france
Posté le 29.02.2008 par kabylieazouzanet
« Je m’engage à ne jamais serrer la main de quiconque ne reconnaîtrait pas Israël »: voilà ce que vient de déclarer le président français.
Durant la campagne présidentielle, les opposants répétaient à l’envi que Sarkozy est un homme caractériel et lunatique, alors que ses courtisans le présentaient comme l’homme providentiel pour une France qui doute de l’avenir. Après huit mois aux manettes, Sarkozy multiplie les frasques, donnant, de facto, raison aux premiers, tout en embarrassant les seconds qui retiennent leur souffle à chacune des sorties médiatiques de leur champion. Lâché pour ne pas dire lynché par la presse, en chute libre dans les sondages, Sarkozy perd pied, alimente la polémique et laisse perplexe sa cour. Diversion ou perdition ? Dans les deux cas le président français inquiète. Non sans raisons. Prenons pour exemple que les plus récentes. En effet, Sarkozy vient de jeter un nouveau pavé dans la mare en proposant que dès la prochaine entrée scolaire chaque élève la de CM2 devrait être associé à un enfant victime de la Shoah. L’annonce a eu l’effet d’une bombe chez les enseignants et les historiens. Même Simone Veil, gardienne du temple de la mémoire des déportés juifs, a tiré la sonnette d’alarme en qualifiant cette proposition de « dramatique » et « d’injuste ». Pour honorer la mémoire des enfants juifs morts dans les camps nazis, les enfants français devraient, selon Sarkozy, porter la tunique de Nessus. « Inimaginable » s’indignait encore Simone Veil. La proposition a été in fine rejetée par les instances concernées. Mais, ce n’est que partie remise.
Faut-il préciser, que le président français n’a jamais caché sa sympathie pour Israël, qu’importe d’ailleurs si ce pays outrepasse les limites de l’entendement international. Sarkozy, ne c’était pas d’ailleurs, fendu, du temps où il était encore ministre de l’intérieur, d’une déclaration d’amour à Israël sur une chaine de télé française à grande audience alors que Tsahal larguait ses bombes sur la population libanaise, pendant la guerre contre le Hizbollah. « Je suis l’ami d’Israël » avait-il lancé sur TF1. Les libanais qui comptaient leurs morts entre temps ont surement apprécié ce petit rappel. Qu’il tienne à Israël, c’est son droit, mais de là à en faire une obsession, il y a de quoi s’interroger. Ce qui est les cas des tunisiens, qui s’apprêtent à le recevoir bientôt dans leur pays. Un journal français en ligne (1), relaye le désarroi du gouvernement tunisien, suite à une déclaration pour le moins indélicate de Sarkozy lors du diner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), qui est passé inaperçue. « Je m’engage à ne jamais serrer la main de quiconque ne reconnaîtrait pas Israël » (sic !) avait-il à l’adresse des invités. Soit. Mais qu’en sera-t-il pour ceux qui dénient le droit aux Palestiniens de vivre dans un Etat libre et souverain ? Motus, bouche cousue. Pas de poignée de mains donc avec les opposants. Une petite accolade peut-être, realpolitik oblige. D’autant, que cette énième glissade, met hors d’eux, les armuriers de l’hexagone, pour qui le business ne doit pas s’encombrer de considérations sentimentales.
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Posté le 10.05.2007 par kabylieazouzanet
Lettre à tous ceux qui aiment la démocratie !
Vous, apprenez à voir, plutôt que de rester
Les yeux ronds. Agissez au lieu de bavarder
Voilà ce qui aurait pour un peu dominé le monde !
Les peuples en ont eu raison, mais il ne faut
Pas nous chanter victoire, il est encore trop tôt !
Le ventre est encore fécond, d'où a surgi la bête immonde
(Bertolt Brecht, extrait de "La Résistible ascension d'Arturo Ui")
Les Français ont voté pour Nicolas Sarkozy à hauteur de 31,18 % de voix. Mais savent-ils qui il est réellement, ce qu'il cache. Se rendent-ils compte de la dangerosité de la politique qu'il veut mener, une politique d'exclusion, de division et de restriction de toutes les libertés. C'est pourquoi nous lançons un appel à la raison en refusant de cautionner une politique aussi totalitaire et répressive.
A tous ceux qui croient encore aux valeurs démocratiques et à la devise qui nous est si chère "Liberté, Egalité, Fraternité". En effet, que signifie l'expression "République saine" (cf. programme) si ce n'est un retour sur le devant de la scène de mots oubliés tels que "épuration ethnique", "eugénisme" dignes d'être prononcés par le chef d'un parti néo-nazi. Que doit-on voir derrière ses propos sur le déterminisme génétique sinon une volonté de mener, à terme, une politique de sélection des gènes. L'Histoire nous donne des leçons sur le danger et les dérives que celà entraîne. Serons-nous encore en démocratie si l'on défend des idées aussi dangereuses ?
A tous ceux qui croient en une véritable égalité des chances. La politique de l'UMP est une hypocrisie collective. Sarkozy n'est pas une exception. Rappelons qu'il fut le premier à soutenir le CPE et qu'il a ensuite retourné sa veste après la contestation étudiante et les manifestations nationales. Ce qui se prépare est pire que le CPE. Il faut s'attendre à une politique en faveur du grand patronnat, comme il l'a toujours fait. Aurait-il omis de dire, durant sa campagne, qu'il était un ultra-libéral, un admirateur du modèle américain, ce même modèle qui laisse aujourd'hui tant de gens sur le carreau, pendant que d'autres s'enrichissent à outrance ?
A tous ceux qui veulent sauver le système éducatif et protéger leurs enfants. Rappelons aussi qu'en 2006, il avait soumis, à l'Assemblée Nationale, une proposition de loi sur le dépistage de la délinquance chez les enfants de moins de trois ans, avec le soutien de l'INSERM. Cette loi n'a pas été ratifiée grâce au combat admirable de l'association "Pas de zéro de conduite" composée de membres éminents du monde médical tels que Boris Cyrulnik ou Françoise Dolto. Mais que va-t-il se passer si Nicolas Sarkozy est élu président ? Souhaitons-nous véritablement cela pour l'avenir de nos enfants ? Nous ne pouvons pas fermer les yeux sur des idées aussi dangereuses. Nous en voyons les conséquences aux Etats-Unis : ouvertures de centres de redressement avec encadrement militaire, le scandale de Tranquility Bay, ou encore traitements médicamenteux pour des enfants jugés potentiellement violents, à base de ritaline reconnue plus forte que la cocaïne. ON NE NAIT PAS DELINQUANT, pas plus qu'il n'y a de gène de la violence. Elle n'est que la conséquence d ela misère sociale. En soutenant Sarkozy, nous jouons avec le feu.
A tous ceux qui veulent une justice équitable et indépendante. En effet, que doit-on comprendre lorsqu'il affirme vouloir convier le peuple français au jugement des délits les plus graves ? Est-ce cela une véritable justice ? Cette loi, si elle était aplliquée, laisserait la porte ouverte à une justice arbitraire, faisant appel aux sentiments et non à la raison. La justice se doit d'être la plus impartiale possible et ne doit en aucun cas être soumise à l'opinion publique. Cette idée est absolument contraire aux valeurs de la république. A quoi nous pouvons ajouter la réforme sur l'ordonnance des mineurs de 1945, qui soumettrait ceux-ci au même statut qu'un condamné majeur. Est-ce acceptable dans une nation dite démocratique ?
A tous ceux qui croient en la liberté d'expression. Il faut savoir que de nombreux journaux, chaînes de télévision et radios soutiennent Nicolas Sarkozy par le biais de leurs patrons tels Arnaud Lagardère, Martin Bouygues ou Jean-Pierre Elkabach, qui font partie de l'entourage du candidat de l'UMP. Ainsi, peut-on sincèrement croire à une juste représentation des idées politiques de chaque candidat ainsi qu'à une réelle objectivité médiatique. Récemment encore, il s'est insurgé contre des journalistes de france 3 quin ne l'avaient pas fait passer le premier à la loge, ayant estimé qu'il s'agissait d'un manque de respect et a déclaré que lorsqu'il serait élu président, ils seraient tous virés. Est-ce un comportement digne d'un candidat à l'élection présidentielle ou n'est-ce pas plutôt une attitude de dictateur ? En élisant Sarkozy, nous devons nous attendre à un contrôle total de tous les médias, à la manière de l'ORTF de De Gaulle. "Quand la presse est muselée, le bruit des bottes n'est pas loin": l'état policier qu'il propose conduira à des excès et à une progressive disparition de chacune de nos libertés.
A tous ceux qui veulent une véritable politique sociale. Avec la politique ultra-libérale du candidat de l'UMP, nous verrons disparaître notre système de santé avec, à terme, la suppression d ela Sécurité sociale. Nous aurons une médecine à deux vitesses, où seuls les gens aisés pourront se soigner tandis que d'autres seront susceptibles de mourir d'une grippe, faute de moyens.
Enfin, à tous ceux qui veulent un monde d epaix et d'union. Nicolas Sarkozy attise la haine en faisant de l'immigré le bouc-émissaire responsable de tous les maux de la société, il entretient l'amalgame entre musulmans et délinquants, entre délinquants et terroristes. Que signifie la création d'un ministère de l'immigration et de l'identité nationale ? La France est en crise et se trouve prête à céder à tous les extrémismes. Nous avons déjà connu ce schéma après le krash de 1929 et nous en avons payé le prix fort. Rappelons également que le même Sarkozy avait premièrement soutenu l'intervention américaine en Irak, et qu'encore une fois il avait changé d'avis suite à la forte opposition des français à cette guerre. Mais que se passra-t-il s'il obtient le pouvoir ? Il se révèlera au grand our et nous serons à la botte des Etats-Unis. Les pires scénarios sont à imaginer. Autant d'opportunisme et de démagogie sont parfaitement inacceptables.
Arthur Kosler le disait bien : "On ne construit pas le paradis avec du béton armé" (cf. Le zéro et l'infini). Sarkozy dit vouloir construire un rêve. Si nous ne nous réveillons pas à temps, c'est un cauchemar que nous vivrons après le 6 mai 2007 et le lever sera très brutal.
La donne peut changer. Tout n'est pas définitivement joué. Exprimez-vous pendant qu'il en est encore temps, en refusant la politique de Nicolas Sarkozy. La démocratie est fragile, sauvons-la avant qu'il ne soit trop tard !!!
Posté le 10.05.2007 par kabylieazouzanet
Il n'endossera ses habits de président de la République que le 16 mai, après la passation de pouvoir avec Jacques Chirac. En attendant, Nicolas Sarkozy s'offre quelques moments de repos à Malte, sur un yacht appartenant à Vincent Bolloré. Le président de l'UMP est arrivé sur l'île méditerranéenne lundi à bord d'un avion privé. Sa "retraite" s'achevera mercredi soir.
Nicolas Sarkozy, avec son fils Louis, au large des côtes maltaises. (Reuters)
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Tout savoir sur le yacht Paloma sur lequel se repose Nicolas Sarkozy La villa du comédien Christian Clavier, proche de Nicolas Sarkozy, a bénéficié d'un joli coup de projecteur. Ce grand terrain proche de Porto Vecchio, en Corse, était donné favori pour abriter les quelques jours de repos que souhaitent s'accorder le président de la République fraîchement élu. Les photographes avaient déjà capturé les lieux. Mais Nicolas Sarkozy n'a finalement pas choisi l'île de Beauté, qu'il a beaucoup fréquentée durant la campagne. Il est en effet arrivé lundi à Malte, tandis qu'une partie de la presse le cherchait vainement en Corse.
Il a débarqué d'un avion privé à La Valette. En veste et en jean, Nicolas Sarkozy a surpris les douaniers lorsqu'il s'est présenté dans la zone normale de contrôle des passeports. D'après des témoins, il a adressé des clins d'oeil aux autres passagers, surpris eux aussi de se trouver à côté du président élu, accompagné de son épouse Cécilia, de son fils Louis ainsi que de quelques proches. Son lieu de résidence exact n'a pas été dévoilé. Mais il séjourne à bord d'un yacht de soixante mètres, amarré à côté d'un bateau appartenant au milliardaire russe Roman Abramovitch, propriétaire du club de Chelsea.
Comme Napoléon...
Accompagné notamment de son épouse Cécilia et de leur fils Louis, 10 ans, il aurait entrepris une croisière dès lundi après-midi autour des côtes maltaises. De là, il pourrait effectuer un crochet par la Grèce ou encore la Corse. Cette visite surprise rappelle une autre arrivée française inattendue. En route pour sa campagne d'Egypte, Napoléon avait pris l'île aux Chevaliers de Saint-Jean en 1798... Le futur chef de l'Etat devrait cependant être de retour à Paris dès mercredi soir, selon Claude Guéant qui était jusqu'à dimanche son directeur de campagne, pour assister jeudi aux cérémonies, dans les jardins du Luxembourg, marquant la Journée de l'abolition de l'esclavage.
Des photographes de presse ont vu à l'aide de téléobjectifs un homme à la proue du navire qui semblait être Nicolas Sarkozy, vêtu d'un tee-shirt rayé bleu et blanc. Un peu plus tard, ils ont aperçu son fils sur le pont, en compagnie de son père. Un patrouilleur de la marine maltaise était le long du yacht, le "Paloma". Dans l'après-midi de mardi, Nicolas Sarkozy s'est offert un bain de mer avant de remonter à bord. Plus tard, il a retrouvé la terre ferme pour son footing quotidien effectué en compagnie de son collaborateur Frédéric Lefebvre et sous escorte policière.
Du repos pour "habiter la fonction"
Le gouvernement maltais et l'ambassade de France ignoraient la venue de Nicolas Sarkozy sur l'île, rapporte mardi le Times of Malta citant des sources gouvernementales. Le yacht de Nicolas Sarkozy, dont le site du magazine Capital indique qu'il appartient à l'homme d'affaires Vincent Bolloré, a mouillé durant la nuit à Delimara Bay, là où s'était tenu en décembre 1989 un sommet entre le président George Bush (père) et Mikhaïl Gorbatchev. Construit en 1985 par un chantier naval japonais, le navire a été acheté par Bolloré à une famille d'armateurs grecs pour 3,5 millions de dollars. Il comprend sept cabines et peut accueillir 12 invités en plus des 17 hommes d'équipage. Son pont supérieur possède un jacuzzi, ajoute Capital.fr.
Interrogé sur la présence du futur chef de l'Etat à Malte, Claude Guéant, son ex-directeur de campagne, est resté très discret lundi soir sur France 2. "Je ne sais pas, donc je ne peux ni confirmer, ni démentir", a-t-il dit. "Nicolas Sarkozy nous a demandé de respecter le secret de sa résidence et je respecte ce secret", a-t-il ajouté. En cas d'accession à la magistrature suprême, le patron de l'UMP avait annoncé qu'il s'octroierait quelques jours de repos pour "habiter la fonction, prendre la mesure de la gravité des charges" pesant sur ses épaules et "prendre la distance nécessaire" avec les tourments de la campagne.
A Malte "pour réparer une gaffe"
"Je suis ici pour réparer une gaffe et faire amende honorable". Voilà ce qu'aurait assuré Nicolas Sarkozy au responsable du protocole venu l'accueillir lundi à son arrivée à Malte. En effet, dans un discours prononcé le 7 février à Toulon, Nicolas Sarkozy avait souligné sa volonté de renforcer le front méditerranéen à l'intérieur de l'Union européenne en omettant de citer Malte. Cela n'avait pas manqué d'être relevé par l'ambassadeur maltais à Paris...
Sa passation de pouvoir avec le président Jacques Chirac est toujours prévue le mercredi 16 mai. Il a aussi programmé de tenir un conseil national de l'UMP lundi 14, notamment afin d'organiser sa succession à la présidence du parti. Jusqu'à cette photo avec son fils Louis à Malte, la dernière image de Nicolas Sarkozy élu remontait au lundi midi, lorsqu'il quittait, en jean, le palace Fouquet's, sur les Champs-Elysées.
Posté le 10.05.2007 par kabylieazouzanet
Peut-on récompenser Sarkozy pour l'arnaque du Siècle ?
En effet, il a réussi à se faire élire Président de la république Française alors qu'il n'est qu'un imposteur, toute sa vie il a réussi à tromper les gens autour de lui pour gravir les marches, il a bien fait mieux que n'importe quels arnaqueurs de ce siècle.
Posté le 04.05.2007 par kabylieazouzanet
"Marianne" du 14 avril 2007 fait sa "une" sur Nicolas Sarkozy, le grand favori de l'élection présidentielle, pour en dresser un portrait absolument effrayant, en guise de mise en garde à une semaine du premier tour. Une description en adéquation avec celle que livrait Michel Onfray, suite à son entretien avec lui pour "Philosophie Magazine". Des observateurs comme le journaliste Laurent Bazin ou le sociologue Emmanuel Todd nous avaient déjà gratifiés d'un tel portrait alarmant. Ces attaques successives sont-elles exagérées ? Ou sont-elles, au contraire, parfaitement bien pesées ? Si tel est le cas, il n'est franchement pas raisonnable que Nicolas Sarkozy accède aux plus hautes fonctions de l'Etat.
Parmi les nombreux "dérapages" sarkozystes, le dernier en date, sur le caractère inné de la pédophilie et du suicide adolescent, a mis le feu aux poudres. François Bayrou a jugé ces propos "glaçants". Marianne y voit le "retour terrifiant du concept du gène du crime", la "stupéfiante rémanence de l'idéologie sociobiologique de l'extrême droite païenne", et considère même, en comparaison, que les dérapages de Jean-Marie Le Pen "allaient beaucoup moins loin". L'hebdomadaire rappelle aussi que la proposition sarkozyste de création d'un ministère de l'intégration et de l'identité nationale a réussi à susciter la désapprobation de l'extrême droite autrichienne de Jörg Haider. On ne connaît pas, en revanche, la réaction du "post-fasciste" Gianfranco Fini, préfacier de l'édition italienne du livre de Nicolas Sarkozy, Témoignage...
Le dernier dérapage "génétique" de Sarkozy est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. A moins d'une semaine des élections, alors que le sacre sarkozyste se profile à l'horizon, certaines langues se délient enfin, et avertissent des graves dangers qui pourraient peser sur la démocratie et l'identité française en cas de victoire du patron de l'UMP. La personnalité de Sarkozy inquiète de plus en plus, ainsi que les valeurs qu'il porte. Ses détracteurs n'hésitent plus à s'attaquer à l'homme lui-même, dont ils vont jusqu'à remettre en cause la santé mentale et à souligner la dangerosité des pulsions autocratiques.
De l'agressivité avant toute chose
C'est à une véritable analyse de la psychologie du candidat que Marianne se livre, peut-être inspirée par l'attitude de Michel Onfray sur son blog, dans une note du 3 avril 2007 intitulée "Le cerveau d'un homme de droite". Le philosophe pointait du doigt la nervosité et l'agressivité irrépressibles du ministre de l'Intérieur lors de leur rencontre, qualifiant même sa prestation de "happening hystérique".
Le manque de tact de Sarkozy est connu, qui lui a fait envisager un nettoyage "au Kärcher" de la "racaille" (outrance néanmoins efficace, puisque, selon Sarko lui-même, qui est l'inventeur de ce beau dicton : "Kärcher en septembre, 200 000 adhérents [à l'UMP] en novembre")... Manque de tact qui lui a fait dire aussi que "ce n'est pas la France qui a inventé la solution finale" - le genre de déclaration inutile qui fait du bien à notre diplomatie avec l'Allemagne... Sa vulgarité envers ses collègues n'est pas non plus un grand scoop, lui qui menace de "casser la gueule" à Azouz Begag, le traite de "connard" et de "salaud", appelle joliment Michelle Alliot-Marie "la salope"... Son irrespect des journalistes et l'intimidation qu'il pratique régulièrement sur eux est également connue : il gratifie ainsi du titre d'"enculés" des journalistes de radio, qualifie de "journalistes de merde" ceux de Libération, menace de faire "virer" la direction de France 3 nationale s'il est élu, prend à partie un journaliste du Nouvel Observateur qui a eu le malheur d'enquêter sur lui : "Je ne l'oublierai pas ! Je ne l'oublierai pas !"... Même genre de menaces exercées sur un économiste un peu trop critique, ou un industriel auquel il lance cet avertissement très bushien (initialement christique) : "On est pour moi ou contre moi !"...
Mainmise sur le quatrième pouvoir
Le journaliste Laurent Bazin, contraint de fermer son blog pour sa trop grande liberté de parole, présentait, lui aussi, Sarkozy comme un "homme à craindre et qui sait en imposer aux rédactions comme à ses collègues ministres". Il rappelait l'épisode du renvoi d'Alain Genestar, directeur de la rédaction de Paris-Match, qui avait eu l'outrecuidance de publier la photo de Cécilia Sarkozy aux bras de son amant à New York. dans un titre qui appartient - pas de bol - à un grand ami de Nicolas Sarkozy, Arnaud Lagardère. Le Nouvel Observateur avait déjà mis le doigt sur le "système de tenaille inédit et diablement efficace" conçu par Sarkozy dans les principaux médias, un réseau acquis à sa cause qui va des propriétaires des titres aux directeurs de rédactions, jusqu'aux journalistes de base. Un réseau si efficace qu'il ruine l'idée même d'un quatrième pouvoir indépendant : "La toile tissée par le président de l'UMP, du haut jusqu'au bas de la hiérarchie - et c'est inédit à ce degré -, l'amène à ignorer délibérément la séparation des pouvoirs." Marianne évoque, de son côté, le témoignage privé d'une "star de la télévision" qui craint, en cas de victoire de Sarkozy, un "contrôle quasi totalitaire des médias".
Des velléités pas très démocratiques ?
La crainte peut paraître disproportionnée, presque irrationnelle, mais Sarkozy est bel et bien perçu, par nombre d'observateurs, comme un dictateur en puissance. Marianne, qui le qualifie de "Petit César", rapporte les jugements de la presse européenne, moins soumise à l'intimidation que la presse hexagonale. Une radio suédoise évoque ainsi un "risque de dictature", un journal allemand, le Frankfurter Allgemeine Zeitung, décrit l'ancien premier flic de France comme "l'homme politique le plus ambitieux et le plus impitoyable d'Europe", le Tageszeitung de Berlin parle d'un "George Bush tricolore qui veut imposer en France l'idéologie de la droite néoconservatrice américaine", la presse scandinave y voit "un aventurier néobonapartiste qui représenterait une grave menace pour la démocratie", alors qu'en Italie on rappelle "sa proximité avec la droite post-fasciste de la péninsule"...
Le vote du peuple : un obstacle à contourner
Sarkozy a déjà témoigné de son peu de considération pour le vote du peuple souverain. Alors que le 29 mai 2005, le peuple français a rejeté massivement, à 55 %, le traité établissant une Constitution pour l'Europe, le candidat de l'UMP a osé se prononcer pour la ratification d'une future Constitution allégée par la voie parlementaire ! Cette proposition scandaleuse, antidémocratique, s'asseyant sur le choix des Français, aurait dû normalement provoquer un véritable tollé. Sarkozy a d'ailleurs qualifié le référendum d'acte de démagogie, parole ahurissante passée un peu inaperçue, et que rapportait Nicolas Dupont-Aignan devant Christophe Barbier le 6 mars dernier. L'ex-candidat gaulliste expliquait d'ailleurs que sa rupture avec Sarkozy était venue de son exigence du respect du peuple, qu'il ne retrouvait plus chez le chef de l'UMP. Ségolène Royal et François Bayrou ont au moins le mérite (minimum, il est vrai, car cela devrait aller de soi) de vouloir faire adopter un nouveau traité constitutionnel en réinterrogeant le peuple souverain par le biais d'un autre référendum. A noter tout de même que les trois candidats veulent revenir sur le vote du peuple, qu'ils ne respectent donc pas, dans ce que Dupont-Aignan va jusqu'à qualifier de "coup d'Etat rampant".
Diviser pour régner
Mais revenons aux soi-disant "pulsions autocratiques" de Nicolas Sarkozy, que Marianne croit déceler, et même à sa "folie". Car le "scoop" de l'hebdomadaire dirigé par Jean-François Kahn, c'est que Sarko est fou. Rien que ça... "Cet homme, quelque part, est fou ! Et aussi fragile. Et la nature même de sa folie est de celle qui servit de carburant, dans le passé, à bien des apprentis dictateurs." Sarkozy adopte, en effet, la tactique pas très rassurante qui consiste à diviser pour mieux régner : "Il ne cesse de semer la division", lance Jean-François Probst, ex-secrétaire général adjoint du RPR des Hauts-de-Seine. A l'échelle de son camp politique comme du pays tout entier, Sarkozy divise au lieu de rassembler.
On connaît son refrain sur les gens qui se lèvent tôt le matin et les autres... On sait à quel point il a participé à développer et installer l'idée selon laquelle la France est divisée en communautés, ethniques et religieuses, allant en cela contre l'article premier de la Constitution, qui déclare que "la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale", qui "assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d'origine, de race ou de religion". Le constitutionnaliste Guy Carcassonne commente ainsi cet article premier : "Parce que seuls les individus sont titulaires de droits, égaux, la République ignore les groupes qui, par leur nature, introduiraient des discriminations (de « race », d'origine) entre les personnes. [...] Se trouvent ainsi radicalement bannis aussi bien l'affirmative action, de type américain (consistant, par des discriminations positives, à compenser, ou au moins à combattre, les discriminations négatives dont certains groupes sont victimes), que la reconnaissance de toute minorité constituée, qu'elle soit « ethnique », religieuse ou autre" (La Constitution, introduite et commentée par Guy Carcassonne, 4e édition, 2000, p. 43).
Sarkozy ne respecte pas l'esprit de la Constitution du pays qu'il prétend diriger. Un comble ! Il n'est, certes, pas le seul parmi les candidats à commettre cette lourde faute, mais il est bien le plus communautariste de tous. Sur son site de campagne, on peut apprécier une vidéo (du 26 février 2007) dans laquelle Brice Hortefeux, son principal lieutenant, affirme que "la communauté chinoise" (évidemment parfaitement homogène...) est acquise à son champion, et une autre (du 22 février 2007) où il est dit que "la communauté portugaise" (tout aussi homogène, bien entendu...) se range à fond derrière Sarko... Deux communautés, qui, est-il dit, ont la caractéristique fondamentale de se lever tôt le matin... La boucle est bouclée.
Sarko sur le divan
Mais revenons à Marianne... Un élu de l'UMP, qui le soutient pourtant, concède que Sarkozy "antagonise", "clive", "joue les uns contre les autres avec la plus extrême cruauté". Des chiraquiens comme Henri Cuq et Jérôme Monod vont chercher une explication psychologique à cette fureur de diviser : "Ce garçon n'est pas mûr. Il n'est pas fini. Il a un compte à régler avec la vie qui le pousse à créer de l'affrontement partout, et non à rassembler." Garçon pas mûr... Pas fini... Qui a un compte à régler avec la vie... Il est étonnant de voir à quel point reviennent souvent des considérations aussi intimes sur le personnage, à quel point sont nombreux les observateurs, plus ou moins proches, qui s'interrogent fébrilement sur la solidité psychique de l'homme. Est-ce là pure méchanceté ou légitime inquiétude ? Parmi ses alliés, nombreux sont ceux qui admettent qu'il a "un problème de nerfs, de paranoïa"... Paranoïa : "psychose chronique [...] caractérisée par un délire systématisé et cohérent, à prédominance interprétative (délire de persécution, de grandeur, de jalousie), ne s'accompagnant pas d'affaiblissement intellectuel, évoluant lentement sans aboutir à la démence." C'est rassurant...
Mais laissons là les mauvaises langues, laissons à Sarkozy le soin de parler lui-même de sa personne : "J'étais égoïste, dépourvu de toute humanité, inattentif aux autres, dur, brutal", confie-t-il à la journaliste Catherine Nay, ajoutant tout de même : "Mais j'ai changé !" Ouf ! Il a changé... On l'espère très fort, car élire un président de la République qui se reconnaît "dépourvu de toute humanité", c'est plutôt rock'n roll...
L'obsession de soi
Sarkozy apparaît obsédé par lui-même, par son destin, sa quête du pouvoir. A peu près insensible au reste. Un député UMP confie : "On dit qu'il est narcissique, égotiste. Les mots sont faibles. Jamais je n'ai rencontré une telle capacité à effacer spontanément du paysage tout, absolument tout, ce qui ne renvoie pas à lui-même. Sarko est une sorte d'aveugle au monde extérieur dont le seul regard possible serait tourné vers son monde intérieur. Il se voit, il se voit même constamment, mais il ne voit plus que ça." Le ministre François Goulard compare Sarkozy et Chirac- une comparaison qui s'avère cruelle : "Chirac, lui, a le souci des autres, de l'homme. Sarkozy écrase tout sur son passage. Si les Français savaient vraiment qui il est, il n'y en a pas 5 % qui voteraient pour lui." Sarkozy n'a pas changé aux yeux de tous... Son manque d'humanisme lui colle fortement à la peau.
Sarkozy n'aime pas la France
Le sociologue Emmanuel Todd effectue (dans cette interview face à Jean-Jacques Bourdin) une distinction du même ordre entre Chirac et Sarkozy ; alors que le président sortant lui apparaît comme "un homme qui a le tempérament démocratique", et "pour lequel les hommes sont égaux", son possible successeur lui apparaît, à l'inverse, comme "l'homme des riches", qui "promet d'être dur aux faibles" et "ne croit pas en l'égalité". Différence profonde de valeurs.
Todd va encore plus loin : alors que Chirac est, d'après lui, "ancré dans la tradition française", Sarkozy "ne sait pas ce qu'est la France". Au moment même où Sarkozy amène le thème de l'identité nationale sur le devant de la scène politique et médiatique, le célèbre politologue affirme tranquillement que Sarkozy est "en réel conflit avec l'identité nationale" de la France, pays de l'égalité, du respect de la population, attaché à des valeurs universalistes... qui ne sont manifestement pas celles du candidat de l'UMP. Todd fustige l'atlantisme de l'élu de Neuilly, en complète rupture avec la tradition gaulliste française, dont le point d'orgue fut sa condamnation, lors de sa visite à George W. Bush en septembre 2006, de l'arrogance de la France lors de son refus - pourtant admirable - de la guerre en Irak. Laurent Fabius avait alors trouvé les bons mots : "Nous n'avons pas besoin à la tête de l'Etat de quelqu'un qui se fixe comme programme d'être le futur caniche du président des Etats-Unis."
"La France, on l'aime ou on la quitte", avait lancé Sarkozy, avec sa finesse habituelle. Todd, décidément sans concession, considère que le candidat de la droite n'aime pas la France. Celui qui se dit "fier d'être surnommé Sarkozy l'Américain", qui affirma aux Etats-Unis se sentir souvent "un étranger dans son propre pays", et qui, si souvent, stigmatisa le ringardisme du "modèle français", voulant lui substituer le si moderne modèle anglo-saxon, devrait, en toute logique (sa logique...), se demander si sa place est bien en France.
Inapte au débat
Revenons à la psychologie du chef de l'UMP, à son "abyssale hypertrophie du moi" et à ses conséquences, dont rend compte François Goulard : "Son égotisme, son obsession du moi lui tient lieu de pensée. La critique équivaut pour lui à une déclaration de guerre, qui ne peut se terminer que par la reddition, l'achat ou la mort de l'adversaire." On touche là à un point fondamental. Sarkozy ne semble pas supporter la critique. Et donc le débat, le vrai débat.
Michel Onfray, qui a approché l'animal, et qui était censé débattre avec lui, a fait l'amère expérience de l'impossibilité d'un réel échange avec lui. Sur son blog, il rend compte de cet échec : "Je fais une phrase. Elle est pulvérisée, détruite, cassée, interdite, morcelée", "le débat ne prend pas", "pas d'échanges, mais une machine performante à récuser les questions pour éviter la franche confrontation. Cet homme prend toute opposition de doctrine pour une récusation de sa personne". La démographe Michèle Tribalat, également reçue par Sarkozy, a connu la même mésaventure, et lui a écrit en retour : "J'ai pu apprécier votre conception du débat. Vous n'imaginez pas qu'un autre point de vue (que le vôtre) présente un quelconque intérêt."
Onfray avance une hypothèse sur le mystère Sarkozy (voire celui de tous les grands fauves de la politique) : "La clé du personnage pourrait bien être dans l'affirmation d'autant plus massive de sa subjectivité qu'elle est fragile, incertaine, à conquérir encore. La force affichée masque mal la faiblesse viscérale et vécue." Hypothèse crédible d'une subjectivité fragile, d'autant plus que Sarkozy confie n'avoir "jamais rien entendu d'aussi absurde que la phrase de Socrate « Connais-toi toi-même ». Cet aveu me glace - pour lui", confie à son tour Onfray. En voilà un deuxième que Sarkozy "glace", après Bayrou...
Onfray raconte comment Sarkozy ignore son interlocuteur, en se lançant dans d'interminables monologues, véritable frénésie verbale qui ne laisse guère de place à l'échange : "Il n'arrête plus, se lâche, agresse, tape, cogne, parle tout seul, débit impossible à contenir ou à canaliser. Une, deux, dix, vingt phrases autistes. [...] Poursuite du monologue. Logorrhée interminable. [...] Flots de verbes, flux de mots, jets d'acides". Même impression de la très faible capacité d'écoute du prétendant à l'Elysée chez un autre intellectuel, Pascal Bruckner (pourtant sarkozyste, lui), qui rapporte que, durant leur entretien, Sarkozy "a parlé pratiquement tout seul". Ce dernier confiait au Figaro, en mai 2005, sa méthode de discussion : "Maintenant, dans les réunions publiques, c'est moi qui fais les questions et les réponses et, à la sortie, les gens ont l'impression qu'on s'est vraiment parlé." Un tour de passe-passe à retravailler... les intellos constituant manifestement un public plus coriace et moins dupe des illusions de Sarko le magicien.
Une semaine pour stopper "un destin en marche"
Homme refusant le débat, Nicolas Sarkozy est (sans surprise) le principal responsable de l'absence de confrontation sur Internet avant le premier tour. Le leader des sondages avait sans doute tout à perdre dans une telle opération. Son intérêt a donc primé sur l'exigence d'une large majorité de citoyens, qui attendaient avec impatience ce débat.
Difficile de dire, enfin, si les très graves inquiétudes exprimées à son égard sont pleinement fondées, ou quelque peu fantasmées. En tout cas, jamais un candidat dit "républicain" n'aura suscité autant de doutes et de peurs, et même parfois de haine, au point de faire passer, dans une frange de la population, le Père Fouettard de la scène politique française, Jean-Marie Le Pen, pour un gentil papy inoffensif... Croisons les doigts pour qu'on n'ait pas à choisir entre ces deux-là. le 6 mai. La France mérite sans doute mieux que Sarkozy le fossoyeur.
Posté le 19.04.2007 par kabylieazouzanet
Posté le 19.04.2007 par kabylieazouzanet
Pour resserrer les liens des Etats-Unis avec ses alliés, le projet de Bush est de convertir l'Europe à l'idéologie américaine, avec l'aide de leaders politiques européens comme Nicolas Sarkozy...
Convertir l'Europe à l'idéologie de Bush
Avec leur enlisement en Irak, les Etats-Unis se sont rendu à l'évidence qu'ils avaient besoin d'alliés pour bénéficier d'un minimum de consensus international en leur faveur. L'administration Bush a donc décidé de resserrer les liens avec les alliés européens, mais sans être disposée pour autant à pratiquer davantage le dialogue et la concertation.
La solution imaginée par l'administration Bush pour bénéficier d'un plus large soutien à l'avenir est de convertir l'Europe et sa population à l'idéologie et aux valeurs des néo-conservateurs américains, et en favorisant la prise du pouvoir par des leaders acquis à cette idéologie.
Après la réélection de Bush, on peut donc s'attendre à une poussée du libéral-fascisme américain vers l'Europe. La personnalité politique européenne la plus proche de cette idéologie est Nicolas Sarkozy, qui vient de prendre le contrôle du principal parti de droite en France, le pays le plus réticent à la guerre en Irak, et donc le plus urgent à convertir selon l'administration Bush.
Bush - Sarkozy: même idéologie, mêmes méthodes, mêmes échecs
Nicolas Sarkozy défend les mêmes orientations politiques que George W. Bush: réduction des libertés au nom de la sécurité, accroissement de la répression policière, exaltation du patriotisme, communautarisme et discrimination positive, ultra-libéralisme économique, et retour de la religion dans la politique. Et lorsque Nicolas Sarkozy aura abattu toutes ses cartes, il prônera comme Bush une politique étrangère basée sur la guerre.
Comme Bush, Nicolas Sarkozy a une vision du monde totalement binaire, dans laquelle les choses ne peuvent être que noires ou blanches, bonnes ou mauvaises. Cette logique ne laisse aucune place au dialogue ou à la concertation, toute opposition étant définie comme représentant "le mal".
Nicolas Sarkozy utilise les mêmes méthodes de propagande et de manipulation que Bush: instrumentalisation de la peur, populisme, discours basés sur un nombre très réduit d'idées simples mais martelées des centaines de fois, conformément au principe énoncé par Goebbels, ministre de la propagande d'Hitler: "Répétez un mensonge assez fort et assez longtemps et les gens le croieront".
Comme Bush, Nicolas Sarkozy s'imagine que les imbéciles et les incultes sont majoritaires parmi les électeurs, et que celui qui peut réunir leurs suffrages est assuré d'être élu. Et pour obtenir l'adhésion de cette majorité, les idées simples sont plus efficaces que les arguments complexes.
Mais le simplisme de Bush et de Sarkozy est aussi la conséquence de leur esprit limité. Pour résoudre un "problème", l'un comme l'autre ont pour méthode d'adopter la solution qui apparaît comme la plus simple, la plus rapide, et à première vue la plus efficace, en ne prenant en compte aucune des conséquences de leur action en dehors du problème visé. Ainsi, l'objectif défini par Bush était de prendre le contrôle du pétrole irakien et de démontrer la puissance militaire américaine contre tous les pays qui oseraient s'opposer à eux. Les "solutions" les plus expéditives ont été choisies: invasion militaire de l'Irak, et pratique généralisée de la torture. Mais Bush a superbement ignoré les conséquences sur d'autres domaines tels que le respect du droit international et des droits de l'homme, ainsi que le coût humain, diplomatique et financier de la guerre en Irak.
On retrouve les mêmes méthodes avec Nicolas Sarkozy. Pour lutter contre "l'insécurité", il a choisi la solution la plus simple: renforcer au maximum la répression, en instituant la "tolérance zéro", en équipant massivement les policiers de voitures rapides et de flash-balls, mais en ignorant les conséquences telles que la transformation de ces policiers en des "cow-boys" au comportement fasciste, l'augmentation des violences policières, et le sentiment de révolte des catégories visées par un harcèlement policier continuel. Ce sentiment d'être méprisé a conduit ces catégories à n'avoir plus aucun respect vis à vis des autres et de la société. Le résultat de la politique de Sarkozy a finalement été une augmentation sans précédent des violences aux personnes. Le harcèlement policier a également créé une situation explosive dans les banlieues, à laquelle Sarkozy à ajouté l'étincelle par ses propos irresponsables et haineux (le "karscher" et les "racailles"). Ces propos, conjugués à la mort de deux jeunes innocents qui tentaient d'échapper à des policiers équipés de flash-balls, ont déclenché une insurrection des banlieues pendant 5 semaines en 2005.
Comme pour Bush en Irak, le mépris des conséquences "périphériques" a débouché sur un échec, y compris par rapport à l'objectif "simple" qui était visé. Ainsi, l'Irak est devenu un nouveau foyer de terrorisme et d'instabilité au Moyen-Orient, sa production pétrolière est deux fois inférieure à ce qu'elle était sous Saddam Hussein, et ce qui se voulait une démonstration de la puissance de l'Empire est devenue une démonstration d'impuissance. Et en France, Nicolas Sarkozy a augmenté l'insécurité qu'il prétendait réduire, avec une hausse de 20% des violences aux personnes entre 2002 et 2006. Cette hausse a atteint 70% dans certains départements.
La nouvelle stratégie des "Maîtres du Monde"
Des années 1980 jusqu'en 2000, les "Maîtres du Monde" étaient unis par un "consensus" basé sur le libéralisme économique et une mondialisation multilatérale (c'est à dire où les décisions sont prises de façon concertée par l'ensemble des pays en fonction de leur poids économique). Mais une fraction des Maîtres du Monde liée au lobby militaro-industriel américain a fait le choix d'un autre avenir: celui d'un monde dirigé de façon unilatérale par un Empire Américain désormais entièrement contrôlé par les multinationales.
Depuis l'invasion de l'Irak, les Maîtres du Monde sont divisés entre les partisans du multilatéralisme, et les partisans d'un nouvel ordre mondial fasciste et militariste.
Le premier camp est composé principalement d'Européens, mais il comprend aussi quelques Américains politiquement proches des Démocrates. Le deuxième camp, aujourd'hui majoritaire, est composé principalement d'Américains, mais aussi de quelques Européens.
Les deux groupes continuent néanmoins de partager un objectif commun: l'instauration d'un "nouvel esclavage" grâce au libéralisme économique et à la mondialisation (qui permet l'alignement des salaires par le bas en mettant tous les salariés du monde en concurrence directe).
L'analyse des "libéral-fascistes" est que le monde ne pourra bientôt plus être contrôlé par les méthodes "démocratiques" utilisées dans le passé. L'augmentation de la population mondiale, la raréfaction de ressources essentielles comme l'énergie ou l'eau, les situations de chaos engendrées par la multiplication des catastrophes naturelles, l'accroissement des inégalités entre riches et pauvres, l'augmentation de la délinquance causée par l'exclusion, le développement de la contestation contre le nouvel ordre économique, et la montée de l'Islam sont autant de menaces pour le maintien de l'ordre mondial.
Leur solution est donc de remplacer la démocratie par un régime fasciste, où la religion serait rétablie dans sa fonction "d'opium du peuple".
Quand la sécurité est préférée à la liberté...
La majorité des gens ont aujourd'hui perdu conscience de la valeur de la LIBERTÉ et de la DÉMOCRATIE, qu'ils croient être des acquis. Or la liberté et la démocratie ne sont jamais acquises, menacées en permanence par l'avidité et la soif de pouvoir de quelques uns.
Le désir de confort et de sécurité est devenu plus fort que le désir de liberté. Dans l'espoir illusoire d'un peu plus de sécurité, une majorité de la population est prête à renoncer à la liberté, en oubliant que dans le passé, des millions de gens sont morts pour obtenir ou pour défendre cette liberté.
Quant aux intellectuels et contre-pouvoirs censés défendre les droits de l'homme, ils sont entièrement occupés à défendre des communautés particulières, au lieu de dénoncer les menaces globales contre la démocratie dans les pays occidentaux.
Le terrain est désormais libre pour la conversion idéologique de l'Europe au "libéral-fascisme", la version moderne du fascisme combinée avec le libéralisme économique.