droit de l homme
Posté le 21.06.2008 par kabylieazouzanet
L’Observatoire de la FIDH a été informé par le Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT) des nouveaux actes de harcèlement et du refoulement de Mme Sihem Bensedrine, porte-parole du CNLT et secrétaire générale de l’Observatoire pour la liberté de presse, de création et de création (OLPEC), ainsi que de M. Omar Mestiri, directeur de la rédaction du journal Kalima.
L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), vous prie d’intervenir de toute urgence sur la situation suivante en Tunisie.
Description des faits :
Selon les informations reçues, le 18 juin 2008, Mme Sihem Bensedrine et M. Omar Mestiri, son mari, ont été refoulés par la police des frontières algérienne alors qu’ils franchissaient le poste frontalier de Oum Tboul à proximité de Tabarka (nord-ouest de la Tunisie), pour une visite privée en Algérie.
Mme Bensedrine et M. Mestiri ont été retenus durant plus de deux heures et demi et se sont finalement vus notifier cette mesure de refoulement, sans qu’aucune explication sur la raison qui a motivé ce refoulement ne leur ait été fournie.
Sur leur route vers l’Algérie, Mme Bensedrine et M. Mestiri ont constaté une surveillance policière ainsi qu’une présence de la police politique tunisienne inaccoutumée au poste frontière côté tunisien. Cette surveillance s’est également poursuivie sur le chemin du retour. Ils ont également noté des échanges téléphoniques entre les deux polices alors qu’ils attendaient au poste frontière.
L’Observatoire exprime sa plus vive préoccupation eu égard à ces actes de harcèlement à l’encontre de Mme Sihem Bensedrine et de M. Omar Mestiri, et considère qu’ils visent uniquement à sanctionner leurs activités en faveur des droits de l’Homme.
L’Observatoire déplore plus généralement la violence croissante avec laquelle les autorités tunisiennes répriment toute personne qui promeut et défend les droits de l’Homme, et rappelle que conformément à l’article 1 de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1998, “chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international”.
Actions demandées :
L’Observatoire vous prie de bien vouloir écrire aux autorités tunisiennes en leur demandant de :
I. Garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de Mme Sihem Bensedrine et de M. Omar Mestiri ;
II. Veiller à ce qu’un terme soit mis à toute forme de menaces et de harcèlement à l’encontre de Mme Sihem Bensedrine et de M. Omar Mestiri et de tous les défenseurs des droits de l’Homme tunisiens ;
III. Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement à son article 1 susmentionné, son article 6(b), selon lequel “chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, conformément aux instruments internationaux relatifs aux droits de l’Homme et autres instruments internationaux applicables, de publier, communiquer à autrui ou diffuser librement des idées, informations et connaissances sur tous les droits de l’Homme et toutes les libertés fondamentales”, et son article 12.2 qui dispose que “l’Etat prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association avec d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration” ;
IV. Plus généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par la Tunisie.
Adresses :
M. Zine el-Abidine Ben Ali, Président de la République, Palais de Carthage, 2016 Carthage, Tunisie, Fax : +216 71 744 721 ou +216 71 731 009
M. Mohamed Ghannouchi, Premier Ministre, Secrétariat Général du Gouvernement, Rue de la Kasbah, 1008 Tunis, Tunisie, Fax : +216 71 562 378
M. Rafik Belhaj Kacem, Ministère de l’Intérieur et du Développement local, Avenue Habib Bourguiba, 1001 Tunis, Tunisie, Fax : ++ 216 71 340 888 ; Email : mint@ministeres.tn
M. Kamel Morjane, Ministère de la Défense Nationale, Avenue Bab Mnara, La Kasbah, 1008 Tunis, Tunisie, Fax : +216 71 561 804
M. Bechir Tekkari, Ministère de la Justice et des Droits de l’homme, 57, Boulevard Bab Benat, 1006 Tunis, Tunisie, Fax : +216 71 568 106 ; Email : mju@ministeres.tn
Ambassadeur, S.E M. Samir Labidi, Mission permanente de la Tunisie auprès de l’Office des Nations Unies à Genève, 58 Rue Moillebeau, Case postale 272, 1211 Genève 19, Suisse, Fax : +41 22 734 06 63 ; Email : mission.tunisia@ties.itu.int
Ambassade de la Tunisie à Bruxelles, 278 avenue de Tervueren, 1150 Woluwe-Saint-Pierre, Belgique, Fax : + 32 2 771 94 33 ; Email : amb.detenusie@brutele.be
Prière d’écrire également aux représentations diplomatiques de Tunisie dans vos pays respectifs.
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Genève - Paris, le 20 juin 2008
Merci de bien vouloir informer l’Observatoire de toutes actions entreprises en indiquant le code de cet appel.
L’Observatoire, programme de la FIDH et de l’OMCT, a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’Homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible.
L’Observatoire a été lauréat 1998 du prix des Droits de l’Homme de la République Française.
Pour contacter l’Observatoire, appeler La Ligne d’Urgence :
E-mail : Appeals@fidh-omct.org
Tel et fax FIDH : 33 1 43 55 20 11 / 33 1 43 55 18 80
Tel et fax OMCT : + 41 22 809 49 39 / 41 22 809 49 29
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Posté le 21.06.2008 par kabylieazouzanet
Par Moncef Marzouki
Alors que de nombreux touristes français et des milliers de Franco-Tunisiens s’apprêtent à traverser la Méditerranée pour aller bronzer tranquillement sur les plages de la "douce Tunisie", manger le "bon couscous" à l’harissa, boire du thé à la menthe à "Sidi Bou" et respirer l’odeur du jasmin, le Général Ben Ali vient de réprimer dans le sang les "révoltes populaires" de Redeyef dans le Sud du pays et tout ça dans une quasi-indifférence de la communauté internationale. Une indignation sélective qui choquera sans doute certains d’entre nous.
Mais, il est vrai que la Tunisie n’est ni le Tibet, ni le Darfour. En somme, Ben Ali fait figure de "dictateur recommandable" et les quelques balles perdues dans les corps meurtris des jeunes tunisiens ne sont qu’un "détail"au regard de la contribution de la dictature tunisienne au nouvel ordre mondial.
Le gouvernement tunisien vient de donner sa version des faits survenus le 6 juin à Redeyef, ville du bassin minier du sud tunisien en ébullition depuis des mois. La voici : « Des actes de violence ont été commis par certains individus dans la région de Redeyef (gouvernorat de Gafsa). … Des informations sont parvenues, vendredi, aux autorités que des éléments étaient en train de fabriquer des cocktails Molotov en vue de les utiliser dans des actes de vandalisme, ce qui a imposé l’intervention des Forces de sécurité qui ont essuyé des jets de ces engins incendiaires. …Malgré les mises en garde lancées, conformément à la loi, par les Forces de l’ordre, les éléments perturbateurs n’ont pas obtempéré, obligeant les forces de sécurité à intervenir. …Ces événements ont entraîné la mort d’un élément perturbateur. Cinq autres ont été blessés ainsi que trois agents de l’ordre » (extrait du communiqué officiel).
Ce qui frappe d’abord dans ce communiqué officiel, c’est le gros mensonge sur le déroulement des évènements.
Celui qui a été abattu par des policiers, ayant reçu l’ordre de tirer sur la foule à balles réelles, est mort en effet avec une balle dans le dos.
Mais le plus scandaleux, c’est que le mort (plutôt l’assassiné) n’est pas considéré comme un être humain, un compatriote, un jeune homme de 18 ans qui comme nous tous a une identité. Non, ce n’est qu’un "élément perturbateur" (Moushagheb en arabe), qualificatif sensé le réduire à ses justes proportions, lui et les autre éléments non moins perturbateurs, blessés et portant les noms omis de Ismail Rahali, Bouali Khalfi, Helmi Amaidi, et Khaled Rahali.
La moindre décence aurait exigé que le communiqué du régime respecte le mort en citant son nom, et en montrant le minimum de compassion humaine, par exemple en exprimant ne fût ce que le soupçon de regret devant, allez disons, un regrettable accident.
Haro donc sur l’anonyme perturbateur qui a attaqué les forces de l’ordre ! Néanmoins, nul doute que les autorités tunisiennes confieront à une commission bidon (à l’instar de celles sur la torture, ou les prisons dans les années 1990.) la tâche de confirmer son statut et sa responsabilité.
L’indignation maîtrisée et en réfléchissant à ce terme d’élément perturbateur, j’ai été frappé par le fait que nous sommes peut être face à une sorte de transfert.
En effet, à y regarder de près ne pouvons nous pas affirmer qu’en Tunisie, et ce depuis vingt ans, le plus grand élément perturbateur est un homme qui s’appelle le Général des services secrets Zine El Abidine Ben Ali ?
Voici mes arguments pour renvoyer ce terme à ses utilisateurs un peu trop imprudents.
Les astronomes et les météorologues utilisent le concept de fenêtre de lancement pour décrire et délimiter une période du temps où des actions déterminés sont possibles. Quand cette fenêtre se ferme, il devient inutile ou impossible, pour des raisons dus à la mécanique céleste ou aux caprices du temps, de lancer la fusée ou une action de sauvetage.
De la même façon, il existe aussi en politique des fenêtres, pour lancer une révolution ou des réformes. Avant, c’est trop tôt, après, c’est trop tard.
Pour la Tunisie la fenêtre de lancement des réformes qui auraient pu en faire le premier Etat démocratique arabe, s’est ouverte à la fin des années 1970.
De facto plutôt que de jurer, les choses ont commencé à bouger dans le bon sens.
Le pays se dotait de vrais partis politiques indépendants, de la première Ligue des droits de l’Homme du monde arabe, d’un embryon de presse libre, sans parler du renforcement de son traditionnel mouvement syndical libre. La société en ébullition piaffait d’impatience devant les tergiversations de Bourguiba, récalcitrant mais non hostile à la démocratisation exigée de tous.
C’est sur cette volonté générale de voir s’accélérer ces prémisses de réformes, que se fit la large acceptation du coup d’Etat médical, le 7 novembre 1987, promettant d’aller plus vite et plus loin dans le réformisme amorcé.
En fait le coup d’Etat n’allait pas accélérer le processus, mais fermer pour deux décennies la fenêtre de lancement.
A dater de ce jour fatidique de novembre 1987, le sens de l’Histoire allait s’inverser sous le prétexte fallacieux de la lute contre l’islamisme. Au lieu du processus démocratique promis, allait se mettre en place inexorablement un processus lent et insidieux de mise en place d’une dictature maffioso –policière de la pire espèce.
A l’époque aucun acteur politique ne le savait, et tous tant que nous sommes étaient loin de deviner ce que cet homme maléfique nous préparait ainsi qu’au pays. Mais aujourd’hui, on sait et on peut reconstituer l’ensemble de la trajectoire.
Faisons le à partir de la grille de lecture que le communiqué nous a suggéré.
On peut dire que le général des services de renseignement Ben Ali a induit dans le pays en évolution, trois types de perturbations.
La première a touché les mots , les idées et les valeurs .A force de double langage , de promesses, de subterfuges, d’escroqueries en tout genre , Ben Ali a su entretenir dans le pays et à l’étranger une confusion permanente sur la vraie nature du système. Il a pu aussi perturbé l’opposition en la divisant, la manipulant, et la stérilisant par le miroitement d’un changement digne de l’ère qui en porte le nom. Vingt ans après, alors que tout le jeu est épuisé et le roi complètement nu, des gens bêtes ou faisant semblant de l’être, continuent à quémander, à supputer dans le marc du café des réformes imminentes, à atteindre le prochain remaniement et le prochain 7 novembre ou faire de l’opposition dans le mouchoir de poche autorisé et selon les règles que le dictateur change en permanence à son avantage.
La seconde perturbation a frappé de plein fouet les rouages de l’Etat conquis de l’intérieur. Certes l’Etat de Bourguiba était autoritaire mais il était aussi honnête, patriotique et dévolu au service public. A partir de 1987 (prise de pouvoir de Ben Ali), et de façon planifiée, le fonctionnement normal des partis, de la presse , de la culture , de l’information , de la vie associative , voire de la police et de la justice , et des douanes a été soit bloqué, soit perverti pour servir le pouvoir personnel et les intérêts catégoriels.
La troisième perturbation a porté sur l’économie. Jamais canular n’a été mieux vendu que celui du "miracle économique tunisien" sous la dictature. Un taux de croissance de 7 % depuis les années 1960, un peuple industrieux, une économie diversifiée, tel était l’héritage de Bourguiba. On feint d’oublier que si les années 1990 ont été des années "fastes",ce n’est pas à cause du dictateur mais le résultat de vingt années d’éducation nationale première priorité budgétaire et de planning familial . A l’arrivée, un peuple éduqué et une constante baisse de pression sur le marché du logement et du travail. C’est cette belle mécanique que le général Ben Ali a perturbé en introduisant le loup de la corruption dans la bergerie du travail et de l’épargne.
Ce fléau associé dans l’esprit du peuple à cet homme et à sa famille, n’a pas simplement affaibli le système bancaire, ruiné d’honnêtes commerçants, bradé pour une bouchée de pain les entreprises nationales. Il a surtout perturbé l’image du travail en tant que valeur et gangrené deux systèmes qui faisaient la fierté des Tunisiens : le système de santé et surtout le système éducatif.
Aujourd’hui, les émeutes de la faim du Sud, l’effondrement de la classe moyenne, l’arrogante richesse des parvenus, la désespérance d’une jeunesse qui ne rêve que de partir, même sur le bateau de la mort, ont définitivement enterré ce mythe savamment entretenu.
Tout cela est maintenant parfaitement admis sauf par ceux qui ont intérêt à faire les sourds et les aveugles. Ce qui reste nimbé de mystère, c’est la quantité de souffrance que cette dictature a infligé au pays. Qui peut quantifier la douleur des parents de "l’élément perturbateur", de tous les torturés, les exilés, les condamnés à vivre dans la peur et le désespoir.
Oui, Monsieur Sarkozy, les perturbations profondes induites par cet homme, à qui vous avez apporté récemment un soutien total et que vous voyez pièce maîtresse dans votre beau projet d’Union méditerranéenne, sont catastrophiques pour notre peuple et hélas irrémédiables pour un certain Hafnaoui Ben Ridha Bel Hafnaoui, mort au seuil de ses vingt ans. Lui, mort sous les balles de Ben Ali, n’aura pas la "chance" de connaître l’Union méditerranéenne, dont vous êtes pourtant le promoteur.
De toutes les façons, que personne ne se fasse d’illusions sur le devenir de cet homme et de son système.
Les peuples, sont des organismes vivants. Ils peuvent souffrir longtemps d’une infection, mais quand celles-ci ne les tuent pas, c’est le virus qui a perturbé leur santé qui finit tôt au tard par être circonscrit.
Le processus de guérison de la Tunisie est en cours et rien ne l’arrêtera.
Source URL : http://www.groupelavenir.net/spip.php?article18730
Moncef Marzouki est médecin, écrivain et homme politique tunisien. Il contribue par ses nombreux écrits à construire un discours d’intégration de la démocratie et des droits de l’homme dans la culture arabe.
Posté le 09.05.2008 par kabylieazouzanet
Deux responsables d'un hebdomadaire de l'opposition légale tunisienne Rachid Khechana et Monji Ellouze, poursuivent une «grève de la faim illimitée» pour dénoncer les harcèlements dont leur journal, Al-Mawkef, fait l'objet selon eux, de la part du pouvoir, au moment où la Tunisie célèbre, à l'instar de la communauté internationale la Journée mondiale de la liberté de la presse.
Depuis le 14 mars dernier, quatre éditions d'Al-Mawkef, organe hebdomadaire du Parti démocratique progressiste (PDP) ont été saisies et ses comptes en banque bloqués, sans aucune explication.
En signe de protestation, des membres du personnel ainsi que des activistes du PDP ont décidé de distribuer eux-mêmes le dernier numéro dans les rues de la capitale Tunis.
Khechana, rédacteur en chef d'Al-Mawkef, un des trois journaux d'opposition qui subsistent en Tunisie et Secrétaire général adjoint du PDP, passera le 10 mai en justice avec Chebbi, Directeur de la publication, pour répondre de pertes à hauteur de plusieurs centaines de milliers de dollars que le journal aurait causé à des distributeurs d'huile alimentaire, Al-Mawkef ayant publié que leurs produits étaient frelatés et demandé qu'ils soient soumis à des analyses.
Ces sociétés réclament 500 000 dinars (274 000 Euros) de dommages et intérêts. En cas de condamnation, le journal devra fermer.
«La situation est intolérable, notre journal ne reçoit pas de publicités, ne vit que de ses ventes et se retrouve aujourd'hui menacé de disparition», déclarait fin avril Khechana lors d'une conférence de presse tenue au siège du PDP, deux jours avant la visite de Nicolas Sarkozy en Tunisie.
Khechana, 55 ans, et Ellouze, 59 ans, avaient justifié la grève de la faim comme «ultime moyen de défense», indiquant que des dirigeants du PDP, dont la Secrétaire générale Maya Jeribi, avaient tenté de vendre le journal à la criée dans le rues de Tunis pour protester contre «la censure déguisée».
L'Union Nationale des Journalistes Tunisiens, constituée en janvier dernier, vient de publier un manuel de formation et un guide de référence sur les questions liées aux « reportages sur les Droits de l'Homme ».
Ce manuel, qui attendait d'être publié depuis 2006, n'avait reçu son autorisation de publication que le mois dernier, lorsque le gouvernement avait levé l'interdiction qui frappait de nombreux ouvrages en Tunisie.
«Le Code de la presse comprend entre 40 et 50 chapitres restrictifs», a déclaré à APA samedi un journaliste tunisien qui pense que la Tunisie devrait plutôt «créer une charte nationale des médias qui rassemble toutes les parties ».
Le 3 avril dernier, une cour d'appel de Tunis a confirmé la condamnation à un an de prison du journaliste Slim Boukhdhir.
Boukhdhir, qui travaille pour le quotidien londonien Al-Quds Al-Arabi et pour la chaîne de télévision Al-Arabiya, a été initialement condamné à de la prison en décembre 2007 pour «comportement insultant envers un fonctionnaire dans l'exercice de ses fonctions » après une altercation avec un policier qui le suivait.
Certains ont rapporté que le procès de Boukhdhir était «une vraie farce, le juge n'accordant aucune attention aux avocats de la défense».
Le président tunisien avait déclaré vendredi que l'Etat s'est employé à «développer ce secteur (de la presse) à la faveur des multiples décisions et mesures qui ont touché ses différents aspects juridique, réglementaire et politique ».
Le président Ben Ali estime que ceci « a permis d'enrichir le paysage médiatique en Tunisie, de consolider ses potentialités humaines et techniques, et de le doter de tous les moyens à même de promouvoir son rôle dans l'enracinement des fondements de la démocratie, l'approfondissement de l'esprit de dialogue et de consensus, et dans le soutien de notre processus de développement ».
Les propos du président français Nicolas Sarkozy affirmant que «l'espace des libertés progresse » en Tunisie ont suscité un tollé chez les défenseurs des droits de l'Homme en France et en Tunisie.
«Si des garanties ont été données à monsieur Sarkozy pour que les libertés progressent, tant mieux ! C'est notre demande », s'est étonné Mokhtar Trifi, président de la Ligue tunisienne des Droits de l'Homme (LTDH).
«Malheureusement, sur le terrain, nous n'avons pas remarqué de progrès notables, c'est peut-être même le contraire qui se passe en réalité aujourd'hui », a-t-il ajouté.
Posté le 08.05.2008 par kabylieazouzanet
Cet après-midi, du mercredi 7 mai, les quelque 30 000 habitants de Redeyef, principale ville du bassin minier de Gafsa à 400 km au Sud de Tunis, lourdement assiégés par la police, se sont concertés pour décider de tous quitter la ville, afin, disent-ils, de « laisser Redeyef aux policiers ». D’après plusieurs sources directes, ce sont plusieurs centaines d’habitants qui ont commencé depuis 18 H environ à quitter effectivement les lieux, emmenant des objets de première nécessité, partant dans plusieurs directions à la fois.
Ce nouvel évènement suit l’électrocution par les autorités et les forces de police de deux jeunes, mardi 6 mai, à l'intérieur d'un générateur électrique desservant les ateliers de la compagnie des phosphates de Gafsa. Ceux-ci l’occupaient avec leur groupe de jeunes chômeurs pour stopper l'alimentation d'une partie des installations de la Compagnie et protester par cette action spectaculaire contre le non respect par les autorités préfectorales d'un engagement stipulant le recrutement d'un certain nombre de chômeurs au sein de la Compagnie. L’un est décédé et l’autre est dans le coma.
Depuis le 5 janvier 2008 l 'ensemble de la région de Gafsa connaît un fort mouvement social porté largement par la population et réprimé par les autorités. Il est quasi impossible de se rendre actuellement dans le bassin minier.
Posté le 14.04.2008 par kabylieazouzanet
Nojoud Muhammed Nasser a huit ans aussi, et le mercredi 2 avril, elle est arrivée seule à la Cour de justice de Sanaá au Yémen afin d’essayer de trouver un juge qui accepte de poursuivre son père qui l’a mariée de force à un homme de 30 ans. L’enfant demande aussi le divorce pour abus sexuel et violences domestiques.
Selon la loi yéménite, Nojoud de par son âge, n’a pas le droit de poursuivre en justice, cependant un juge a accepté d’écouter sa plainte et a mis le père et le mari en garde à vue.
“Mon père me battait et disait que je devais épouser cet homme, autrement je serais violée et aucun Sheikh dans le pays ne pourra rien pour moi. J’ai refusé, mais ils m’ont quand même mariée” a déclaré Nojoud au journal Yemen Times. “J’ai supplié ma mère, mon père et ma tante pour qu’ils m’aident à divorcer et ils ont répondu qu’ils ne pouvaient rien faire mais que je pouvais me rendre à la cour toute seule si je voulais.” Et c’est précisément ce qu’elle fit.
Nojoud dit avoir subi des agressions sexuelles par son mari. “Il me fait de mauvaises choses, et je n’avais aucune idée de ce en quoi un mariage consiste. Je me sauvais en courant d’une pièce à l’autre mais il finissait par m’attraper, me battre et me faire ce qu’il voulait. J’ai tant pleuré mais personne ne m’écoutait.”
“Lorsque je voulais jouer dehors, il me battait et me demandait d’aller avec lui dans la chambre. Cela a duré deux mois “raconte Nojoud Nasser.
Thamer, le mari, admet avoir eu des relations intimes avec elle, mais estime qu’il n’a rien fait de mal car elle est légalement sa femme. Si le juge insiste pour qu’il divorce , il acceptera. Pour le moment, aucune charge n’est retenue contre le mari ni contre le père. Le mari restera en garde à vue le temps de l’enquête, mais le père a été libéré.
Posté le 12.04.2008 par kabylieazouzanet
Egypte, Maroc, Cameroun, Cote-d'Ivoire, Mauritanie, Sénégal,Burkina Faso : la carte des émeute de la faim s'étend comme une tache de sang sur un corps mutilé. Les dernières prévisions de l'Union Européenne selon lesquelles l'Afrique risque d'être la région la plus touchée par le « choc alimentaire" mondial qui se profile sont en train de se réaliser.
Pour endiguer les menaces d'explosion sociale, nombre de gouvernements prennent des mesures désordonnées, jugées très insuffisantes.
Afrique, Asie, Amérique latine... La flambée des prix des denrées agricoles de base provoque des tensions sociales de plus en plus fortes, qui couvent un peu partout comme dans une gigantesque Cocotte-Minute. Le commissaire européen au Développement, Louis Michel, s'est montré franchement alarmiste. « Un choc alimentaire mondial se profile, moins visible que le choc pétrolier, mais avec l'effet potentiel d'un vrai tsunami économique et humanitaire en Afrique », a-t-il averti, à l'issue d'une rencontre avec le président de la commission de l'Union africaine, Jean Ping.
En Afrique, la grogne sociale se diffuse rapidement. Les émeutes contre le coût de la vie ont fait 40 morts au Cameroun en février et généré de violents incidents en Côte d'Ivoire, en Mauritanie et au Sénégal. Au Burkina Faso, plusieurs syndicats ont lancé hier une grève générale de deux jours.
Dans un rapport publié lundi, la Banque des règlements internationaux (BRI) tirait aussi la sonnette d'alarme : « Le poids de la nourriture dans les dépenses des ménages est élevé en Afrique. Cela veut dire que la hausse des prix mondiaux peut avoir un impact majeur sur les revenus réels. »
Haïti, le pays le plus pauvre des Amériques, est aussi touché de plein fouet. Des milliers de personnes ont manifesté à Port-au-Prince. En Asie, l'envol du prix du riz exaspère de plus en plus les populations, contraignant les gouvernements, paniqués par les risques de déstabilisation, à réagir dans l'urgence. Au Bangladesh, grand importateur de riz, où les familles les plus pauvres consacrent 70 % de leurs revenus à la nourriture, l'explosion des prix constitue une vraie menace pour la survie du gouvernement intérimaire.
Pour endiguer les menaces d'explosion sociale, l'armée philippine distribue du riz dans les quartiers pauvres de Manille. Le gouvernement indonésien, obsédé par l'élection présidentielle de l'an prochain, promet lui aussi de distribuer du riz et subventionne désormais l'huile de cuisson. Mais ces mesures désordonnées et de court terme paraissent très insuffisantes à de nombreux experts.
En outre, les grands pays producteurs réduisent leurs exportations pour protéger leur marché intérieur, poussant davantage encore les prix mondiaux à la hausse. La suspension annoncée des exportations de riz de l'Inde (troisième exportateur mondial), elle-même confrontée à une forte inflation, a généré une nouvelle poussée de fièvre. De la Chine à l'Union européenne en passant par les Philippines, il n'y a qu'un seul mot d'ordre désormais : stimuler la production agricole.
Posté le 10.04.2008 par kabylieazouzanet
L'opposition zimbabwéenne ne participera pas à un éventuel second tour à la présidentielle, réclamé par le parti au pouvoir, a déclaré jeudi 10 avril le secrétaire général du Mouvement pour le changement démocratique (MDC).
"Nous ne participerons pas à un second tour parce que nous avons remporté le premier tour haut la main et qu'il n'y a pas besoin d'un second tour", a déclaré Tendai Biti, lors d'une conférence de presse à Johannesburg.
"Nous n'accepterons pas un second tour qui, pour nous, reviendrait à piétiner la volonté du peuple", a-t-il ajouté.
Le résultat de l'élection présidentielle n'est toujours pas connu jeudi, 12 jours après le scrutin. Le candidat du MDC, Morgan Tsvangirai a cependant revendiqué dès samedi la victoire au premier tour.
Plus tôt dans la journée, le président américain George W. Bush a appelé les autorités électorales du Zimbabwe à publier les résultats de l'élection "dès que possible", selon la Maison Blanche.
Au cours d'une conversation téléphonique avec le chef de l'Etat tanzanien Jakaya Kikwete, George Bush a "réitéré les appels des Etats-Unis pour que la commission électorale zimbabwéenne publie les résultats de l'élection présidentielle dès que possible et qu'ils soient conformes à la volonté du peuple", a déclaré un porte-parole de la Maison Blanche, Gordon Johndroe.
Posté le 01.04.2008 par kabylieazouzanet

Les élections générales du 29 mars devaient être un dernier plébiscite pour Mugabe, elles auront été celles qui enterrent un système devenu si impopulaire qu'il était devenu impossible de lui confectionner un plan de "sauvetage"... En dépit de toutes les manipulations et du découpage électoral, le monde a assisté, ces dernières quarante-huit heures, aux convulsions d'une dynastie à l'agonie. Au lendemain des élections générales du 29 mars, l'opposition au régime du président Robert Mugabe revendique une ample victoire. Les résultats officiels se font attendre mais l'opposition crie victoire et affirme que son candidat, Morgan Tsvangirai, aurait "massacré" l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (ZANU-PF), le parti présidentiel... Celui-ci avait pourtant procédé à un découpage des circonscriptions électorales rurales, généralement acquises à Mugabe, pour accorder deux fois plus de poids au vote rural par rapport au vote urbain. Il avait également manipulé les listes électorales et la répartition des bureaux de vote, mais deux éléments significatifs ont annulé l'effet de ces mesures : une participation importante des électeurs des zones urbaines et une faible participation dans les circonscriptions rurales (15 % ou moins).
Le parti de Mugabe avait également sous-estimé l'effet Makoni [ex-ministre de Mugabe, il a quitté la ZANU-PF pour se présenter à la présidentielle], qui a obtenu de bien meilleurs résultats que ce à quoi on s'attendait.
Posté le 13.03.2008 par kabylieazouzanet
Genève-Paris, le 1er février 2008. L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, un programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), condamne vivement la poursuite des actes de répression à l’encontre des journalistes tunisiens et des étudiants syndicalistes.
En effet, le 18 janvier 2008, le tribunal de Sakiet Ezzit dans la banlieue de Sfax a confirmé en appel la condamnation du journaliste Slim Boukhdir, correspondant du journal panarabe basé à Londres Al Quds Al Arabi et du site Internet de la chaîne de télévision satellitaire Al-Arabiya, et membre fondateur de l’association de défense des libertés “Liberté et équité”, à un an de prison ferme pour “outrage à fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions”, “atteinte aux bonnes mœurs” et “refus de présenter ses papiers d’identité” [1]. Les avocats du journaliste, ainsi que des représentants d’organisations locales et internationales de défense des droits de l’homme qui ont suivi le procès en première instance et en appel, ont dénoncé de nombreux vices de procédure, en particulier le refus du tribunal de convoquer les témoins de la défense. M. Slim Boukdhir, qui œuvre pour la liberté de la presse et la liberté d’expression depuis plusieurs années, est une nouvelle fois victime de la politique de persécution et de harcèlement des autorités tunisiennes. D’après nos informations, M. Slim Boukdhir était détenu depuis le début de son incarcération dans des conditions déplorables et ses avocats et sa famille se sont vus refuser le droit de lui rendre visite plusieurs fois sans raison légitime. L’Observatoire se félicite que ses conditions de détention aient récemment été améliorées, mais déplore que M. Boukdhir soit maintenu à l’isolement.
Par ailleurs, une nouvelle vague d’arrestations et de poursuites judiciaires a également touché plusieurs étudiants membres de l’Union générale des étudiants tunisiens (UGET). Actuellement, l’UGET compterait 49 étudiants victimes d’arrestations et de détention, de licenciements abusifs, de poursuites et condamnations abusives ou tombant sous le coup de mandats de recherche. Ces étudiants seraient harcelés en raison de leurs activités syndicales et de l’exercice de leur droit à la liberté d’expression et d’association.
Enfin, l’Observatoire déplore l’interdiction de séjour opposée par les autorités algériennes, suite aux pressions exercées par Tunis, à M. Taoufik Ben Brik, journaliste connu pour ses activités de défense des droits de l’Homme qui venait à Alger présenter un de ses ouvrages.
Les actes de harcèlement visant M. Slim Boukhdir, M. Taoufik Ben Brik et les membres de l’UGET sont les dernières en date d’une série d’inculpations, d’arrestations et de harcèlement visant à museler les journalistes indépendants et les opposants pacifiques aux autorités tunisiennes. Par conséquent, l’Observatoire demande aux autorités tunisiennes de garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de M. Slim Boukdhir et de procéder à sa libération immédiate et inconditionnelle dans la mesure où sa détention est arbitraire puisqu’elle vise à sanctionner ses activités de défense des droits de l’Homme.
Par ailleurs, l’Observatoire prie les autorités tunisiennes de cesser tout acte de répression envers M. Slim Boukhdir, M. Taoufik Ben Brik, les membres de l’UGET et l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme et de rétablir les dialogues avec eux, de se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1998, et, plus généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par la Tunisie .
Posté le 22.02.2008 par kabylieazouzanet
Le ministre d’Etat britannique des Affaires étrangères et du Commonwealth, Kim Howells, a exclu hier la publication par les Nations unies du rapport élaboré, en 2006, par le Haut commissariat aux droits de l’homme (le Conseil des droits de l’homme actuellement) sur la situation des droits humains au Sahara occidental.
Kim Howells a précisé que « le Haut commissariat a élaboré son rapport en septembre 2006 (...), néanmoins, l’ONU maintient sa décision de la non-publication de ce rapport, dès lors que nous ne nous attendions pas à ce qu’il le soit », a-t-il dit. Il n’a cependant pas précisé les raisons pour lesquelles les Nations unies persistent à garder le rapport confidentiel, en dépit des appels incessants des organisations des droits de l’homme pour sa publication, ni les démarches que le Royaume-Uni pourrait entreprendre dans ce sens. La France qui soutient le Maroc dans sa colonisation du Sahara occidental serait, croit-on savoir, derrière la décision de la non-publication du document. Contacté, El Khalil Sid M’hamed, ministre des Territoires occupés sahraouis, a estimé que « la Grande-Bretagne ne peut que condamner le caractère colonial et génocidaire au Sahara occidental et être en faveur de la publication du rapport du Haut commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, en tant que membre du Conseil de sécurité ». Le ministre sahraoui a tenu à rappeler que le rapport de la commission onusienne (HCDH) sur le Sahara occidental a « mis en lumière les exactions marocaines » et le « déni de justice », dont est victime le peuple sahraoui. Il a également averti que l’Onu qui se trouve depuis 17 ans au Sahara occidental a une responsabilité pour superviser un référendum d’autodétermination et faire aboutir le processus de décolonisation. La commission du HCDH, qui avait élaboré le rapport après une visite dans les territoires occupés du Sahara occidental en mai 2006, avait mis en lumière les violations des droits de l’homme commises par le Maroc. Le rapport du HCDH affirmait même que l’autodétermination est un « droit fondamental » du peuple sahraoui qui doit en jouir « sans plus de retard ». Mais la publication de ce rapport n’a pas vu le jour sous la pression de certains pays qui continuent de soutenir le colonisateur du Sahara occidental. Il reste que cette fâcheuse annonce du ministre intervient au moment du lancement d’une vaste campagne de solidarité au sein de la chambre basse du Parlement britannique en faveur de la cause juste du peuple sahraoui en lutte pour son droit à l’autodétermination, conformément aux décisions de la légalité internationale. En novembre 2007, des dizaines de députés avaient signé une motion sur la situation des droits de l’homme dans les territoires occupés du Sahara occidental. Les députés britanniques ont exhorté leur gouvernement « à continuer à œuvrer pour garantir la libération de tous les détenus d’opinion sahraouie et permettre l’accès des observateurs internationaux et des médias aux territoires occupés ». La motion appelle le gouvernement britannique à poursuivre « le soutien des efforts onusiens afin de parvenir à un règlement juste du conflit du Sahara occidental (...) garantissant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination ».