui plus est, compter sur les militaires, en agitant la menace islamiste, ne mènera pas à l’instauration d’un Etat républicain et démocratique. Les démocrates doivent compter sur eux mêmes, sur leur capacité à mobiliser afin de créer les conditions d’une alternative démocratique. Il faut, comme on dit en football, « mouiller le maillot ».
Le reste, faire appel à une surveillance internationale, guetter si le chef de l’Etat va se présenter ou non, me paraît secondaire…
Posté le 01.04.2008 par kabylieazouzanet

Les élections générales du 29 mars devaient être un dernier plébiscite pour Mugabe, elles auront été celles qui enterrent un système devenu si impopulaire qu'il était devenu impossible de lui confectionner un plan de "sauvetage"... En dépit de toutes les manipulations et du découpage électoral, le monde a assisté, ces dernières quarante-huit heures, aux convulsions d'une dynastie à l'agonie. Au lendemain des élections générales du 29 mars, l'opposition au régime du président Robert Mugabe revendique une ample victoire. Les résultats officiels se font attendre mais l'opposition crie victoire et affirme que son candidat, Morgan Tsvangirai, aurait "massacré" l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (ZANU-PF), le parti présidentiel... Celui-ci avait pourtant procédé à un découpage des circonscriptions électorales rurales, généralement acquises à Mugabe, pour accorder deux fois plus de poids au vote rural par rapport au vote urbain. Il avait également manipulé les listes électorales et la répartition des bureaux de vote, mais deux éléments significatifs ont annulé l'effet de ces mesures : une participation importante des électeurs des zones urbaines et une faible participation dans les circonscriptions rurales (15 % ou moins).
Le parti de Mugabe avait également sous-estimé l'effet Makoni [ex-ministre de Mugabe, il a quitté la ZANU-PF pour se présenter à la présidentielle], qui a obtenu de bien meilleurs résultats que ce à quoi on s'attendait.
Posté le 01.04.2008 par kabylieazouzanet
La décision "ressemble à un poisson d'avril", titre un quotidien d'Istanbul . A l'unanimité, la Cour constitutionnelle turque a jugé recevable, le 31 mars, une demande d'interdiction du Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir. Un procureur accuse en effet l'AKP d'activités antilaïques. L'examen de la plainte pourrait prendre des mois. La nouvelle a fait chuter la Bourse d'Istanbul et suscité l'inquiétude de l'Union européenne. Soixante-et-onze responsables de l'AKP, dont le Premier ministre Erdogan et le président Gül, pourraient également être interdits d'activité politique pendant cinq ans.
La Cour constitutionnelle a donné suite lundi à une requête visant à obtenir l'interdiction du Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir, une procédure qui pourrait menacer la stabilité politique et les aspirations européennes de la Turquie.
La plus haute instance judiciaire du pays a jugé recevable le recours déposé le 14 mars par le procureur en chef de la Cour de cassation, Abdurrahman Yalçinkaya, qui estime que l'AKP, qui gouverne depuis 2002, menace les fondements laïques de la république turque.
Le vice-président de la Cour constitutionnelle Osman Paksüt a déclaré devant une myriade de caméras, au terme d'une réunion, que la décision avait été prise à l'unanimité des 11 juges. Une majorité des juges a par ailleurs décidé d'inclure dans le procès le chef de l'Etat Abdullah Gül, un ancien cadre de l'AKP, a dit M. Paksüt. Cette décision lance formellement le procès à l'encontre de l'AKP, créé en 2001 sur les cendres de partis islamistes dissous.
Dans son réquisitoire, le procureur a réclamé cinq années d'interdiction de politique à l'encontre de 71 responsables de l'AKP, dont M. Gül et le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Le parti réfute ces accusations et affirme que la plainte répond à des motivations politiques. L'AKP, qui a été confortablement réélu lors des dernières élections législatives en juillet 2007, affirme avoir rompu avec l'islam politique et se définit comme un parti "démocrate conservateur".
Les milieux pro-laïcité, très influents au sein de l'armée et de la magistrature, l'accusent néanmoins de vouloir islamiser la Turquie, officiellement à 99% musulmane mais au régime strictement laïc.
Le porte-parole du gouvernement, le vice-Premier ministre Cemil Cicek, a semblé minimiser la décision de la Cour constitutionnelle. "Nous nous soucions plutôt de questions comme les réformes, le développement économique et le processus d'adhésion à l'Union européenne", a-t-il dit à l'issue d'un conseil des ministres.
L'AKP dispose d'un délai d'un mois, extensible, pour présenter sa défense. Un verdict devrait prendre plusieurs mois.
M. Yalçinkaya accuse l'AKP d'être devenu un "foyer d'activités allant à l'encontre de la laïcité". Son initiative a alimenté les tensions entre les défenseurs de la laïcité et les partisans du gouvernement. Le procureur cite aussi dans son recours la récente libéralisation du voile islamique à l'Université, dont l'application est toujours suspendue à une décision de la justice.
Cette procédure insolite contre un parti au pouvoir en Turquie - même si une vingtaine de partis ont été interdits depuis les années 1960 - pourrait menacer la stabilité politique du pays et perturber ses négociations d'adhésion à l'UE, qui n'avancent qu'au ralenti depuis leur ouverture en octobre 2005.
La Commission européenne a appelé samedi par la voix de son commissaire européen à l'Elargissement Olli Rehn, la justice turque à prendre en compte "l'intérêt à long terme" du pays. Le cadre de ces négociations stipule qu'en cas de "violation grave des principes démocratiques" par la Turquie, "la Commission est obligée de regarder quelles ramifications cela pourrait avoir sur les négociations", a-t-il déclaré.
Pour éviter une interdiction, l'AKP, qui domine le Parlement turc, a préparé en catastrophe une révision constitutionnelle - qui n'a pas encore été présenté - qui rendrait plus difficile la fermeture de partis politiques.
"Un changement est devenu une nécessité", a affirmé lundi Nihat Ergün, vice-président du groupe parlementaire de l'AKP. Il a estimé que le système actuel de dissolution pouvait amener à l'arrêt des travaux législatifs, rappelant qu'un autre parti, le DTP pro-kurde (20 sièges sur 550), était également menacé de dissolution.
Posté le 30.03.2008 par kabylieazouzanet
Qu’est ce qu’un Bouteflika après 2009 ? Alors tapez « Mugabe » ! Son pays est en ruine, il a 84 ans et il règne depuis 28 ans... Et pourtant, Robert Mugabe s’est présenté hier pour un sixième mandat, à l'élection présidentielle au Zimbabwe, et a fait en sorte de ne pas pouvoir perdre!
Qu’est ce qu’un Bouteflika après 2009 ? Alors tapez « Bongo » ! Albert-Bernard Bongo, converti à l'islam en 1973 et devient El Hadj Omar : au pouvoir au Gabon depuis 47 ans, dont 41 ans en tant que président !
Qu’est ce qu’un Bouteflika après 2009 ? Alors tapez Ben Ali, notre voisin. Le président tunisien Ben Ali (72 ans), au pouvoir depuis 1987, veut modifier la Constitution et s’offrir un cinquième mandat en 2009. La Constitution tunisienne, déjà amendée en 2004, afin de permettre au postulant de se présenter à la présidence de la République autant de fois qu’il le veut, va de nouveau être modifiée. Cette fois-ci, il s’agira de permettre aux seuls dirigeants de partis politique ayant des sièges au Parlement d’être candidat à l’élection présidentielle.
Voilà ce qu’on risque si l’amendement de la Constitution algérienne se réalise…
Voilà ce qu’on risque si les élections de 2009 se passent avec la candidature de Bouteflika, avec ou sans « surveillants » internationaux.
Tous ces dictateurs sont au pouvoir à vie et ont été « élus » avec un scrutin « sous surveillance internationale »
La complicité internationale
Omar Bongo Ondimba a été réélu le 27 novembre 2005 avec 79,18 % des suffrages selon les résultats officiels. L’opposition avec à sa tête Pierre Mamboundou a dénoncé des fraudes massives, constatées lors du scrutin par les contrôleurs internationaux.
Les régimes occidentaux se moquent des « scrutins irréguliers ». Il applaudissent le soir même les dictateurs « élus ». Bongo ? Ils l’ont tous adoubé. Rappelez-vous. Vous êtes de la génération de Gaulle? C'est là que Bongo entre en scène, installé au pouvoir par l'incontournable Jacques Foccart, le Monsieur Afrique de l'Elysée. Vous êtes de la génération Mitterrand? Pierre Péan raconte dans "Affaires africaines" (Fayard, 1983), sans avoir jamais été démenti, comment Bongo a participé au financement de la campagne du PS en 1981, histoire d'être sûr de gagner, quel que soit le vainqueur... Et c'est à la suite d'un clash avec Bongo que Jean-Pierre Cot, le ministre socialiste de la Coopération qui tenta vainement de changer les choses, fut éjecté par Mitterrand, et que tout rentra dans l'ordre. Quant à Jacques Chirac, ce fut la continuité sans le changement. Bongo incarne parfaitement la permanence de la politique africaine de la France tout au long de la Ve République, jusqu'à la caricature si on se replonge dans le "mapping" de l'argent sale de la Françafrique que nous avons récemment diffusé sur la base de la plainte de plusieurs associations contre Omar Bongo et son gendre, le Président congolais Denis Sassou Nguesso.
Nicolas Sarkozy, à peine élu, appelait Omar Bongo pour le remercier de "ses bons conseils", puis le recevait à l'Elysée2 et ordonnait à tout son gouvernement de passer saluer le doyen3 des "amis de la France". Deux mois plus tard, l'amitié entre Nicolas Sarkozy et Omar Bongo4 se confirme puisque c'est Libreville que le président français choisit pour clore sa première tournée africaine, le 27 juillet 2007. Il n'arrive pas les mains vides, puisqu'il a obtenu, la semaine précédente, un accord jamais vu5 du Club de Paris qui allège d'au moins 15% la dette gabonaise.
Même chose pour Robert Mugabe. Les pressions internationales sur le Zimbabwe ont échoué; les pays africains, et en particulier l'Afrique du Sud, ont reculé devant l'obstacle et toléré les outrances d'un homme qui a mené son pays et son peuple dans l'impasse. Les Zimbabwéens sont donc seuls dans un huis-clos avec un despote octogénaire qui n'aura connu, dans sa vie, que la guerrilla marxiste mâtinée d'éducation jésuite, et 28 ans de pouvoir absolu entamé par une répression sanglante au Matabeleland et poursuivie par une fuite en avant suicidaire. Ses successeurs, un jour prochain, auront tout à reconstruire sur un champs de ruine.
Ben Ali ? Allié de l’Europe dans l’Union pour la Méditerranée, le président tunisien est idéal-typique de ses homologues régionaux du Sud. Dirigeant son pays aujourd’hui comme hier, il est même aux commandes, selon son slogan, de "la Tunisie de demain".Une énième reconduction en 2009 est ainsi banalisée.
L’Occident est le premier à faire accroire que le discours du général Ben Ali répondait aux revendications des démocrates : la sécurité de la sociét, la prospérité… Tant pis si la lutte contre l’intégrisme est contredite par une politique de surenchère religieuse favorisant au contraire fanatisme et terrorisme. Tant pis si les fruits d’une forte croissance économique somme toute naturelle dans un pays en développement sont pourris par une corruption étendue, qui nourrit les sirènes de l’extrémisme religieux.
Conclusion : ne comptons pas sur l’étranger pour ouvrir la voie à l’émergence de forces d’alternance que le processus euro-méditerranéen initié à Barcelone, trop timoré en matière de respect de la démocratie et des droits de l’homme, est loin de prendre en considération.
Ne comptons pas sur la « surveillance » internationale des urnes pour éviter un pouvoir à vie à la « Mugabe » ou à la « Bongo. »
Au lieu de revendiquer la « surveillance » du scrutin qui ne donnera rien, revendiquons le respect de la Constitution et barrons la route à une candidature de Bouteflika qui sera, s’il est élu, Bongo, Mugabe et Ben Ali réunis !
Il n’est pas trop tard !