droit de l homme
Posté le 03.11.2007 par kabylieazouzanet
Le Comité des droits de l'homme de l'ONU soupçonne l'existence en Algérie de "centres secrets de détention" et de pratiques de tortures par les services de renseignement et de sécurité de l'Etat, a-t-il annoncé vendredi à Genève.
Le Comité se déclare "préoccupé par les nombreuses informations non-gouvernementales faisant état de l'existence de centres secrets de détention, qui se trouveraient à Houch Chnou, Oued Namous, Reggane, El Harrach et Ouargla", dans ses "observations finales" publiées à l'issue de l'examen périodique de la situation en Algérie.
Les experts des droits de l'homme de l'ONU demandent au gouvernement algérien de "s'assurer que tous les établissements de détention, y compris les établissements du Département du renseignement et de la sécurité, soient régulièrement visités" par le Comité international de la Croix Rouge (CICR) et par un organisme indépendant national.
En outre, le Comité "note, avec inquiétude, les informations quant à des cas de torture et de traitements cruels, inhumains et dégradants (...) qui relèveraient notamment de la responsabilité du Département du renseignement et de la sécurité", plus particulièrement chargé de la lutte anti-terroriste.
A ce sujet, les experts de l'ONU sont "préoccupés par le peu de précisions quant à la définition particulièrement large des actes terroristes ou subversifs contenue dans le Code pénal" algérien.
Ils ont demandé aux autorités algériennes d'écarter "les interprétations permettant de réprimer sous le couvert d'actes terroristes l'expression légitime de droits" fondamentaux.
Afp
Posté le 01.11.2007 par kabylieazouzanet
Etude des Droits de l'Homme au niveau International
En 1999, les Etats-Unis ont continué à s'exempter de nombre de leurs obligations internationales en matière de Droits de l'Homme, spécialement lorsque des lois internationales sur les Droits de l'Homme offrant des protections ou des possibilité de redresser des torts n'étaient pas en vigueur aux USA. En ratifiant des traités internationaux sur les droits humains, les USA ont typiquement écarté des protections pour les gens se trouvant aux USA, grâce à l'ajout de réserves, de déclarations, et d'inclusions. Même des années après avoir ratifié les trâités clés sur les droits de l'homme, les USA n'ont toujours pas accusé réception des lois internationales en les incluant aux lois US. De plus, les USA sont en queue des autres pays civilisés sur tout ce qui concerne les droits de la femme et ceux des travailleurs, et sont virtuellement les seuls au monde à n'avoir pas ratifié la Convention sur les Droits de l'Enfant - le seul autre pays au monde n'ayant pas ratifié cette dernière étant la Somalie, qui ne possède pas de gouvernement fonctionnel.
En réaction à l'ordre présidentiel de décembre 1998 de mettre en place les traîtés internationaux sur les droits de l'homme, un groupe de travail inter-agences sur les Traîtés des droits de l'homme (IWG) a commencé à examiner les sujets qui en relevaient, tels l'application de la peine de mort et le traîtement des réfugiés aux Etats-Unis. A son crédit, l'IWG - qui comprend des représentants du Conseil National de Sécurité, du Ministère du Travail, de celui de la Justice et d'autres agences, a entamé des consultations avec des groupes s'occupant des droits de l'homme, mais en octobre, le plan de travail du groupe n'était pas clair, et il n'y avait aucune amélioration mesurable de l'observation des traîtés essentiels par les Etats-Unis.
Quatre ans après l'obligation qui leur en était faite, les USA soumettaient en octobre 1999 leur premier rapport de mise en conformité avec la Convention contre la Torture et les autres traîtements ou punitions cruels, inhumains ou dégradants. Le rapport signalait l'existence de violations du traîté aux USA, mais insistait sur leur "caractère aberrant" et non autorisé. Hélas, le rapport ne confrontait pas avec exactitude les limites des protections légales pour les victimes d'abus, ignorait la vaste étendue des impunités dont jouissaient les officiels ayant commis des abus, exagérait l'implication des officiels dans la mise en oeuvre des obligations portant sur les droits de l'homme, et n'indiquait pas quelles étapes il comptait prendre pour venir à bout des violations signalées. Le rapport de mise en conformité avec la Convention sur l'élimination de la discrimination raciale était attendu depuis quatre ans. Un second rapport concernant la mise en oeuvre de l'avenant international sur les droits civils et politiques est attendu depuis lors.
Le mépris US pour les normes en matière de droits humains ne s'est pas limité aux affaires domestiques. Au cours de l'année, ils ont continué à s'opposer à des initiatives de large intérêt international, incluant les mines antipersonnel, les enfants soldats, et la Cour Criminelle Internationale (ICC). Les USA ont refusé de ratifier un trâité sur les mines anti-personnel que 135 pays avaient signé, prétextant qu'ils le signeraient en 2006 à moins d'avoir trouvé une alternative à ce type d'armements d'ici-là. Ils ont continué à bloquer les efforts internationaux pour en finir avec l'usage d'enfants soldats, arguant contre un protocole optionnel proposé à la convention internationale des droits de l'enfant qui élèverait à 18 ans l'age minimal de recrutement et participation militaire. Ils se sont aussi opposés à une large interdiction de l'usage d'enfants soldats faisant partie d'une Convention ILO sur les pires formes de travail des enfants. Et, contrairement au principe d'égalité devant la loi, les Etats-Unis ont continué à s'opposer au trâité ICC et à exiger des exemptions spéciales pour les citoyens américains.
DROITS DE L'ENFANT
Tous les pays du monde sauf les Etats-Unis et l'état inexistant de Somalie ont ratifié la Convention sur les droits de l'enfant et se sont engagés à maintenir la protection des enfants. En 1999, cette convention est la plus ratifiée de toutes les conventions internationales. Adoptée par l'assemblée générale des Nations Unies le 20 novembre 1989, les promesses de ce document historique comprennent le droit de l'enfant à vivre, à être exempt de discrimination, à être exempté de service armé et à être protégé en cas de conflit, à être protégé contre les traitements ou punitions cruels, inhumains, dégradants ou de la torture; à ne pas être arbitrairement privé de liberté, à un traîtement spécifique dans le système juridique, et aux droits à l'éducation, aux soins sanitaires, à un niveau de vie adéquat, et à ne pas être contraints à exploitation ou autres abus.
[.../...]
Bien des jeunes américains ont été inculpés dans le système criminal des adultes selon les lois d'états qui facilitent les poursuites d'enfants comme s'il s'agissait d'adultes. Entre 1992 et 1998, au moins 40 états ont adopté de telles législations. Une mesure similaire est en attente au niveau fédéral en 1999. 42 états US détenaient des jeunes dans des prisons d'adultes alors qu'ils attendaient leur procès. En résultat, qu'on les ait finalement déclarés coupables ou innocents, quantité d'enfants ont dû passer six mois à un an de leur période formative adolescente derrière des barreaux, en attendant leur procès.
Au Maryland, Human Rights Watch a indiqué que les jeunes détenus dans des prisons d'adultes risquaient la violence aux mains d'autres jeunes et parfois, de la part de prisonniers adultes. Ces risques sont particulièrement élevés au Centre de Détention de Baltimore, ou 150 adolescents encouraient quotidiennement des risques pour leur sécurité, parfois dans des bagarres organisées par les gardiens. Les mesures disciplinaires semblent avoir été ici excessives et arbitraires; nombre de jeunes, parfois par sections entières, recevant jusqu'à la punition maximale de 90 jours de confinement en cellule. A peu d'exceptions près les prisons du Maryland visitées par HRW démontraient de sérieuses déficiences en matière d'éducation fournie, de récréations, et une absence apparente de programme d'entraînement spécialisé pour les membres du personnel- dans les domaines développement adolescent et conduite du comportement. Les adolescents de tous les établissements ont indiqué d'autre part ne pas avoir assez à manger.
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La convention sur les droits de l'homme condamne sans équivoque l'usage de la peine de mort chez les délinquants juvéniles, c'est à dire qui avaient moins de dix-huit ans lors du crime. Il y a pourtant six pays; les Etats-Unis, l'Arabie saoudite, le Nigeria, le Pakistan et le Yemen qui l'appliquent encore et ont exécuté des délinquants juvéniles dans les années 90.
Exécutions de jeunes délinquants
Les USA ont continué à être l'un des seuls six pays à exécuter des personnes ayant eu moins de dix-huit ans lorsqu'il ont commis des crimes les ayant fait condamner. La peine de mort imposée à des criminels de moins de dix-huit ans au moment des faits viole les provisions des traîtés internationaux et régionaux sur les droits de l'homme dont les Etats-Unis sont partie prenante. En dépit de la condamnation internationale quasi unanime de l'usage de la peine de mort envers des jeunes de moins de dix-huit ans, le Nigeria, le Pakistan, l'Arabie Saoudite, le Yemen et les USA ont exécuté des jeunes gens dans les années 1990. Il y eut 10 exécutions de ce type entre 1990 et 1999 aux Etats-Unis, dont un en 1999, Sean Sellers, qui marqua une étape: c'était la première fois depuis quarante ans que les US exécutaient un jeune homme dont les faits condamnables avaient été commis lorsqu'il avait moins de seize ans. Soixante-dix jeunes délinquants se trouvaient dans les couloirs de la mort US au 1er juillet 1999.
Les homosexuels et homosexuelles ont continué à faire face à de la discrimination sur leur lieu de travail, à des crimes de haine dans des communautés du pays, et à la rhétorique anti-gay de législateurs et de quelques leaders religieux. [note du traducteur: Hubbard, gourou fondateur de la scientologie, était fortement anti-gay, bien qu'ayant eu des relations sexuelles avec un ami et une fille dans sa trentaine. Son fils gay, Quentin Hubbard, s'est suicidé. Son successeur actuel Miscavige est connu pour mener le même combat: être homosexuel est considéré comme une maladie en scientologie, voir ici]. Une législation traîtant de la discrimination dans l'emploi a été introduite, mais a peu progressé et reste bloquée au Congrés US. L'administration Clinton a demandé un élargissement du statut des crimes fédéraux pour y inclure les crimes anti homosexuels, mais le Congrès n'a rien fait sur cette législation. Certains surveillants des crimes de haine ont indiqué une augmentation des crimes violents contre les lesbiennes, les gays, les bisexuels et les transsexuels. Parmi les législateurs, l'intolérance à leur propos était évidente durant l'année, car certains membres ont vigoureusement combattu la nomination d'un homosexuel comme ambassadeur, pour l'unique raison de son orientation sexuelle.
DROITS DES FEMMES
Etats-Unis
En 1999, l'implication des Etats-Unis dans la défense des droits de la Femme dans le monde a été affaiblie par deux problèmes politiques: le désir de promouvoir des avantages économiques et des relations stratégiques avec d'autres gouvernements, en dépit de considération quant aux droits de l'homme, et le désir de protéger les pratiques américaines à domicile et à l'étranger quant à la surveillance et la critique possible du respect des droits de l'homme. Dans ce contexte d'intérêts conflictuels, l'attention du gouvernement pour les droits de la Femme a souvent été compromise.
Les Etats-Unis ont démontré qu'ils étaient à la pointe en ce qui concerne le traffic, activité qui entraîne des centaines de milliers de femmes à des conditions d'exploitation et d'endettement contre lesquelles elles n'ont aucun recours. En 1999, les USA ont joué un rôle clé dans l'élaboration d'un nouveau protocole largement amélioré sur le traffic de la personne humaine. Le protocole, proposé lors de la négociation d'une nouvelle convention sur le crime transnational, créerait une nouvelle norme sur le trafic, permettant une meilleure protection des gens qui en sont victimes. Les USA ont proposé une nouvelle définition élargie du trafic. Malgré ce pas en avant, les USA se sont arrètés net en ne fournissant pas de support aux provisions en question , ce qui aurait permis d'offrir une meilleure protection aux victimes du trafic, dans les domaines psychologique, médical, légal, et financier.
SURVEILLANCE ET ECOUTES
Les gouvernements admettent rarement leur surveillance cachée de e-mails, et c'est très difficile de s'en assurer lorsque tout ce qui concerne les mécanismes de surveillance est classé top-secret.. Mais en 1998, des constats européens officiels ont signalé la présence d'un tel système de surveillance dénommé ECHELON. Selon un rapport de janvier 1998 publié par l'unité STOA du parlement européen (litt.: "Estimation optionnelle scientifique et technologique" , Scientific and Technological Option Assessment), ECHELON fait partie du système d'espionnage UKUSA et fut destiné en premier lieu aux cibles non militaires: les gouvernements, organisations et entreprises. Le système fonctionne dans presque tous les pays et réceptionne les fax, e-mails, conversations téléphoniques et messages, sans discrimination aucune.
http://www.hrw.org/Issues 5.htm
EMPRISONNEMENT DE MALADES MENTAUX
Malgré le fait que les malades mentaux ne devraient pas être punis pour les actions dues à leur maladie, ni placés dans des conditions sociales d'isolation et de sécurité extrèmes que l'on trouve dans les prisons de haute sécurité, on en découvre dans nombre d'états US. En Illinois, des prisonniers ont déposé plainte après avoir été confinés dans une nouvelle prison d'extra-sécurité. Les prisonniers disaient que les conditions d'existence d'isolement social extrème, de stimulation environnementale limitée, où le mouvement est très limité, et ou l'on pratique des punitions sévères pour des comportements génants causés par leur maladie, créaient des tourments et des dommages psychologiques peut-être définitifs. En juillet, une plainte en masse (Class Action) déposée par des malades emprisonnés contre le département des prisons du New-Jersey parvint à un accord - hors du jury.
Les prisonniers se plaignaient du fait qu'on leur refuse un traitement mental ad-hoc et décrivaient le cercle vicieux des infractions aux règles causées par la maladie, qui provoquait une aggravation de la maladie lors de punitions en quarantaine, causant alors d'autres infractions, causant d'autres punitions, etc. Au Texas, un juge fédéral de district a décidé que le confinement des prisonniers malades mentaux dans des conditions d'isolement extrème et de stimulation environnementale réduite exacerbant leur maladie violait l'interdiction par la constitution US de l'usage de punitions cruelles et inhabituelles. Dans ce procès, les experts des prisonniers avaient fourni des descriptions hallucinantes de prisonniers s'enduisant de leurs selles, délirant, hurlant et frappant leur tête contre les murs. Au New-Jersey, les prisonniers malades mentaux souffraient de tels manques psychologiques que leur comportement empirait et qu'ils devinrent plus inaptes encore à suivre les règles de la prison. On connaît au moins trois cas de prisonniers suicidés dans les locaux d'extra-haute sécurité en 1999, deux au pénitentiaire d'état de l'Ohio, et un au pénitentiaire US du Colorado.
ARMEMENTS INTERDITS
En 1999, l'ICBL décida de porter plus spécialement son attention sur les Etats-Unis, les ex républiques du bloc soviétique, l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Dans son effort pour faire ratifier le traîté sur les Mines, l'ICBL a été reçu ou co-reçu dans les conférences d'un nombre d'états (Mexique, Tunisie, Liban, Afrique du Sud, Indonésie, Kenya, Croatie, et Georgie), ainsi que dans des conférences ou ateliers (en Inde, Corée du Sud, Nigeria, Biélorussie et ailleurs). De plus, l'ICBL a entrepris des missions en Georgie, Egypte, Nicaragua, Honduras, Kosovo, et ailleurs, et participé à l'appel pour la Paix à La Haye, en mai 1999.
Armes chimiques
En octobre 1999, 126 états avaient déjà ratifié la convention sur la Prohibition, le Développement, la Production et l'Usage d'armements chimiques, et leur Destruction (Convention CWC). 44 états ayant signé le traîté ne l'avaient pas encore ratifié. Neuf états parties de la CWC (Chine, France, Inde, Iran, Japon, Russie, Corée du Sud, UK et USA) avaient déclaré des usines anciennes en cours de démantèlement ou de reconversion à usage civil. En Octobre, l'Organisation pour la prohibition des armes chimiques (OPWC), organisme s'enquérant de la mise en oeuvre du traîté CWC, avait mené 536 inspections sur 278 sites, dans 39 états membres.
Deux ans après la promulgation du traîté, 32 états devaient encore soumettre leurs déclarations initiales, alors que celles d'un nombre significatif d'autres états membres demeuraient incomplètes Les USA n'ont pas non plus observé les règles, puisqu'ils n'ot pas fourni leur déclaration initiale sur l'industrie chimique.
Posté le 06.09.2007 par kabylieazouzanet
Au moins 39 hommes qui sont toujours portés disparus semblent avoir été victimes de disparition forcée de la part des autorités américaines.
Par ailleurs, les épouses et les enfants d’autres hommes détenus clandestinement par la Central Intelligence Agency (CIA, Services de renseignement des États-Unis) ont été arrêtés et interrogés, soit en tant que sources d’information potentielles, soit dans le but de capturer leur mari ou père.
Basé sur les recherches effectuées par six grandes organisations de défense des droits humains - Amnesty International, Cageprisoners, le Center for Constitutional Rights, le Center for Human Rights and Global Justice de la faculté de droit de l’université de New York, Human Rights Watch et Reprieve -, le rapport Off the Record fournit les informations les plus complètes à ce jour en ce qui concerne l’arrestation et la détention de ces 39 personnes, et notamment de quatre détenus portés disparus dont l’identité est révélée ici pour la première fois.
La liste complète comporte les noms de ressortissants de pays comme le Maroc, la Libye, l’Égypte, le Pakistan, le Kenya et l’Espagne. Ces personnes ont été arrêtées par exemple au Pakistan, en Irak, en Iran, en Somalie et au Soudan, puis transférées dans des sites secrets dirigés par le gouvernement des États-Unis.
Dans de nombreux cas, on ignore totalement ce que sont devenus les détenus et où ils se trouvent. Dans d’autres cas, des articles de presse, des recherches ou des enquêtes ont permis d’échafauder certaines hypothèses.
Dans tous les cas, le silence du gouvernement des États-Unis laisse planer une grave incertitude. Les autorités américaines doivent mettre fin aux détentions secrètes, révéler le sort de toutes les personnes détenues clandestinement et autoriser ces dernières à entrer en contact avec leur famille et à avoir accès à une procédure judiciaire adéquate.
Les États-Unis ont le devoir d’arrêter et de juger les criminels, mais ils doivent le faire en respectant les droits humains et l’état de droit.
Posté le 02.07.2007 par kabylieazouzanet
DARFOUR Conférence internationale à Paris : 4 organisations demandent des engagements .
Pour être réussie, cette réunion du 25 Juin 2007 doit déboucher sur des engagements concrets sur la protection des civils, le déploiement de la force de paix hybride et la reprise du processus du paix, et ce en dépit de l’absence regrettable de l’Union Africaine.
Nous demandons aux pays participants une position claire et qu’ils s’engagent à :
• Soutenir politiquement les efforts de médiation des Nations Unies et de l’Union Africaine.
Le groupe de contact élargi doit tirer les leçons des vingt dernières années de négociations avec le Soudan et empêcher que le gouvernement soudanais ne se joue encore de la communauté internationale et ne renie ses engagements une nouvelle fois. Cette réunion, destinée à relancer le processus de paix, doit marquer la fin de la multiplication des initiatives concurrentes qui ont ralenti les négociations. Le groupe de contact élargi doit aussi se préparer à devenir, à travers une stratégie coordonnée entre tous les acteurs, un groupe de pression sur toutes les parties au conflit.
• Apporter un soutien financier et humain aux efforts de médiation
Les pays participants doivent apporter ce soutien sur le long terme. Le processus de paix d’Abuja (qui a abouti à la signature de l’Accord de paix sur le Darfour en mai 2006) a en effet échoué en partie à cause de la précipitation qui l’a entouré. Un accord de paix durable nécessitera du temps et un dialogue incluant toutes les parties.
• Demander un calendrier précis aux Nations unies, à l'Union africaine et au gouvernement du Soudan quant au déploiement de la force de paix hybride
Cela fait déjà 7 mois que le gouvernement Soudanais a donné son premier accord de principe pour cette force.
• Appuyer politiquement, financièrement, matériellement et humainement le déploiement de cette force de paix
Cette force doit pouvoir sécuriser le Darfour, assurer une meilleure protection des populations civiles et surveiller le désarmement des milices janjawids et des groupes d’opposition armés. Elle devrait aussi inclure des observateurs des droits humains pour surveiller, enquêter et rendre public les violations commises, dont les viols et toutes autres formes de violences sexuelles.
• Appeler toutes les parties au conflit pour que les attaques contre les populations civiles cessent immédiatement.
Le groupe de contact élargi devra aborder la question du Darfour au niveau régional, et en particulier encourager le dialogue politique entre le Soudan, le Tchad et la République Centrafricaine ainsi qu’à l’intérieur de chacun de ces pays.
Posté le 01.07.2007 par kabylieazouzanet
Le Soudan est un pays de l'est de l'Afrique, le plus grand du continent en superficie. Bordé par la Libye et l 'Égypte au nord, la mer Rouge, l'Érythrée et l'Éthiopie à l'est, le Kenya, l'Ouganda et la République démocratique du Congo au sud, la République centrafricaine, le Tchad à l'ouest, son nom vient de l'arabe balad as-sūdaan, qui signifie littéralement « Pays des noirs ». Les deux langues officielles du pays sont l’arabe et l’anglais, auquelles s'ajoutent environ 2000 autres langues dont les plus importantes sont le dinka, le peul et le nuers.
Histoire :
Dans l'Antiquité, le pays correspondait en grande partie à l'ancienne Nubie (Voir l'article détaillé sur l'histoire du Soudan).
XIXe siècle
1885 : Le Mahdi et l'empire britannique
Le chef religieux Muhammad ibn Abdallah, s'étant proclamé Mahdi (Messie), tenta d'unifier les tribus de l'Ouest et du centre du Soudan contre l'Empire britannique. Il prit la tête d'une révolte nationaliste qui aboutit à la chute de Khartoum en 1885, où le général britannique Charles George Gordon fut tué. L'État Mahdiste survécut jusqu'en 1898 où il fut anéanti par une armée britannico-égyptienne dirigée par Lord Horatio Kitchener.
XXe siècle
1916 : Incorporation du Darfour au Soudan anglo-égyptien.
1956 : Indépendance et guerre civile
L'indépendance fut proclamée en 1956, mais le gouvernement de Khartoum revint sur les promesses faites aux provinces du Sud de créer un État fédéral, ce qui conduisit à une mutinerie menée par des officiers du Sud, qui à son tour déclencha une guerre civile de 17 ans (1955-1972).
1969 : Coup d'état du Colonel Nimeiri
Des élections eurent lieu en avril 1965 mais les gouvernements successifs furent incapables de se mettre d'accord sur une constitution permanente ou de résoudre les problèmes de la lutte entre factions, de la stagnation économique et de la dissidence ethnique. Le mécontentement amena un second coup d'État militaire le 25 mai 1969. Son meneur, le colonel Gaafar Muhammad Nimeiri, devint Premier ministre, et le nouveau régime supprima le Parlement et interdit tous les partis politiques.
1971 : Coup d'état communiste et restauration de Nimeiri
Des luttes entre les marxistes et les non-marxistes à l'intérieur de la coalition militaire au pouvoir provoquèrent un nouveau coup d'État en juillet 1971, dirigé par le Parti Communiste soudanais. Quelques jours après, des troupes anti-communistes restaurèrent Nimeiri.
En 1972, l'accord d'Addis-Abeba mit fin à la guerre civile Nord-Sud et instaura un certain degré d'autonomie régionale.
1983 : La guerre de religion
En septembre 1983 le président Nimeiri annonça sa décision d'introduire la charia (loi islamique) dans le code pénal.
Cette décision est l'élément déclencheur d'une guerre civile qui oppose le Gouvernement (GOS) à des groupes armés du Sud Soudan. Ce conflit s'analyse le plus souvent comme une guerre de religion entre le Nord - islamique - et le Sud - chrétien. Si cette dimension religieuse existe certainement, en témoigne le déclenchement de la guerre civile consécutif à l'instauration de la charia par le gouvernement du Nord, il n'en demeure pas moins qu'elle est à tempérer, le Sud étant minoritairement chrétien et plutôt animiste. Ce sont donc plutôt deux cultures, une tribale traditionaliste au Sud et une arabo-musulmane au nord, qui s'opposent. On peut aussi y analyser une opposition entre le Centre et la périphérie, expliquant ainsi aussi les moteurs des conflits au Darfour, à l'ouest du pays, et dans le Béjaland, à l'est du pays.
1984 : Coups d'état du Général ad-Dahab
Après une pénurie de pain et d'essence, une insurrection grandissante dans le Sud, une période de sécheresse et de famine, en 1984-1985 un autre coup d'État mené par le général Souwar ad-Dahab restaura un gouvernement civil. Cependant la guerre civile faisait de plus en plus de morts et la situation économique continuait à se dégrader.
1989 : Coups d'état du Général el-Béchir
En 1989, à la suite d'un coup d'État, le général Omar el-Béchir devint chef d'État, Premier ministre et chef des forces armées. La loi pénale de 1991 institua des peines sévères dans tout le pays, telles que l'amputation et la lapidation. Bien que les états du Sud non musulmans soient officiellement exemptés de ces dispositions, la loi permet cependant une possible application future de la charia dans le Sud.
La guerre civile, toujours en cours, a déplacé plus de 4 millions d'habitants du Sud et fait 2 millions de morts. Certains ont fui dans des villes du Sud comme Juba , d'autres ont cheminé vers le nord jusqu'à Khartoum ou ont pris le chemin de pays voisins comme l'Éthiopie, le Kenya, l'Ouganda ou l'Égypte. Ces gens ne pouvaient pas produire de la nourriture ou gagner de l'argent pour se nourrir, et la malnutrition et la famine se sont répandues. Le manque d'investissement dans le Sud a également abouti à ce que les organisations humanitaires internationales appellent une « génération perdue », mal éduquée sans accès aux soins de base, et sans grandes chances de trouver un emploi productif que ce soit dans le Sud ou dans le Nord.
XXIe siècle
Rébellion de 2003
Les pourparlers de paix entre les rebelles du Sud et le gouvernement ont fait des progrès notables en 2003 et au début de l'année 2004, même si des accrochages se seraient encore produits dans certaines régions méridionales.
Une nouvelle rébellion dans la province occidentale du Darfour a commencé début 2003. Le gouvernement et les rebelles ont été accusés d'atrocités au cours de cette guerre. En février 2004, le gouvernement a proclamé sa victoire sur la rébellion mais les rebelles disent garder le contrôle des zones rurales et certaines sources indiquent que des combats continuent à de nombreux endroits. Les milices janjawids sont accusées du massacre de plus de 50 000 personnes, le conflit ayant en 3 ans fait plus de 300 000 morts et 3 milions de déplacés et réfugiés, selon certaines estimations.
Guerre civile au Darfour:
La guerre civile au Darfour est un conflit armé qui touche depuis 2003 la région du Darfour située à l'ouest du Soudan. Les origines du conflit sont d'ordre politique, mais il s'agit surtout d'une lutte pour des ressources : eau, terres, pétrole] le tout sur fond de nettoyage ethnique.
Le conflit du Darfour a provoqué la plus importante crise humanitaire dans le monde aujourd’hui :
plus de 200 000 morts[1][2], civils pour la plupart, victimes d’attaques mais aussi de famine et de maladie ;
2 millions de déplacés ;
230 000 réfugiés au Tchad, principalement à l’est du pays (où le conflit commence à s’étendre avec des incursions Janjawids désormais fréquentes) et en République centrafricaine.
Le Soudan sort à peine de la seconde Guerre civile soudanaise ; un conflit qui a duré une vingtaine d’années depuis 1983 entre les rebelles du sud et le gouvernement soudanais, et qui a déjà fait près de 2 millions de morts
Les forces en présence sont :
D’une part les Janjawid (littéralement : « les cavaliers de guerre »), une milice arabe recrutée parmi les tribus Abbala et soutenue par le gouvernement soudanais, qui malgré ses dénégations, a fourni argent et assistance et même directement participé à des attaques. Selon une ONG, la Chine, qui achète les deux tiers du pétrole soudanais, vend au gouvernement soudanais armes et appareils militaires, et s'est opposée à des sanctions contre le Soudan[3]. La Russie fournirait du matériel militaire également, tout cela malgré un embargo de l'ONU[4]. Ceux-ci font églament des incursions au Tchad voisin pour s'en prendre aux villages de réfugiés du Darfour et villages autochtones chrétiens.
Et d'autre part les forces rebelles issues des tribus "africaines" du Darfour et principalement représentées par les mouvements SLA (Armée de libération du Soudan) et JEM (Mouvement pour la justice et l'égalité). Le SLA aurait le soutien de l'armée populaire de libération du Soudan (appelée SPLM et soutenue par les USA) et qui a pour but avoué l'établissement d'un Soudan démocratique[réf. nécessaire]. Basées au Sud du Soudan, ce mouvement non-arabe et non-musulman s'oppose au gouvernement central basé au nord qui est majoritairement arabe et musulman.
Les forces de paix : près de 7 000 soldats de l'Union africaine (UA) sont déployés dans la région (Missions AMIS) pour protéger les civils. Ils sont inefficaces[5]. Le gouvernement de Khartoum tarde à autoriser l'envoi de casques bleus prévu par l'ONU au Darfour, pour compléter la mission de l'Union africaine (Des casques bleus de la mission MINUS sont déja présents au Sud Soudan).
Les États-Unis qui qualifient l'action des Janjawids de génocide, exigent des sanctions commerciales internationales contre le Soudan et parlent même d’une intervention militaire alors que l'Europe cherche une solution diplomatique. La France juge très préoccupante l’extension du conflit soudanais aux pays voisins où elle maintient une assistance militaire (notamment au Tchad et en République centrafricaine).
79 ONG[6] opèrent encore dans cette région[7], dont 10 sont françaises[8]. La Croix-Rouge française a lancé un appel pour l'ouverture de corridors humanitaires au Darfour car l'accès aux victimes est le principal problème des ONG. Il s'efforce de permettre aux personnes vulnérables de rester chez elles plutôt que de migrer sous la contrainte dans des camps déjà surpeuplés à l'intérieur du Soudan ou dans les pays voisins.
Cause:
Carte des concessions pétrolières et gazières (2004): Les concessions du Darfour sont attribuées aux chinoisLes raisons du conflit sont multiples et liées entre elles :
Une origine climatique et environnementale[9] : un phénomène de sécheresse dans tout le Sahel, qui s'amplifie et de désertification qui a commencé depuis les années 1970[10][11][12].
Une explosion démographique, la population a doublé en 20 ans[13].
Une compétition pour l'espace.
Des ethnies différentes, aux répartitions imbriquées.
Un pays vaste et mal unifié, le Soudan. Le pouvoir central néglige les peuples de la périphérie qui se révoltent.
La découverte de ressources pétrolières qui suscitent les convoitises.
Le Darfour est une région du Sahel qui se trouve à l'ouest du Soudan : 5 à 6,1 millions de personnes y vivent ; la région a un très faible niveau de développement : seulement un tiers des filles (pour 44,5% des garçons) va à l'école primaire.
La découverte du pétrole dans cette région a aussi suscité les convoitises. Si le conflit a largement été décrit en termes ethniques, et probablement politiques, il s'agit aussi d'une lutte pour les ressources pétrolières situées au sud et à l'ouest.
Trois tribus principales sont installées au Darfour : les Four (qui a donné son nom au Darfour), les Masalit et les Zaghawa. Jusqu'à présent, le passage des chameliers arabes dans le sud était demeuré sans incidents.
Pendant l'hiver 2003, l’opposition au président soudanais Omar el-Béchir fait entendre sa voix. En représailles, Khartoum laisse agir les milices arabes (les Janjawids dirigés par Choukratalla, ancien officier de l'armée soudanaise) dans tout le Darfour. Les armées soudanaises bombardent les villages du Darfour. Les populations sont victimes de bandes armées que le gouvernement de Khartoum semble laisser faire. Plus grave, humanitaires et diplomates accusent le gouvernement d'avoir armé et payé les Djandjaouids…
Posté le 24.06.2007 par kabylieazouzanet
République algérienne démocratique et populaire
Capitale: Alger
Superficie: 2 381 741 km²
Population: 33,4 millions
Chef de l'État: Abdelaziz Bouteflika
Chef du gouvernement: Ahmed Ouyahia, remplacé par Abdelaziz Belkhadem le 25 mai
Peine de mort: abolie en pratique
Cour pénale internationale: Statut de Rome signé
Le gouvernement a promulgué de nouvelles lois d'amnistie qui ont renforcé l'impunité dont bénéficient les responsables d'atteintes flagrantes aux droits humains. Ces mesures, qui avaient pour but affiché de mettre un point final au conflit interne des années 1990, ont érigé en infraction pénale toute critique de la conduite passée des forces de sécurité. Les disparitions forcées, entre autres atteintes graves aux droits humains commises dans les années 1990, n'avaient toujours fait l'objet d'aucune enquête et le sort des victimes n'avait pas été élucidé. Quelque 2 200 personnes détenues pour des infractions liées à des actes de terrorisme ont recouvré la liberté à la faveur des lois d'amnistie. Des membres de groupes armés qui s'étaient livrés aux autorités ont bénéficié de l'exemption des poursuites. Toutefois, les affrontements se sont poursuivis entre les groupes armés et les forces de sécurité, faisant plus de 300 morts, dont au moins 70 civils. De nouvelles informations ont fait état de tortures et de mauvais traitements infligés notamment à des détenus soupçonnés d'activités terroristes. L'équité des procès des personnes accusées de terrorisme ou d'infractions à caractère politique était une source de préoccupation. Des journalistes, des syndicalistes et des défenseurs des droits humains ont été harcelés et condamnés à des peines d'emprisonnement.
Contexte
L'Algérie continuait de subir les répercussions du conflit interne sanglant des années 1990 au cours duquel près de 200 000 personnes ont trouvé la mort à la suite d'attaques et d'atteintes aux droits humains imputables tant aux groupes armés qu'aux forces de sécurité. Le gouvernement a qualifié sa politique de « réconciliation nationale » de solution définitive aux problèmes terribles hérités du passé. Une amnistie généralisée et l'exemption des poursuites ont été accordées aux responsables d'atteintes aux droits humains commises dans le passé. Ces initiatives se sont accompagnées d'offres d'indemnisation pour certaines catégories de victimes et d'une aide économique et sociale pour les familles d'anciens membres de groupes armés, ainsi que de mesures visant à réinsérer les personnes frappées d'ostracisme en raison de leur soutien présumé au Front islamique du salut (FIS). Ce mouvement, dont le succès aux élections de 1992 avait provoqué l'intervention de l'armée et le conflit interne qui a suivi, était toujours interdit et exclu du processus politique ; certains de ses anciens dirigeants soutenaient toutefois activement le plan de « réconciliation » du gouvernement.
L'Algérie était un allié de premier plan des États-Unis et des autres États participant à la « guerre contre le terrorisme ». Des membres de groupes armés continuaient de commettre des violences, le plus souvent liés à des activités délictueuses comme la contrebande, le racket et le blanchiment d'argent. Le gouvernement poursuivait sa campagne militaire pour éliminer ces groupes dont il affirmait qu'ils étaient liés à Al Qaïda. Malgré le risque persistant de torture pesant sur les personnes soupçonnées de terrorisme en Algérie, plusieurs gouvernements étrangers ont renvoyé vers ce pays des Algériens qui auraient représenté une menace pour la sécurité nationale. Certains pays ont, semble-t-il, obtenu des autorités algériennes l'assurance que les personnes ainsi renvoyées ne seraient ni torturées ni maltraitées. L'Algérie a cependant refusé toute surveillance indépendante du traitement de ces détenus.
Les revenus supplémentaires générés par l'augmentation du prix du pétrole et du gaz ont permis au gouvernement de rembourser environ deux tiers de la dette extérieure. Les institutions financières internationales ont averti que des réformes devaient être introduites sans délai pour diversifier la croissance et créer des emplois. Cette année encore, des mouvements violents de protestation ont eu lieu à propos de problèmes socioéconomiques, avec de très nombreuses allégations de corruption en toile de fond.
Impunité
Les nombreuses atteintes flagrantes aux droits humains, et notamment les cas de torture, d'homicide, d'enlèvement et de disparitions forcées, commises depuis les années 1990 dans le cadre du conflit interne, et imputables aux groupes armés et aux forces de sécurité, n'avaient toujours fait l'objet d'aucune enquête. Comme les années précédentes, le gouvernement n'a pas véritablement coopéré avec les organes et mécanismes des Nations unies dédiés aux droits humains pour tenter de remédier aux séquelles du conflit.
L'impunité a été renforcée par les lois d'amnistie promulguées en février par une série de décrets présidentiels. Selon le gouvernement, ces textes visaient à mettre en application la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, adoptée par référendum en 2005. Des groupes de défense des droits humains et des associations de victimes ont organisé des manifestations de protestation contre ces lois, qu'ils qualifiaient de contraires à la Constitution.
Les lois d'amnistie prévoyaient que les plaintes contre les membres des forces de sécurité et ceux qui ont agi de concert avec elles ne seraient pas recevables, ce qui accordait à ces personnes une impunité globale pour les atteintes aux droits humains commises dans le cadre du conflit. Par ailleurs, toute critique publique des abus commis par les forces de sécurité était passible d'emprisonnement. Durant les années 1990, les forces de sécurité et les milices armées par l'État ont continuellement eu recours à la torture et se sont rendues responsables de milliers de cas d'exécution extrajudiciaire et de disparitions forcées, qui constituent des crimes relevant du droit international. Les lois d'amnistie sont contraires aux obligations internationales de l'Algérie, qui devrait notamment ouvrir des enquêtes sur les crimes visés et sanctionner les responsables. Les victimes et leurs familles se trouvent ainsi privées de possibilités de recours.
Ces lois ont par ailleurs élargi le champ d'application de mesures antérieures, en exemptant de poursuites les membres des groupes armés qui se livreraient aux autorités dans le délai de six mois, officiellement pour mettre un terme aux violences imputables à ces groupes. Les lois d'amnistie ne prévoyaient pas de critères suffisants pour garantir que les auteurs de crimes graves, tels les homicides de civils, seraient poursuivis. Selon les autorités, près de 300 membres des groupes armés s'étaient livrés avant l'expiration du délai imparti ; on ignorait combien avaient bénéficié de l'exemption des poursuites et quelle procédure avait été appliquée. Le gouvernement a annoncé que les individus qui se livreraient au-delà de la date butoir bénéficieraient de mesures similaires.
Par ailleurs, les lois prévoyaient la remise en liberté, à la faveur d'une amnistie, de tout individu détenu pour des actes de terrorisme, exception faite des massacres collectifs, des viols et des attentats à l'explosif. Selon des déclarations officielles, plus de 2 000 individus inculpés ou condamnés pour leur participation à des activités terroristes ont été remis en liberté en mars et au cours des mois suivants ; les noms des individus libérés et le processus permettant de désigner les bénéficiaires de cette mesure n'ont pas été rendus publics. Plusieurs personnes accusées de participation à des actes de terrorisme commis à l'étranger ont été libérées alors qu'elles étaient exclues des dispositions de la loi. Certaines ont été à nouveau arrêtées et placées en détention. D'autres prisonniers, qui remplissaient les critères requis pour être libérés, se trouvaient toujours en détention à la fin de l'année.
• En août, le Comité des droits de l'homme des Nations unies a conclu que Malik Medjnoun, détenu sans jugement depuis près de sept ans, devait être immédiatement jugé ou remis en liberté, et qu'une enquête devait être ouverte sur les violations des droits humains dont il avait été victime en détention. Le gouvernement n'a, semble-t-il, pris aucune mesure dans ce sens et cet homme était toujours en détention sans jugement à la fin de l'année. En 2000, il avait été inculpé de participation à l'assassinat, en 1998, de Lounès Matoub, un chanteur renommé. Cet homicide n'avait fait l'objet d'aucune enquête approfondie, indépendante et impartiale. En 1999 et en 2000, Malik Medjnoun avait été maintenu en détention secrète pendant sept mois. Il aurait été torturé durant cette période.
Homicides à caractère politique
Plus de 300 personnes, dont au moins 70 civils, auraient été tuées au cours de l'année par des membres des groupes armés ou des forces de sécurité.
Comme les années précédentes, les groupes armés ont attaqué des cibles militaires, et, dans une moindre mesure, civiles. L'armée a mené des opérations de ratissage et des attaques dans des zones où les groupes armés étaient toujours en activité, tuant des membres présumés de ces groupes. On craignait que certains homicides ne soient des exécutions extrajudiciaires et que des femmes et des enfants liés aux membres des groupes armés ne figurent parmi les victimes ; il était toutefois difficile d'obtenir des détails à ce sujet.
Violations des droits humains dans le cadre de la lutte contre le terrorisme
La torture continuait d'être pratiquée en toute impunité. Des informations persistantes faisaient état du recours à la torture et aux mauvais traitements contre les personnes détenues par le Département du renseignement et de la sécurité (DRS), service de renseignement militaire chargé des arrestations et des enquêtes liées aux actes de terrorisme. Parmi les méthodes signalées, on citait les coups, les décharges électriques, la suspension au plafond et l'ingestion forcée d'eau sale, d'urine ou de produits chimiques. Ces prisonniers ont été retenus illégalement dans des lieux de détention secrets, dans certains cas pendant plusieurs mois, sans contact avec le monde extérieur. À la connaissance d'Amnesty International, les allégations de torture et de mauvais traitements n'ont fait l'objet d'aucune enquête, malgré les nouvelles dispositions législatives de 2004 érigeant la torture en infraction pénale. Au moins trois personnes déclarées coupables d'appartenance à un groupe terroriste ont été condamnées à mort par contumace.
• Hadj Djilali Bouazza, un ressortissant algérien résidant en Belgique, a été arrêté en mars une dizaine de jours après son arrivée en Algérie. Détenu dans les locaux de la DRS pendant trois mois et privé de tout contact avec le monde extérieur, il aurait été maltraité. Ses tortionnaires l'auraient piétiné, lui auraient bandé les yeux et l'auraient frappé à la tête, ce qui a entraîné chez lui une perte partielle temporaire de l'audition. L'examen médical indépendant demandé par son avocat n'a pas eu lieu. À la fin de l'année, Hadj Djilali Bouazza était maintenu en détention dans l'attente de son procès pour activités terroristes présumées en Algérie et à l'étranger.
• Ahmed Chergui a été arrêté à la fin de juin dans la wilaya (préfecture) de Boumerdès, à l'est d'Alger. Des gendarmes l'ont détenu pendant trois jours, durant lesquels on l'aurait déshabillé de force et on aurait utilisé un chien pour le menacer. Il a ensuite été remis à la DRS et aurait subi de nouveaux sévices, notamment des coups violents sur les jambes. Un certificat médical aurait attesté l'absence de lésions alors qu'il présentait des contusions étendues sur les cuisses. Inculpé d'activités terroristes, Ahmed Chergui était encore en détention et en attente de procès à la fin de l'année.
Disparitions forcées
Aucune initiative n'avait été prise pour élucider le sort des milliers de personnes disparues entre 1993 et 2002. Les dizaines de procédures intentées par leurs familles n'avaient pas été suivies d'informations judiciaires ni de poursuites contre les responsables présumés. Les lois sur la « réconciliation nationale » empêchaient les tribunaux d'ouvrir des enquêtes sur les plaintes déposées.
• En mars, le Comité des droits de l'homme des Nations unies a rendu ses premières conclusions sur des cas de disparition forcée signalés en Algérie. Il a considéré que l'État avait violé plusieurs dispositions du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) en ne protégeant ni les droits fondamentaux ni la vie de Salah Saker et de Riad Boucherf, disparus respectivement en 1994 et en 1995. Le comité a également considéré que le comportement des autorités envers les proches, laissés sans nouvelles du sort et du lieu de détention des victimes, constituait un mauvais traitement.
Les lois sur la « réconciliation nationale » prévoyaient d'indemniser les familles des disparus, mais aucun versement n'avait été effectué à la fin de l'année. En l'absence d'enquêtes ou de procédures judiciaires, de nombreuses familles ont rejeté l'offre d'indemnisation, craignant que cette mesure ne vise à les faire renoncer à réclamer la vérité et la justice.
Les forces de sécurité ont convoqué plusieurs dizaines de familles de disparus qui avaient sollicité l'aide des autorités au cours des années précédentes afin de leur remettre une notification écrite de la mort de leurs proches, une condition préalable à toute demande d'indemnisation. Toutefois, ces documents rejetaient les affirmations des familles selon lesquelles les victimes avaient été arrêtées par les forces de sécurité. Ils indiquaient en outre que ces personnes avaient été tuées par des individus non identifiés ou avaient trouvé la mort alors qu'elles participaient aux actions d'un groupe armé.
Les familles des disparus ont subi des intimidations. Certaines ont fait l'objet de poursuites liées aux documents qu'elles avaient fournis, ou à leurs activités en faveur des victimes de disparition forcée en Algérie, voire à leur participation à des manifestations pacifiques contre la politique de « réconciliation nationale ».
Intimidation de journalistes et de défenseurs des droits humains
Les libertés d'expression et de réunion restaient soumises à des restrictions. Plusieurs organisations indépendantes, dont des associations de familles de disparus, étaient toujours privées de statut légal. Certaines restrictions étaient liées à l'état d'urgence proclamé en 1992, toujours en vigueur à la fin de l'année.
Les lois d'amnistie adoptées en février ont érigé en infraction pénale toute critique publique concernant les forces de sécurité. Selon ces lois, quiconque dénonçait publiquement des atteintes aux droits humains ou souhaitait susciter un débat à leur propos était passible de poursuites et d'une peine maximale de cinq ans d'emprisonnement, doublée en cas de récidive. Ces lois n'avaient, semble-t-il, pas été appliquées à la fin de l'année, mais des victimes d'atteintes aux droits humains et leurs familles, ainsi que des défenseurs des droits humains, des journalistes et des syndicalistes ont été l'objet d'autres formes de harcèlement et d'intimidation, et notamment de menaces de poursuites pénales pour avoir exercé des droits garantis par le droit international.
Selon les médias algériens, une vingtaine de journalistes ont été poursuivis pour diffamation à la suite de plaintes déposées par des agents de l'État. Une quinzaine d'entre eux ont été condamnés à des peines allant jusqu'à un an d'emprisonnement, mais la plupart ont été laissés en liberté en attendant qu'il soit statué sur leur appel.
En juillet, le président Bouteflika a gracié tous les journalistes condamnés aux termes des lois restreignant la liberté d'expression. Plusieurs dizaines de journalistes condamnés à des peines d'emprisonnement et à des amendes ont donc bénéficié de cette mesure. Une initiative similaire annoncée en mai n'avait, dans la pratique, bénéficié qu'à un faible nombre des quelque 200 journalistes auxquels elle était officiellement destinée. En effet, elle ne s'appliquait qu'à ceux dont la peine avait été confirmée en appel, alors que la majorité des journalistes poursuivis avaient été laissés en liberté en attendant qu'il soit statué sur leur appel.
• Des accusations fabriquées de toutes pièces ont été portées, en septembre, contre les avocats Hassiba Boumerdesi et Amine Sidhoum, vraisemblablement pour les intimider et les dissuader de poursuivre leurs activités en faveur des droits humains. Ils demeuraient en liberté, en attendant leur procès pour infraction aux dispositions législatives régissant l'organisation et la sécurité des prisons.
Réfugiés et migrants
Des migrants en situation irrégulière risquaient d'être incarcérés et de faire l'objet d'expulsions collectives. Des informations ont également signalé de mauvais traitements infligés à des migrants en situation irrégulière par des membres de la police des frontières. Des milliers de migrants en situation irrégulière, dont certains pouvaient être des demandeurs d'asile, ont été expulsés vers des pays d'Afrique subsaharienne sans avoir la possibilité de solliciter l'asile ni d'interjeter appel de la décision d'expulsion.
Visites d'Amnesty International
En mai, l'organisation a fait savoir au gouvernement qu'elle souhaitait envoyer une délégation en Algérie, mais s'est vu refuser l'accès au pays.
Posté le 24.06.2007 par kabylieazouzanet
République du Mozambique
Capitale: Maputo
Superficie: 799380 km²
Population: 20,2 millions
Chef de l'État: Armando Emilio Guebuza
Chef du gouvernement: Luisa Diogo
Peine de mort: abolie
Cour pénale internationale: Statut de Rome signé
D'après les informations disponibles, des policiers ont exécuté de manière extrajudiciaire des prisonniers et des suspects de droit commun. Dix policiers ont été condamnés à des peines allant de trois à dix ans d'emprisonnement pour des actes similaires. Des affrontements opposant le parti au pouvoir et les principales formations de l'opposition ont fait huit blessés et conduit à l'arrestation d'au moins cinq membres de la Resistência Nacional Moçambicana (RENAMO, Résistance nationale mozambicaine). La liberté de la presse demeurait restreinte et trois journalistes ont été détenus illégalement pendant une semaine.
Contexte
Le Mozambique a ratifié la Convention de l'Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption ainsi que la Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée et ses trois protocoles additionnels: le Protocole contre la fabrication et le trafic illicites d'armes à feu, de leurs pièces, éléments et munitions; le Protocole visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants, et le Protocole contre le trafic illicite de migrants par terre, air et mer.
Cette année encore, les initiatives visant à lutter contre la criminalité ont été entravées par la mort de policiers emportés par des maladies liées au sida. Dès le mois de mars, les autorités policières auraient exigé de leurs nouvelles recrues potentielles des tests de dépistage du VIH, en violation de la Constitution du pays. Face à la pénurie d'effectifs et aux difficultés d'engager de nouveaux policiers, les autorités ont décidé de recruter dans les centres de formation de l'armée.
Le gouvernement a créé, avec sept organismes de financement, un fonds de lutte contre le VIH/sida destiné à procurer des médicaments antirétroviraux à 50000 personnes. Selon les statistiques, le taux d'infection par le VIH chez les personnes âgées de quinze à quarante-neuf ans était de 16,1 p. cent.
La violence domestique était en augmentation, avec 3000 cas signalés entre mai et octobre.
Exécutions illégales
Les informations recueillies faisaient état de plusieurs cas d'exécutions illégales et d'autres violations des droits humains commises par des policiers et un membre de la Garde présidentielle. Ces faits n'ont, pour la plupart, pas donné lieu à l'ouverture d'enquêtes, et quelques fonctionnaires seulement ont été arrêtés ou rétrogradés. Aucun n'avait été jugé à la fin de l'année. Des policiers ont été poursuivis pour des violations des droits humains perpétrées les années précédentes.
En mai, des policiers ont abattu plusieurs prisonniers qui tentaient de s'évader en escaladant les murs de la prison centrale de Maputo. Selon des témoins, les policiers ont tiré sur les fugitifs et les ont frappés à coups de matraque. Certains ont été tués après avoir été repris. À la suite de ces événements, la prison centrale de Maputo a temporairement interdit toute visite des familles et d'organisations de défense des droits humains. La Ligue mozambicaine des droits humains, qui a finalement été autorisée à pénétrer dans l'enceinte de l'établissement, a fait état de trois prisonniers tués lors de la tentative d'évasion et d'au moins 10 blessés graves. Les détenus capturés auraient été placés en cellule disciplinaire et torturés. En octobre, la situation était apparemment redevenue normale, les prisonniers ayant à nouveau été autorisés à recevoir des visites.
• En janvier, un policier a abattu Julêncio Gove, vingt et un ans, alors qu'il essayait de porter secours à une femme qu'un autre policier était en train de frapper dans une rue de Matola (province de Maputo). Après avoir tiré, le policier aurait donné plusieurs coups de pied à son corps sans vie. Il a été arrêté à la suite de plusieurs manifestations organisées par la population locale. Il semblerait qu'il n'ait toujours pas été jugé à la fin de l'année.
En juin, un membre de la Garde présidentielle a abattu Abdul Monteiro parce qu'il avait accidentellement endommagé une voiture appartenant au cabinet du président: trois gardes présidentiels l'ont poursuivi et ont tiré sur les pneus de son véhicule, le contraignant à s'arrêter. Abdul Monteiro s'est alors rendu et les gardes l'auraient blessé d'une balle dans la jambe, avant de le rouer de coups et de l'abattre. Une enquête a été ouverte et l'un eux a été appréhendé. Il n'avait pas été traduit en justice à la fin de l'année.
Dix policiers inculpés en 2005 d'agression et d'exécution extrajudiciaire de suspects de droit commun, ainsi que de concussion et de vol, ont été condamnés en octobre à des peines allant de trois à dix ans d'emprisonnement dans la province de Manica. Deux d'entre eux, qui avaient pris la fuite, ont été condamnés par contumace, tandis que trois autres ont été acquittés et un est mort avant la fin du procès.
Violence politique
Au mois de mai, huit personnes ont été grièvement blessées lors d'affrontements entre des partisans du Frente da Libertação de Moçambique (FRELIMO, Front de libération du Mozambique), le parti au pouvoir, et des membres de la RENAMO à Inhangoma, dans la province de Tete, à l'occasion d'une visite du secrétaire général de la RENAMO dans la région. Cinq membres de la RENAMO ont ensuite été arrêtés et auraient été reconnus coupables de légitime défense excessive. Or, d'après les informations reçues, ils n'étaient même pas présents lors des faits. Ils ont été condamnés à des peines allant de huit à vingt mois d'emprisonnement.
Les 20 membres de la RENAMO appréhendés en septembre 2005 à l'issue des violences suscitées par les allégations de fraudes électorales lors des élections à Mocimboa da Praia, dans la province de Cabo Delgado, ont été libérés en octobre 2006, dans l'attente d'être jugés. Leur procès n'avait pas encore eu lieu à la fin de l'année.
Posté le 24.06.2007 par kabylieazouzanet
MEXIQUE
États-Unis du Mexique
Capitale: Mexico
Superficie: 1972545 km²
Population: 108,3 millions
Chef de l'État et du gouvernement: Vicente Fox Quesada, remplacé par Felipe de Jesús Calderón Hinojosa le 1er décembre
Peine de mort: abolie pour tous les crimes
Cour pénale internationale: Statut de Rome ratifié
Felipe Calderón, du Partido de Acción Nacional (PAN, Parti d'action nationale), a été élu à la tête de l'État lors d'un scrutin contesté. Le président sortant, Vicente Fox, a achevé son mandat sans remplir les engagements pris par son gouvernement de mettre un terme à l'impunité et aux violations des droits humains, qui demeuraient très répandues. Le Parlement fédéral n'avait toujours pas adopté les réformes constitutionnelles et législatives nécessaires à une meilleure protection des droits humains, notamment en matière de sécurité publique et de justice pénale. De multiples cas de torture, d'arrestation arbitraire, d'usage excessif de la force et de procédure judiciaire inéquitable ont été signalés, en particulier au niveau des États. De graves violations des droits humains ont été signalées dans l'État d'Oaxaca, théâtre d'une interminable crise politique. La violence contre les femmes restait un problème endémique dans de nombreux États. La campagne en faveur des femmes de Ciudad Juárez et de Chihuahua s'est poursuivie. Plusieurs journalistes ont été tués. Dans certains États, les défenseurs des droits humains et les opposants politiques risquaient d'être harcelés, voire poursuivis sans raison devant la justice. Les actions entreprises en vue de traduire devant les tribunaux les responsables présumés des violations systématiques des droits humains commises ces dernières décennies n'ont pas abouti. Dans plusieurs États, les populations indigènes étaient toujours victimes de discrimination, notamment en matière d'accès à des services élémentaires tels que les soins et l'éducation.
Contexte
L'insécurité et l'importance de la criminalité violente étaient toujours des sujets de préoccupation majeurs au sein de la population. En novembre, plusieurs groupes armés d'opposition auraient revendiqué la responsabilité de l'explosion de trois bombes à Mexico. Le projet du gouvernement des États-Unis de prolonger le mur érigé le long de la frontière mexicaine risquait de mettre davantage en danger la sécurité des migrants mexicains et centraméricains qui tentent de passer au nord.
Les élections et leurs conséquences
Arrivé en seconde position aux élections nationales, Andrés Manuel López Obrador, du Partido de la Revolución Democrática (PRD, Parti de la révolution démocratique), a contesté la régularité du scrutin et la courte victoire du PAN. Après plusieurs semaines marquées par les manifestations des partisans du PRD qui exigeaient un nouveau décompte de tous les votes, le Tribunal fédéral électoral a estimé que seul un recomptage partiel était justifié. En septembre, il a confirmé l'élection de Felipe Calderón. Refusant cette décision, Andrés Manuel López Obrador et ses fidèles ont mis en place en novembre un gouvernement « parallèle ». Felipe Calderón a pris officiellement ses fonctions à la présidence le 1er décembre, sans prendre aucun engagement clair concernant le renforcement de la protection des droits humains. La nomination au poste de ministre fédéral de l'Intérieur du gouverneur de l'État de Jalisco a soulevé des inquiétudes, son mandat dans cet État ayant été marqué par son incapacité à prévenir ou à punir les graves violations des droits humains perpétrées localement.
Réforme et mécanismes internationaux relatifs aux droits humains
Le gouvernement du Mexique a rendu compte devant les comités thématiques des Nations unies concernés du respect de ses obligations au titre de la Convention relative aux droits de l'enfant, de la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale, du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants et de la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille. Les comités ont émis un certain nombre de recommandations. Le gouvernement du président Fox a joué un rôle positif dans la mise en place de la réforme de l'ONU en vue de renforcer la protection des droits humains. Le Mexique a pris la présidence du nouveau Conseil des droits de l'homme de l'ONU.
L'action du gouvernement en matière de droits humains n'a guère connu d'avancées. La mise en œuvre du Programme national en faveur des droits humains restait peu satisfaisante. Les autorités judiciaires fédérales ont rendu publics les résultats d'une consultation effectuée sur la réforme de l'appareil judiciaire. Si quelques modifications du système de justice pour les mineurs ont été proposées, aucune avancée notable n'a été constatée concernant l'introduction de réformes constitutionnelles et législatives visant à garantir la protection des droits humains dans le système de sécurité publique et dans la justice pénale.
Crise dans l'État d'Oaxaca
En juin, la police de l'État a fait usage d'une force excessive contre des enseignants en grève qui occupaient le centre de la ville d'Oaxaca, bloquant toute activité. L'Asamblea Popular del Pueblo de Oaxaca (APPO, Assemblée populaire du peuple d'Oaxaca) a vu le jour afin de soutenir les enseignants et d'exiger la démission du gouverneur. Les sympathisants de l'APPO ont occupé des bâtiments officiels, des stations de radio et des chaînes de télévision. Selon certaines informations, des fonctionnaires de la police de l'État, qui intervenaient souvent en civil, ont tiré à plusieurs reprises sur des personnes apportant leur soutien à l'APPO, faisant au moins deux morts et de nombreux blessés. Les partisans de l'APPO ont alors érigé des barricades dans le centre-ville. Selon les informations recueillies, la police de l'État a arrêté arbitrairement plusieurs enseignants et partisans de l'APPO durant les événements. Ces personnes auraient été détenues au secret et torturées, puis poursuivies sur la base d'éléments apparemment forgés de toutes pièces.
À la fin du mois d'octobre, la police de l'État et la police municipale auraient attaqué plusieurs barricades érigées par des sympathisants de l'APPO, faisant trois morts et de nombreux blessés parmi la population civile. Quelque 4500 membres de la Police fédérale préventive (PFP) sont alors intervenus, faisant usage de gaz lacrymogène, de matraques et de canons à eau. Certains manifestants ont répondu violemment, et des dizaines de personnes ont été arrêtées. D'après les informations dont dispose Amnesty International, un grand nombre ont été frappées et menacées par la PFP alors qu'elles étaient détenues, et au moins 19 agents de la PFP ont été blessés. En novembre, des affrontements entre protestataires et policiers se sont soldés par l'arrestation de plus de 140 personnes, dont beaucoup n'avaient apparemment commis aucune violence. Des dizaines d'entre elles auraient été frappées durant leur détention et se seraient vu refuser tout contact avec leurs proches ou avec un avocat. Elles n'auraient pas non plus bénéficié de soins médicaux. Plus de 90 étaient toujours détenues à la fin de l'année.
Les enseignants ont repris le travail au début du mois de novembre. Certains ont toutefois été menacés ou risquaient d'être arrêtés. En décembre, de très nombreux responsables et sympathisants de l'APPO étaient sous le coup de mandats d'arrêt émis durant le mouvement de protestation, dans certains cas, semble-t-il, sur la base d'éléments fabriqués de toutes pièces. On craignait que des personnes ayant pris part à la protestation de manière pacifique ne soient arrêtées et soumises à des procédures judiciaires inéquitables. Au moins 17 civils ont trouvé la mort durant les événements, et des dizaines d'autres ont été blessés. À la fin de l'année, ni les autorités fédérales ni celles de l'État d'Oaxaca n'avaient mené de véritable enquête sur les allégations faisant état de graves violations des droits humains.
• Le 27 octobre, le journaliste américain Bradley Roland Will a été tué par balle sur une barricade alors qu'il filmait un affrontement entre des manifestants et des hommes armés ultérieurement identifiés comme des membres du parti au pouvoir dans l'État. Deux de ces derniers ont été interpellés, puis remis en liberté sans inculpation à l'issue d'une enquête dont on pouvait craindre qu'elle n'ait pas été équitable et qui a conclu à la responsabilité des sympathisants de l'APPO.
• Jorge Alberto López Bernal est mort le 29 octobre après avoir été atteint par une grenade lacrymogène tirée, semble-t-il, par la PFP. Les autorités fédérales n'ont pas ouvert d'enquête pénale sur ces allégations, pas plus que sur d'autres cas de violations présumées des droits humains commises par des fonctionnaires de la PFP.
Utilisation d'une force excessive dans le cadre de la sécurité publique
Dans de nombreux endroits du pays, la présence d'une criminalité violente de grande ampleur, souvent liée au trafic de stupéfiants, mettait en péril la sécurité publique. De graves violations des droits humains ont été perpétrées lorsque la police est intervenue pour réprimer les mouvements de protestation.
• En avril, la police fédérale et la police de l'État ont évacué des mineurs en grève qui bloquaient l'accès de l'usine métallurgique de Lázaro Cárdenas (État de Michoacán). De violents affrontements se sont ensuivis, au cours desquels José Luis Castillo Zúñiga et Héctor Álvarez Gómez ont été abattus par la police. Cinquante-quatre personnes, parmi lesquelles des policiers, ont également été blessées. En octobre, la Commission nationale des droits humains a conclu que la police fédérale et la police de l'État avaient agi en infraction à la loi et fait usage d'une force excessive. Elle a demandé l'ouverture d'une enquête pénale mais les autorités n'ont pas donné suite à cette recommandation.
• Le 3 mai, des affrontements ont éclaté à Texcoco entre des manifestants et la police de l'État de Mexico. Une importante opération de police (fédérale et de l'État) a alors été déclenchée dans la ville voisine de San Salvador Atenco, durant laquelle plusieurs agents auraient été retenus en otages. Les forces de l'ordre ont ouvert le feu contre les habitants et utilisé matraques et gaz lacrymogène. Pas moins de 211 personnes ont été interpellées au cours des deux jours, parmi lesquelles un grand nombre auraient été frappées et torturées durant leur transfert à la prison de l'État. À la fin de l'année, 26 personnes accusées d'enlèvement étaient toujours détenues. Dans plusieurs cas cependant, de sérieux doutes pouvaient être émis sur la fiabilité des éléments de preuve présentés et sur l'équité de la procédure judiciaire engagée. Magdalena Durán, une femme qui avait obtenu gain de cause devant un tribunal fédéral à qui elle avait présenté un recours contre sa détention arbitraire, restait néanmoins privée de liberté. À la fin de l'année, plusieurs fonctionnaires de la police de l'État faisaient l'objet d'une enquête pour coups et blessures.
Violences contre les femmes
La violence contre les femmes et la discrimination liée au genre demeuraient très répandues dans tout le pays. La Commission spéciale de la Chambre des députés relative au « féminicide » a rendu public un important rapport sur les meurtres de femmes dans 10 États. Ce document a mis en évidence les manquements systématiques des gouvernements locaux, qui ne collectent pas d'informations dignes de foi sur les violences liées au genre et ne mettent pas en place des mesures efficaces pour prévenir de tels actes ni pour les sanctionner. La Chambre des députés a adopté une loi renforçant le droit des femmes de ne pas être soumises à la violence. En février a été créé le service de la procureure spéciale chargée d'enquêter sur les violences contre les femmes, de prévenir ces violences et de les réprimer.
De nouveaux cas de meurtres de femmes ont été signalés à Ciudad Juárez et à Chihuahua. Les autorités de l'État de Chihuahua ont adopté des mesures permettant une meilleure intervention dans les nouveaux cas d'homicide. Un grand nombre d'affaires antérieures ne faisaient toutefois l'objet d'aucune poursuite, et aucun des fonctionnaires responsables de défaillances lors des premières enquêtes menées n'a été tenu d'en rendre compte. Les services du procureur général de la République ont achevé les investigations ouvertes dans les premières affaires, mais n'ont pas reconnu l'ampleur de la violence liée au genre constatée à Ciudad Juárez pendant treize années. Des voix se sont élevées pour dénoncer ce qui pourrait être considéré comme une tentative de minimiser l'importance des meurtres et des enlèvements de femmes perpétrés dans la ville.
• En juin, David Meza Argueta a été acquitté du meurtre de Nayra Azucena Cervantes, commis à Chihuahua en 2003. Cet homme détenu depuis deux ans et demi avait « avoué » les faits, mais apparemment après avoir été torturé par la police judiciaire de l'État de Chihuahua. Il a déposé une plainte et deux fonctionnaires de police auraient été suspendus définitivement de leurs fonctions pour avoir eu recours à la torture durant l'enquête.
• Lors de l'intervention des forces de police à San Salvador Atenco (État de Mexico), en mai, 47 femmes ont été interpellées et conduites en prison. Au moins 26 d'entre elles ont porté plainte auprès de la Commission nationale des droits humains, affirmant qu'elles avaient été violées ou agressées sexuellement par des policiers lors de leur transfert. À l'issue d'une enquête ouverte au niveau de l'État, des charges mineures ont été retenues contre l'un des responsables présumés.
Détention arbitraire, torture et procédures judiciaires inéquitables
La détention arbitraire, la torture, les mauvais traitements et les violations des droits des suspects restaient monnaie courante. Les tribunaux continuaient à fermer les yeux sur ces abus. Il n'était pas rare que les personnes interpellées se voient refuser la possibilité de consulter un avocat dans les premiers moments de leur privation de liberté. Le droit de bénéficier d'une défense efficace n'était bien souvent pas garanti lorsque des avocats commis d'office intervenaient. Les personnes les plus pauvres et les plus démunies, comme les indigènes, étaient fréquemment jugées sans que les normes élémentaires en matière de procédure équitable soient respectées.
• Aureliano Álvarez Gómez et Tiburcio Gómez Pérez, deux indigènes, ont été appréhendés en mai pour leur implication présumée dans un enlèvement commis dans la municipalité de Huitiupán (État du Chiapas). Aucun mandat d'arrêt n'a été présenté, et les deux hommes auraient été passés à tabac durant l'interrogatoire conduit par la police judiciaire de l'État. Ils n'ont pas été autorisés à bénéficier d'une aide judiciaire et, bien qu'ils n'aient pas été inculpés, ils ont été placés en détention sur ordre du procureur de l'État durant plus de cinquante jours. Des juristes d'une organisation locale de défense des droits humains se sont vu refuser quatre jours durant l'autorisation de leur rendre visite. Ils ont finalement pu les rencontrer, mais en présence de tiers et sans avoir la possibilité de consigner les marques visibles des blessures qu'ils présentaient. Inculpés en juin, Aureliano Álvarez Gómez et Tiburcio Gómez Pérez ont été placés en détention provisoire à la prison d'Amate, où ils ont été torturés par d'autres détenus avec, semble-t-il, l'assentiment des autorités pénitentiaires. À la connaissance d'Amnesty International, aucune enquête n'avait été ouverte à la fin de l'année sur la façon dont les deux hommes ont été traités.
• Le 4 mai, José Gregorio Arnulfo Pacheco a été frappé et roué de coups de pied par des fonctionnaires de la police de l'État venus l'arrêter à son domicile, à San Salvador Atenco. Des médecins qui l'ont examiné par la suite ont constaté qu'il avait des côtes cassées, des lésions à la trachée artère, le crâne fêlé et d'importantes contusions. Le juge ayant reconnu qu'il était incapable physiquement d'avoir commis les infractions qui lui étaient reprochées, il a été remis en liberté à la fin du mois de juillet. À la fin de l'année, il n'avait pas été statué sur le recours déposé par le ministère public contre cette décision.
Journalistes et défenseurs des droits humains
Dix journalistes ont été assassinés et de nombreux autres ont reçu des menaces, simplement pour avoir exercé leur métier, semblait-il. Ceux qui enquêtaient sur les réseaux de criminalité organisée étaient particulièrement en danger. Les investigations menées par un procureur fédéral spécial n'ont pas débouché sur l'ouverture de poursuites contre les responsables présumés de ces actes. De nouveaux cas d'intimidation et de harcèlement judiciaire contre des défenseurs des droits humains ont été signalés dans plusieurs États.
• En septembre, la Cour suprême du Mexique a ordonné l'ouverture d'une enquête sur les détournements de procédure qui ont conduit à l'ouverture, en décembre 2005, de poursuites judiciaires pour diffamation contre la journaliste et militante des droits des femmes Lydia Cacho. L'enquête n'était pas terminée à la fin de l'année.
• En janvier, Martín Barrios, de la Commission des droits humains et des droits des travailleurs de la vallée de Tehuacán (État de Puebla), a été remis en liberté. Son maintien en détention même après l'abandon des charges de chantage qui pesaient indûment sur lui, avaient suscité des protestations nationales et internationales. Un mois plus tard, cet homme et d'autres membres de la Commission auraient été menacés de mort en raison de leurs activités en faveur des droits humains.
Violations des droits humains commises dans le passé et impunité
Comme on le redoutait, la Fiscalía especial para los movimientos sociales y políticos del pasado (FEMOSPP, Bureau du procureur spécial pour les mouvements sociaux et politiques du passé) - mise en place pour enquêter sur les graves violations des droits humains perpétrées durant la « guerre sale » qui a déchiré le pays entre les années 1960 et les années 1980 - n'a pas abouti dans son action. Selon les informations recueillies, l'armée ne coopérait guère avec la FEMOSPP et celle-ci n'a pas remis en cause la compétence de la justice militaire, ce qui a garanti l'impunité de nombreux responsables de l'armée accusés de violations des droits humains. Le gouvernement de Vincente Fox a néanmoins estimé que la FEMOSPP avait rempli sa tâche et a ordonné sa fermeture en novembre.
En février, un projet de rapport élaboré par la division de la FEMOSPP chargée de la vérité historique a été mis en ligne. Ce document, qui n'était pas destiné à être rendu public, recensait plus de 700 cas de disparition forcée, plus de 100 exécutions extrajudiciaires et plus de 2000 cas de torture commis par l'armée et les forces de sécurité durant la « guerre sale ». Peu de temps avant la prise de fonctions de la nouvelle équipe présidentielle, une version retravaillée du rapport a été officiellement rendue publique sur Internet. Le gouvernement a toutefois refusé de la reprendre à son compte, de faire circuler ses conclusions et de garantir que les victimes et leurs proches auraient accès à la vérité et à la justice, et bénéficieraient de réparations.
• Statuant en appel, un tribunal fédéral a estimé, en novembre, que les charges de génocide retenues contre l'ancien président Luis Echeverría dans le cadre de l'affaire du massacre de Tlatelolco (1968) n'étaient pas prescrites.
• Les poursuites entamées contre Miguel Nazar Haro, ancien chef de la Direction fédérale de la sécurité, et contre d'autres responsables des forces de sécurité accusés de la disparition forcée, en 1976, de Jesús Piedra Ibarra, ont été abandonnées au mois de mai. Après le classement d'une autre affaire de violation des droits humains remontant aux années 1970 dans laquelle Miguel Nazar Haro était mis en cause, la mesure d'assignation à domicile qui le frappait a été levée par décision de justice en septembre.
Droits économiques, sociaux et culturels
Le Comité des droits économiques, sociaux et culturels [ONU] a relevé que malgré les efforts du Mexique, 40 millions de personnes vivaient toujours dans la pauvreté, en particulier des membres des populations indigènes et d'autres groupes socialement défavorisés.
• Dans l'État de Guerrero, les populations indigènes et les communautés paysannes menacées d'expulsion forcée par le projet de construction du barrage de la Parota ont été soumises à de nouveaux actes d'intimidation. Les travaux avaient été suspendus par décision de justice.
Visites d'Amnesty International
Posté le 12.05.2007 par kabylieazouzanet
Ce n'est de loin pas un secret, la très puissante CIA, la Central Intelligence Agency américaine, chasse le terrorisme aux quatre coins de la planète.
Dans sa traque implacable, elle arrête, emprisonne, torture des dizaines de personnes soupçonnées d'activités terroristes. C'est ce dont l'accuse l’organisation Human Rights Watch. On dit aussi que les Américains font usage d'anciennes prisons désaffectées d'ex-Europe de l'Est, région qui n'en manque pas, pour y maintenir ces suspects au secret et à l'abri des lois. Et bien sûr, les avions qui transportent ces prisonniers particuliers font escale dans nos aéroports, celui de Cointrin par exemple, en 2003 puis en 2004.Le gouvernement américain ne confirme rien mais, aux Etats-Unis, les partisans de Georges Bush répètent qu'on ne fait pas la chasse aux terrorisme avec des bons sentiments.
Les fuites révélées par le Sonntags Blick du 8 janvier dernier ont remis en lumière des pratiques jusqu'ici supposées et dont on parle maintenant à voix haute.
Au nom de l'éradication du terrorisme, la CIA a-t-elle tous les droits? La fin justifie-t-elle vraiment tous les moyens? Que peuvent faire la Suisse, d’où est venue la dernière révélation via ses services secrets, et le CICR, dépositaire des Conventions de Genève? Protester, demander des explications?
Posté le 19.04.2007 par kabylieazouzanet
La kabylie, 27 ans après le printemps berbère
Que reste-t-il du 20 avril ?
Avril est un mois particulier pour la Kabylie et pour tous les militants de la démocratie, des libertés et du combat identitaire. Du printemps berbère au printemps noir, il ne reste plus rien ou presque. 27 ans après l’interdiction d’une conférence de Mouloud Mammeri à l’université de Tizi Ouzou, c’est l’administration, et par ricochet le pouvoir, qui célèbre cette date symbolique.
En dehors du programme de festivités organisées par la direction de la culture de wilaya et un groupe d’associations, ainsi qu’une marche à laquelle a appelé le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK) de Ferhat M’henni, rien n’a été fait par les traditionnels acteurs de la scène politique locale. Tout le monde semble avoir les yeux braqués sur les prochaines échéances électorales. Il faut dire qu’aujourd’hui, rares sont les personnes qui évoquent encore la symbolique de ce 20 avril 1980. Même les événements qui ont endeuillé la Kabylie en 2001, avec plus de 120 morts, ne font plus recette. Engluée dans une multitude de problèmes, tels que le chômage, la délinquance, la criminalité, le sous-développement, la Kabylie semble avoir perdu tous les repères. Les partis à fort ancrage local ne font parler d’eux qu’à chaque rendez-vous électoral, alors que le mouvement des archs qui avait occupé la scène depuis 2001 est devenu amorphe. D’autres partis, très proches du pouvoir, font parler d’eux, occupent la scène, au moment où d’autres, encore inconnus, tentent de grignoter quelques parts de l’audience. L’approche des élections et la situation sécuritaire ne peuvent expliquer cette absence de commémoration d’une date symbolique comme le 20 avril 1980. Cela n’intéresse peut-être plus personne de parler du printemps berbère ou du printemps noir. Tamazight ne fait plus recette. Les idéaux de justice, de liberté, de démocratie qui ont toujours été scandés par des milliers de manifestants depuis 1980, seront sans doute défendus ailleurs que dans les rues de Tizi Ouzou ou de Béjaïa. C’est peut-être aussi cela la réconciliation nationale chère à Bouteflika.