Posté le 07.06.2008 par kabylieazouzanet
Le séisme qui a secoué la ville d’Oran ce soir a fait au moins 11 blessés, selon un premier bilan provisoire fourni par la Protection civile. Selon la même source, ces blessés sont notamment dus à des bousculades à la sortie des immeubles. Plusieurs milliers de personnes ont en effet quitté leurs domiciles après la secousse pour se réfugier dans les rues de la ville ou chez leurs proches qui posséderaient des maisons individuelles de crainte de répliques.
Depuis la secousse, le centre-ville d'Oran est privé d'électricité, selon des habitants. Le séisme a été également ressenti dans plusieurs wilayas de l'ouest du pays : Tlemcen, Sidi-Bel-Abbes, Mostaghanem et Aïn Temouchent. Aucune victime n'a été enregistrée, selon la Protection civile.
Selon le Centre américain spécialisé dans l'activité sismique mondiale, USGS, la magnitude du tremblement de terre a été de 5,6 degrés sur l’échelle ouverte de Richter. Son épicentre a été localisé à 25 kilomètres au nord-ouest d’Oran, selon la même source. Le séisme a été très fortement ressenti dans toute la région, provoquant la panique parmi les habitants.
--
Posté le 07.06.2008 par kabylieazouzanet
L’Association Mondiale des Journaux, qui tient actuellement son 61ème Congrès Mondial des Journaux et le 15ème World Editors Forum à Göteborg, en Suède, condamne avec fermeté la poursuite du harcèlement judiciaire exercé à l’encontre du célèbre dessinateur de presse algérien, Ali Dilem.
Dans le dernier procès en diffamation intenté contre Dilem par le ministère de la Défense, le Procureur général a requis le 1er juin deux mois de prison ferme contre le dessinateur, mais aussi contre l’éditeur du quotidien Liberté, Ali Ouafak, et le directeur de la rédaction, Farid Alilat.
Le dessin humoristique à l’origine de ce procès montrait le Lt. Gen. Mohamed Lamari au moment où il quittait ses fonctions de Chef d’état-major de l’armée algérienne. Il avait été publié par Liberté en juillet 2004.
C’est le troisième procès intenté à Dilem depuis le début de l’année 2008. Il a été condamné à six mois de prison avec sursis dans une affaire, alors que l’autre affaire est jugée en appel. Depuis le début de sa carrière, il y a 19 ans, Dilem a été poursuivi plus de 50 fois, principalement par la Présidence et par les autorités militaires.
En 2001, les amendements connus sous le nom d’“amendements Dilem” ont été apportés au Code de l’information et au Code pénal pour empêcher la publication d’articles portant atteinte au président, au parlement, aux tribunaux et à l’armée, et pour renforcer les sanctions judiciaires infligées aux éditeurs, journalistes et dessinateurs en cas de délit de presse.
Ali Dilem faisait partie des orateurs de la table ronde annuelle de la liberté de la presse qui cette année a examiné et a défendu le droit de la presse à publier des contenus pouvant offenser, choquer et déranger.
L’AMJ et la presse mondiale, actuellement réunies en Suède, appellent les autorités algériennes à faire cesser la campagne de harcèlement contre Dilem et à veiller à ce que toutes les charges retenues contre lui et ses collègues soient abandonnées.
Par ailleurs, l’AMJ appelle les autorités à prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre fin à l’intimidation et à la répression de la presse indépendante en Algérie et à respecter pleinement les standards internationaux de la liberté d’expression.
L’AMJ, l’organisation mondiale de l’industrie de la presse, qui est basée à Paris, défend et promeut la liberté de la presse et les intérêts professionnels et économiques des journaux dans le monde entier. Elle représente 18.000 journaux et regroupe 77 associations nationales d’éditeurs, des entreprises de presse et des directeurs de journaux individuels dans 102 pays, 12 agences de presse et 11 organisations régionales et internationales de médias.
Association Mondiale des Journaux
Posté le 05.06.2008 par kabylieazouzanet
Un mort et des blessés lors d'un double attentat à la bombe commis dans la banlieu de la capitale, à Bordj El kifane aux environs de 16 heures cet apres midi. Les deux bombes de fabrication artisale deposées dans un colis à l'interieur d'un café ont par ailleurs fait au moins une trentaine de blessés parmi les citoyens. Les blessés ont été transferés dans les hopitaux les proches. Aussitôt les bombes ont éxplosé, un climat de panique s'est emparé de la ville d'Alger. Ce double attentat intervient au coeur de la capitale, alors que les forces speciales de l'ANP appuyées par les forces aeroportées ceniturent depuis 48 heures le sud-est de la Kabylie ou la nebuleuse organisation d'Al-Qaeda procéde quotidiennement a des incursions et à des operations de rackett soit par des enlévements, soit par des faux barrages. Cinglant désavoeu pour la politique de reconciliation entamée par le president de la republique A Bouteflika.Depuis le referendum du 29 septembre portant sur la paix et la reconciliation nationale, le Gspc qui s'est désormais affilié à Al-Qaeda Maghreb à redoublé de ferocité faisant des centaines de morts parmi les forces de securité. Cinglant désavoeu egalement aux affirmations megalomaniaques du ministre de l'Interieur qui à declaré à maintes reprises que la situation securitaire est desormais maîtrisée.
Said Radjef
Posté le 01.06.2008 par kabylieazouzanet
Amnesty International dresse un bilan peu reluisant des droits humains dans le monde depuis la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. L’ONG reporte son espoir sur l’émergence de nouveaux dirigeants, notamment aux Etats-Unis ou en Russie. Elle pointe du doigt le manque de libertés en Algérie.
Tableau noir. La torture reste pratiquée dans au moins 81 pays, les procès ne respectent pas les normes d’équité dans au moins 54, il est impossible de s’exprimer librement dans au moins 77. Soixante ans après la signature en 1948 de la déclaration, le bilan donne peu de raisons de se réjouir, remarque Geneviève Garrigos, présidente d’Amnesty International France. Les foyers de tension ne manquent pas. Darfour, Zimbabwe, Ghaza, Irak, Birmanie, la liste est longue. « Les gouvernements qui ont adopté la Déclaration universelle des droits de l’homme devraient faire amende honorable. L’Europe, si prompte à se présenter comme un modèle en matière de droits de l’homme, continue de s’accommoder du gouffre qui sépare les discours de la réalité, les normes de leur application et les principes de la pratique », déplore Geneviève Garrigos. « Amnesty ne sous-estime pas les progrès qui ont été accomplis pendant ces 60 ans, mais nous pensons que ces importantes avancées ne sont pas suffisantes. » Dressant un triste bilan de la présidence de George W. Bush, Amnesty place ainsi ses espoirs dans le prochain président américain, qui devra restaurer « l’autorité morale » des Etats-Unis en fermant le camp de Guantanamo à Cuba et en répudiant le recours à la torture. Autre sujet d’actualité, les JO et la Chine. L’organisation en août des jeux Olympiques à Pékin doit de même fournir l’occasion à la Chine d’évoluer, car son statut de puissance économique et politique majeure ne lui permet plus de négliger les droits de l’homme. Geneviève Garrigos estime que la Chine doit aussi s’engager un peu plus en Afrique sur la question des droits de l’homme. Pékin a ainsi tout à gagner à garantir la stabilité du Zimbabwe ou du Darfour. La principale préoccupation d’Amnesty en France concerne les demandeurs d’asile, en particulier depuis qu’ils relèvent de la compétence du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale créé par le président Nicolas Sarkozy. « Cela risque de faire un amalgame entre les demandeurs d’asile et les immigrés illégaux alors que les situations sont très différentes », observe Geneviève Garrigos. Amnesty cite notamment des décisions de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) et du Comité contre la torture de l’ONU, reproche à la France l’expulsion vers l’Erythrée et la Tunisie de plusieurs demandeurs d’asile. Le rapport 2007 d’Amnesty International est mitigé sur l’Algérie. « Les violences politiques ont persisté dans tout le pays, faisant au moins 491 morts, un nombre plus élevé qu’en 2006. Beaucoup de victimes ont été tuées à la suite d’attentats à l’explosif qui ont été revendiqués par l’organisation Al Qaïda au Maghreb islamique. » Sur le chapitre de la liberté d’expression, toujours zéro pointé. « Des défenseurs de droits humains et des journalistes ont été harcelés. Un certain nombre d’entre eux ont fait l’objet de poursuites et ont été menacés d’emprisonnement pour diffamation. Ces manœuvres visaient selon toute apparence à les dissuader de critiquer la politique gouvernementale et les agents de l’Etat ou à les punir de l’avoir fait. » Par contre, Amnesty met au crédit des autorités algériennes des initiatives encourageantes en vue de protéger les femmes contre les violences et d’abolir la peine de mort.
Posté le 27.05.2008 par kabylieazouzanet
Un colonel du DRS emprisonné et radié de l'armée pour avoir dévoilé l'implication du général Kamel Abderrahmane et d'autres officiers de l'armée dans un vaste trafic de drogue.
Ce qui se passe en Algérie relève tout simplement de la fiction. Le colonel Kada Hezil, officier du département de Renseignements et de Sécurité, est de ceux qui ont le courage d’accomplir la véritable mission pour laquelle il s’est engagée dans les rangs de ces services qui a pour vocation de dénoncer tout ce qui nuit à la sécurité du pays. A commencer par la dénonciations des activités illégales et déshonorantes des généraux qui n’ont que trop souillé l’honneur de l’institution militaire.
En mars 2001, il envoie au président de la république un volumineux dossier accompagné d’une lettre dénonçant un grand trafic de drogue dans l’ouest du pays. Dans ce trafic dirigé par un célèbre baron de la drogue, Ahmed Zendjabil, est impliqué le chef de la 2ème région militaire qui n’était autre que le général major Kamel Abderrahmane.
Alors qu’il était attendu du magistrat suprême du pays que soit ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire, au nom du peuple algérien victime du fléau mortel de la drogue, en laisse en liberté le général trafiquant et on condamne l’officier qui l’a dénoncé à deux ans de prison ferme. Cette condamnation est, évidemment, accompagnée d’une radiation des effectifs de l’armée de l’officier d’honneur. Pourtant le dossier présenté par le colonel Kada Hezil est le fruit d’investigations sérieuses menées par un corps qui dispose de tous les moyens pour être pris au sérieux. Malheureusement, en Algérie on continue de couvrir les indélicats et punir les hommes honnêtes qui servent loyalement leur pays.
Un colonel du DRS emprisonné et radié de l'armée pour avoir dévoilé l'implication du général Kamel Abderrahmane et d'autres officiers de l'armée dans un vaste trafic de drogue.
Ce qui se passe en Algérie relève tout simplement de la fiction. Le colonel Kada Hezil, officier du département de Renseignements et de Sécurité, est de ceux qui ont le courage d’accomplir la véritable mission pour laquelle il s’est engagée dans les rangs de ces services qui a pour vocation de dénoncer tout ce qui nuit à la sécurité du pays. A commencer par la dénonciations des activités illégales et déshonorantes des généraux qui n’ont que trop souillé l’honneur de l’institution militaire.
En mars 2001, il envoie au président de la république un volumineux dossier accompagné d’une lettre dénonçant un grand trafic de drogue dans l’ouest du pays. Dans ce trafic dirigé par un célèbre baron de la drogue, Ahmed Zendjabil, est impliqué le chef de la 2ème région militaire qui n’était autre que le général major Kamel Abderrahmane.
Alors qu’il était attendu du magistrat suprême du pays que soit ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire, au nom du peuple algérien victime du fléau mortel de la drogue, en laisse en liberté le général trafiquant et on condamne l’officier qui l’a dénoncé à deux ans de prison ferme. Cette condamnation est, évidemment, accompagnée d’une radiation des effectifs de l’armée de l’officier d’honneur. Pourtant le dossier présenté par le colonel Kada Hezil est le fruit d’investigations sérieuses menées par un corps qui dispose de tous les moyens pour être pris au sérieux. Malheureusement, en Algérie on continue de couvrir les indélicats et punir les hommes honnêtes qui servent loyalement leur pays.
Kada Hezil, un officier
qui fait honneur
à l'armée algérienne
En 2006, Kada Hezil, toujours aussi courageux et nullement intimidé par cette condamnation, il alerte la presse nationale. Salima Tlemçani, la courageuse journaliste d’El Watan s’empare de l’affaire. Contrairement à beaucoup de ses confrères qui mettent sous le coude ce genre de dossiers jusqu’à l’oublier, elle met en avant à travers une enquête menée à Oran l’implication de hautes personnalités, notamment militaires, en poste à Oran dans le réseau de trafic de drogue. Le fruit de son enquête est publié le 18 octobre 2006 dans les colonnes du quotidien El Watan que dirige Omar Belhouchet, un habitué des tribunaux pour délits de presse.
Là encore, la justice algérienne au lieu d’enquêter sur cette grave affaire, elle inverse les rôles. Le délinquant devient accusateur et poursuit ses dénonciateurs pour diffamation malgré la consistance du dossier. Et voici le général Kamel Abderrahmane au tribunal de Sidi M’hammed, le dimanche 13 avril 2008, pour une confrontation avec Kada Hezil.
Il s’est présenté devant le tribunal dans ses petits souliers. L’image du général arrogant et hautain a laissé place à celle d’un pauvre citoyen lambda venu se défendre contre ses accusateurs. Il ne réclame rien moins que le dinar symbolique parce qu’il « estime avoir été diffamé ». Il se montre gentil avec la presse, se dit navré de poursuivre un journal devant la justice. Le verdict, selon le quotidien El Watan est attendu pour le 27du mois en cours. En évoquant cette affaire, je saisi l’occasion pour rendre un vibrant hommage à la journaliste Salima Tlemçani, de son vrai nom, Zineb Oubouchou, pour son honnêteté intellectuelle et son courage d’aborder les sujets les plus brûlants. Un courage que refusent de reconnaître certains pseudo opposants, installés à l’étranger et évoluant sous l’aile protectrice de cercles qui se disent influents. Incapables de réaliser le dixième de ce qu’elle fait avec courage, ces poltrons usent de la lâcheté de l’anonymat pour l’accuser de rouler pour les services de sécurité. Si les écrits de Salima Tlemçani pouvaient être cautionnés par ces services de sécurité on pourrait dire sans hésitation que les services algériens sont les meilleurs au monde et sont plus honorables que ces pseudo opposants qui entretiennent le mythe de services secrets omniprésents pour faire avorter toute velléité d’organisation ou d’opposition réelle.
Evidemment, un journaliste qui se place au-dessus des clans et refuse le parrainage des cercles occultes est mal vu par ceux qui veulent imposer leur tutelle sur toute voix contestataire. Salima Tlemçani, hormis un prix décroché en 2004, n’a jamais bénéficié des faveurs de ceux qui désignent les lauréats aux grands prix de la presse. Pour ces gens, ils ont leur lauréate qui n’écrit jamais rien mais qui rafle tous les titres. Salima Tlemçani pour sa part, elle ne rafledes prix de pacotille, mais elle rafle mieux : les coeurs de ses lecteurs. Des lecteurs issus du petit peuple dont elle est issue et auquel demeure attachée cette fille du quartier populaire, Bab-El-Oued.
Posté le 25.05.2008 par kabylieazouzanet
La Secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice, dans un message lu le 20 mai par l'ambassadeur des Etats-Unis à l’occasion de l’inauguration du nouveau siège de son ambassade à Alger, a qualifié l'Algérie de «championne de la sécurité régionale et internationale». Dans ce message, la chef de la diplomatie américaine a également évoqué les «grands progrès» réalisés par l’Algérie dans le domaine économie. « En 2008, l'Algérie est un leader reconnu en Afrique du Nord et au-delà. L'Algérie est championne de la sécurité régionale et internationale, son économie a fait de grands progrès et sa société est en train de devenir plus ouverte que jamais», écrivait-elle dans son message.
En Algérie, comme à l’étranger, la lettre de Mme Rice a provoqué une grande surprise. Tout le monde le sait et les autorités algériennes le reconnaissent sans difficulté : l’Algérie est loin d’être la championne de la sécurité dans la région et encore moins dans le monde. Car si tel était le cas, pourquoi les pays occidentaux, Etats-Unis en tête, continuent t-ils d’émettre régulièrement des messages d’alerte déconseillant à leurs ressortissants de se rendre en Algérie ? L’Algérie a connu une année 2007 et un début d’année 2008 sanglants, avec notamment de nombreux attentats suicide revendiqués par Al-Qaïda.
Pourquoi, dans ce contexte, Mme Rice qui, en dix ans de responsabilités au sein de l’administration Bush ne s’était jamais rendue une seule fois en visite à Alger, s’intéresse t-elle soudainement aux réalisations algériennes, en délivrant un quasi-satisfecit au gouvernement ? La réponse parait évidente : dans moins de six mois, Condoleezza Rice aura quitté l’administration américaine. Au regard de son bilan catastrophique à la tête de la diplomatie américaine, elle a peu de chances de figurer dans le prochain gouvernement, même en cas de victoire -improbable- du candidat républicain.
Une fois partie du gouvernement, Condoleezza Rice a de fortes chances de revenir à ses premiers amours, à savoir l’industrie pétrolière, dans un contexte où l’or noir est devenu un enjeu stratégique mondial. Comme la majorité des membres de l’administration Bush, elle a gardé des liens très étroits avec l’industrie pétrolière américaine. En effet, parallèlement à sa carrière politique, Mme Rice avait fait partie du conseil d’administration de la compagnie pétrolière Chevron de 1991 à 2000.
L’Algérie figure parmi les pays prioritaires pour les compagnies pétrolières amércaines. Le petit message flatteur adressé au gouvernement algérien pourrait alors s’avérer, pour Mme Rice, une référence précieuse pour des négociations futures…
Posté le 24.05.2008 par kabylieazouzanet
Bachar Al Asad, en Syrie, Hosni Moubarak en Egypte, Mouammar Kadhafi en Libye, Abdelaziz Bouteflika en Algérie, Omar Al Bachir au Soudan, Ali Abdallah Salah au Yémen, comme Zine El Abidine Ben Ali en Tunisie, n’envisagent nullement de passer la main. Des pseudo élections trafiquées, au vu et au su de tout le monde, leur permettent de légaliser leur illégitimité. Le chef chronique assiégé, assiège la société par ses armées policières. C’est la lutte à mort entre un homme terrorisé par son peuple et un peuple terrorisé par son tyran. Dans tous ces pays c’est l’impasse, tant les régimes en place, comme le dit le politologue Olivier Roy, sont irréformables.
L’année dernière, à cette même époque, les Mauritaniens ont organisé pour la première fois de leur histoire une élection présidentielle parfaitement libre et honnête, fait unique dans les annales du Monde arabe.
Quelle évaluation pouvons-nous faire aujourd’hui de cette première ?
Serait-ce là la fameuse hirondelle annonçant un printemps démocratique dans la seule région du monde restée totalement réfractaire à la vague de démocratisation.
Tous mes interlocuteurs étaient d’accord sur le fait, qu’en matière de libertés publiques, le retour du bâton craint, une fois éteinte les lampions de la fête, ne s’est pas produit.
Mais beaucoup de représentants de la "société civile" semblaient dubitatifs quant à l’enthousiasme soulevé par l’expérience mauritanienne dans les pays arabes.
Leurs arguments appelant à tempérer cet enthousiasme sont les suivants :
- D’une certaine façon, les caciques de la dictature déchue n’avaient pas le choix, surtout après la tentative de putsch de 2003, que d’organiser leur propre soulèvement et sauver leurs propres têtes et privilèges en sacrifiant le dictateur devenu un fardeau pour le système.
- C’est le candidat du régime de l’époque, soutenu par la caste militaire, toujours omnipotente, qui l’a emporté et non le candidat de la "vraie alternance".
- Certes les formes électorales ont été respectées, mais la lutte n’a pas tourné autour de programmes politiques. Les déterminants ont été l’argent et le clientélisme tribal et ethnique.
Il est exact que sans l’intervention en sous main des militaires, le candidat de l’opposition aurait eu de meilleures chances de l’emporter, sans que cela soit absolument certain.
Nul doute aussi que la campagne a été très largement clientéliste et non programmatique. Il faut rappeler aussi que les officiers mauritaniens responsables du putsch avorté de 2003, poursuivis, lourdement condamnés et chassés de l’armée, n’ont pas été à ce jour réintégrés ou indemnisés par leurs collègues qui ont réussi ce qu’ils ont tenté avant eux : débarrasser le pays de la dictature.
Ceci étant dit, empressons-nous de rendre justice aux Mauritaniens.
Il est douteux que la quantité d’argent, ou de manipulation de toutes sortes, ait été plus importante que dans des pays plus chevronnés dans le jeu électoral.
Pourquoi les Mauritaniens devraient-ils davantage se justifier de leurs « identarismes » que les Corses, les Basques ou les Bosniaques ?
De toutes les façons l’apport de l’expérience n’est ni dans la qualité de l’organisation de la consultation, ni dans celle des débats ou des candidats. Il est dans le fait d’avoir débloqué, au coût le plus faible, une situation dangereuse dans laquelle vit aujourd’hui la quasi-totalité des pays arabes.
La Tunisie est conviée en 2009 à sa cinquième mascarade électorale en vingt ans, et instituant de facto la présidence à vie. Ce n’est pas le seul exemple d’un pays bloqué par un système politique, lui-même bloqué par un homme sans solution autre que de continuer à tenir la queue du tigre le plus longtemps possible.
Bachar Al Asad, en Syrie, Hosni Moubarak en Egypte, Mouammar Kadhafi en Libye, Abdelaziz Bouteflika en Algérie, Omar Al Bachir au Soudan, Ali Abdallah Salah au Yémen, comme Zine El Abidine Ben Ali en Tunisie, n’envisagent nullement de passer la main. Des pseudo élections trafiquées, au vu et au su de tout le monde, leur permettent de légaliser leur illégitimité. Le chef chronique assiégé, assiège la société par ses armées policières. C’est la lutte à mort entre un homme terrorisé par son peuple et un peuple terrorisé par son tyran. Dans tous ces pays c’est l’impasse, tant les régimes en place, comme le dit le politologue Olivier Roy, sont irréformables.
A travers l’histoire ce genre de situation se débloque normalement par la révolution ou par l’assassinat du tourmenteur de son peuple. Le sang coule, et il arrive qu’il coule à flots et pendant longtemps comme c’est le cas aujourd’hui en Irak. On oublie que les malheurs de ce pays sont largement dus à la dictature de Saddam Hussein et au processus de son élimination.
Le coût d’une insurrection populaire semble actuellement trop élevé pour les peuples arabes, surtout au vu de la malheureuse expérience algérienne. D’où leur attentisme actuel. Mais une telle attitude ne pourrait être tenue très longtemps car tous les problèmes en suspens ne font qu’empirer. En Egypte, on commence à s’entretuer dans les files pour acheter du pain.
La violence contenue par la répression, n’est pas annulée. On ne fait que reporter son explosion.
C’est dans ce contexte lourd de toutes les menaces, que l’expérience mauritanienne prend toute son importance.
Celle ci ne tient pas tant dans le putsch militaire organisé par les plus proches collaborateurs du dictateur, solution tant de fois utilisée dans le Monde arabe. Elle est dans le fait que les militaires aient accepté de remettre réellement le pouvoir dans les mains du suffrage universel.
Nul ne doute aujourd’hui que cette décision n’a pas été facile à prendre, que la tentation de s’accrocher au pouvoir a été forte, que celle de le récupérer n’est pas moins tenace.
Il n’en demeure pas moins que le dictateur a été renvoyé sans bain de sang, qu’on n’a pas assisté à des purges vengeresses, que des élections honnêtes ont permis de désamorcer la grave crise politique du pays, ce qui lui a permis de concentrer son énergie sur les graves problèmes socio-économiques dans lesquels il se débat.
La question immédiate qui vient à l’esprit est simple : Ce modèle peut-il être reproductible dans les autres pays arabes ?
Nul ne connaît évidemment la réponse puisque l’on ne sait pas de quoi l’avenir sera fait. Au lieu de se laisser aller aux supputations, il faudrait se poser une question plus inquiétante : quelles autres alternatives ont les pays arabes en dehors de la solution mauritanienne ?
Là, la réponse est évidente : la lente agonie de sociétés bloquées, et/ ou la violence.
Si telles sont les deux alternatives, on comprend pourquoi cette solution mauritanienne doit être une priorité absolue tant pour les "sociétés civiles", que pour les femmes et les hommes de bon sens au sein même de l’Etat totalitaire, sans parler des protecteurs occidentaux, qui dans leur obsession sécuritaire n’ont pas arrêté de prendre les pyromanes pour les pompiers.
Par Moncef Marzouki : (Président du Congrès pour la République (CPR, Tunisie), ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme et de la Commission arabe des droits de l’homme (CADH/ACHR) : www.moncefmarzouki.net.
Posté le 09.05.2008 par kabylieazouzanet
Deux responsables d'un hebdomadaire de l'opposition légale tunisienne Rachid Khechana et Monji Ellouze, poursuivent une «grève de la faim illimitée» pour dénoncer les harcèlements dont leur journal, Al-Mawkef, fait l'objet selon eux, de la part du pouvoir, au moment où la Tunisie célèbre, à l'instar de la communauté internationale la Journée mondiale de la liberté de la presse.
Depuis le 14 mars dernier, quatre éditions d'Al-Mawkef, organe hebdomadaire du Parti démocratique progressiste (PDP) ont été saisies et ses comptes en banque bloqués, sans aucune explication.
En signe de protestation, des membres du personnel ainsi que des activistes du PDP ont décidé de distribuer eux-mêmes le dernier numéro dans les rues de la capitale Tunis.
Khechana, rédacteur en chef d'Al-Mawkef, un des trois journaux d'opposition qui subsistent en Tunisie et Secrétaire général adjoint du PDP, passera le 10 mai en justice avec Chebbi, Directeur de la publication, pour répondre de pertes à hauteur de plusieurs centaines de milliers de dollars que le journal aurait causé à des distributeurs d'huile alimentaire, Al-Mawkef ayant publié que leurs produits étaient frelatés et demandé qu'ils soient soumis à des analyses.
Ces sociétés réclament 500 000 dinars (274 000 Euros) de dommages et intérêts. En cas de condamnation, le journal devra fermer.
«La situation est intolérable, notre journal ne reçoit pas de publicités, ne vit que de ses ventes et se retrouve aujourd'hui menacé de disparition», déclarait fin avril Khechana lors d'une conférence de presse tenue au siège du PDP, deux jours avant la visite de Nicolas Sarkozy en Tunisie.
Khechana, 55 ans, et Ellouze, 59 ans, avaient justifié la grève de la faim comme «ultime moyen de défense», indiquant que des dirigeants du PDP, dont la Secrétaire générale Maya Jeribi, avaient tenté de vendre le journal à la criée dans le rues de Tunis pour protester contre «la censure déguisée».
L'Union Nationale des Journalistes Tunisiens, constituée en janvier dernier, vient de publier un manuel de formation et un guide de référence sur les questions liées aux « reportages sur les Droits de l'Homme ».
Ce manuel, qui attendait d'être publié depuis 2006, n'avait reçu son autorisation de publication que le mois dernier, lorsque le gouvernement avait levé l'interdiction qui frappait de nombreux ouvrages en Tunisie.
«Le Code de la presse comprend entre 40 et 50 chapitres restrictifs», a déclaré à APA samedi un journaliste tunisien qui pense que la Tunisie devrait plutôt «créer une charte nationale des médias qui rassemble toutes les parties ».
Le 3 avril dernier, une cour d'appel de Tunis a confirmé la condamnation à un an de prison du journaliste Slim Boukhdhir.
Boukhdhir, qui travaille pour le quotidien londonien Al-Quds Al-Arabi et pour la chaîne de télévision Al-Arabiya, a été initialement condamné à de la prison en décembre 2007 pour «comportement insultant envers un fonctionnaire dans l'exercice de ses fonctions » après une altercation avec un policier qui le suivait.
Certains ont rapporté que le procès de Boukhdhir était «une vraie farce, le juge n'accordant aucune attention aux avocats de la défense».
Le président tunisien avait déclaré vendredi que l'Etat s'est employé à «développer ce secteur (de la presse) à la faveur des multiples décisions et mesures qui ont touché ses différents aspects juridique, réglementaire et politique ».
Le président Ben Ali estime que ceci « a permis d'enrichir le paysage médiatique en Tunisie, de consolider ses potentialités humaines et techniques, et de le doter de tous les moyens à même de promouvoir son rôle dans l'enracinement des fondements de la démocratie, l'approfondissement de l'esprit de dialogue et de consensus, et dans le soutien de notre processus de développement ».
Les propos du président français Nicolas Sarkozy affirmant que «l'espace des libertés progresse » en Tunisie ont suscité un tollé chez les défenseurs des droits de l'Homme en France et en Tunisie.
«Si des garanties ont été données à monsieur Sarkozy pour que les libertés progressent, tant mieux ! C'est notre demande », s'est étonné Mokhtar Trifi, président de la Ligue tunisienne des Droits de l'Homme (LTDH).
«Malheureusement, sur le terrain, nous n'avons pas remarqué de progrès notables, c'est peut-être même le contraire qui se passe en réalité aujourd'hui », a-t-il ajouté.
Posté le 09.05.2008 par kabylieazouzanet
Elle, emmitouflée dans sa robe traditionnelle kabyle, le visage creusé par les rides, les yeux rougis pour avoir trop longtemps pleuré la perte de son enfant, serre le portrait de celui-ci contre son cœur. Lui, le visage également strié par le temps, le corps aussi sec qu’un vieil olivier décharné, a le regard perdu dans le vide. Pour Djohra et Ahcène, comme pour toute la famille Irchène, la vie a suspendu son cours le vendredi 27 avril 2001, à 15 h 30 exactement. Ce jour-là, leur fils Kamel, 27 ans, qui manifeste aux côtés d’une centaine de jeunes devant la gendarmerie d’Azazga, à 35 km à l’est de Tizi-Ouzou, est atteint de deux balles, l’une au thorax, l’autre au bras gauche. Peu de temps avant de succomber à ses blessures, Kamel aura eu le temps d’inscrire avec son propre sang le mot « liberté » sur le mur gris d’un café de la ville. Recouvert de Plexiglas, le graffiti est devenu, depuis, le symbole de la révolte qui a embrasé la Kabylie durant le printemps 2001.
La famille Irchène cherche toujours des réponses à ses interrogations. Qui a tué Kamel ? Où peut se trouver son assassin ? Qu’attend la justice pour instruire le dossier qui traîne depuis des années sur le bureau du juge d’instruction d’Azazga ? « Depuis ce funeste vendredi, nous refusons de faire notre deuil, soupire son frère Ahmed. Comment voulez-vous que nos cœurs s’apaisent quand on sait que son assassin est libre ? Les autorités nous ont donné de l’argent et même proposé du travail. Ne savent-elles pas que seule la justice est en mesure d’atténuer notre douleur ? »
Mémoire à vif
Sept années après les émeutes qui ont mis la région à feu et à sang, et coûté la vie à 126 personnes, les familles en sont encore à réclamer justice pour leurs morts. À l’exception du meurtrier du jeune Massinissa Guermah, tué le 18 avril 2001 dans les locaux de la gendarmerie de Beni-Douala, aucun autre membre des forces de sécurité mis en cause n’a été inquiété. Bien sûr, certains gendarmes ont été relevés de leurs fonctions, d’autres ont été mutés. Pourtant, assure Belaid Abrika, porte-parole des archs (comités de villes et de villages représentant la population), l’État s’est formellement engagé à faire la lumière sur ces tragiques événements. « Les preuves et les témoins ne manquent pas pour les confondre, précise-t-il. Nous avons formellement identifié une vingtaine de tueurs. Des témoins et des blessés se sont présentés devant le juge d’instruction pour livrer les noms et les signalements des gendarmes qui ont fait feu. Mais, à ce jour, aucune confrontation n’a eu lieu. Pourquoi ? » « C’est le règne de l’arbitraire, répond, en écho, Ahmed Irchène. Notre intime conviction est qu’ils ne veulent pas juger les assassins. » Deuil, impunité, sentiment d’injustice… Sept ans après, les Kabyles ont encore la mémoire à vif.
Sur le papier, la crise est pourtant réglée. Officiellement, elle est terminée depuis que les archs et le gouvernement, alors dirigé par Ahmed Ouyahia, ont signé, le 25 janvier 2005, un protocole d’accord aux termes duquel l’État s’engage à satisfaire toutes les revendications de la plate-forme d’El-Kseur, notamment celles portant sur l’officialisation de la langue tamazight, le jugement des auteurs des assassinats, l’indemnisation des familles et l’octroi du statut de martyr aux victimes de la répression. Plus de trois ans après la signature de ce fameux accord, le bilan est maigre.
De mal en pis
Certes, depuis avril 2002, le tamazight est inscrit comme langue nationale dans la Constitution, mais les autorités continuent de s’opposer fermement à son officialisation. Toutes les familles ont reçu une enveloppe de 2,4 millions de dinars (DA, environ 23 300 euros) en guise d’indemnités, tandis que les blessés se sont vu attribuer, en fonction de leurs infirmités, des pensions mensuelles allant de 5 000 à 15 000 DA (de 48 à 145 euros, le smic est à 12 000 DA). Mais, là aussi, à en croire plusieurs membres des familles d’ayants droit, beaucoup reste à faire. L’État a promis d’assumer la prise en charge sociale des victimes (octroi d’un logement, remboursement de frais médicaux, aides matérielles aux handicapés…), mais les engagements tardent parfois à être honorés. « On peut dire que 30 % seulement de nos exigences ont été satisfaites, estime Belaid Abrika. C’est peu, très peu même au vu de tous les sacrifices qui ont été consentis. Mais le plus grave est que le dialogue est rompu. Cela n’est ni sain ni sage, car, en plus d’être frondeuse et rebelle, la région est aujourd’hui assise sur une poudrière. »
Il suffit de sillonner villes et villages et de converser avec leurs habitants pour constater que les choses vont de mal en pis. Terrorisme, violences, drogue, banditisme, kidnappings, prostitution… Les fléaux prolifèrent, à tel point qu’une partie de la population souhaite le retour des gendarmes qu’elle a elle-même chassés au lendemain des émeutes de 2001. « Si certains réclament la réinstallation des brigades de gendarmeries [14 ont été démantelées en mars 2002, NDLR], c’est que le mal est très profond », juge Slimane, entrepreneur à Yakourene, un village situé sur les crêtes des montagnes du Djurdjura. Après avoir amassé une petite fortune dans le secteur du bâtiment, il a dû plier bagage pour installer ses chantiers dans la région d’Alger, privant ainsi des dizaines de familles de leur gagne-pain. « Je ne suis pas parti de gaieté de cœur, précise-t-il, mais le climat d’insécurité rebute de plus en plus les hommes d’affaires. Certains ont fermé boutique, d’autres ont délocalisé leurs activités. » Même son de cloche du côté du président de la Chambre de commerce et d’industrie de la wilaya (département) de Tizi-Ouzou, Améziane Medjkouh, qui déplore la fermeture d’une douzaine de PME, employant entre 20 et 50 personnes, depuis les événements de 2001. « Actuellement, nous assistons beaucoup plus à des délocalisations personnelles, explique-t-il. Ce sont les entrepreneurs eux-mêmes qui quittent la région, en laissant sur place leurs moyens de production. » Il faut dire que les risques d’émeutes, la multiplication des enlèvements, la montée du banditisme, mais aussi l’absence d’infrastructures - la Kabylie est essentiellement une région montagneuse - ont de quoi décourager les patrons les plus téméraires. « Il devient de plus en plus difficile de convaincre les gens d’investir localement et de lancer des extensions d’activité, regrette Améziane Medjkouh. L’absence ou le manque de zones aménagées et sécurisées, de port, d’aéroport et de parcs sous douanes font fuir les industriels. »
C’est qu’en plus de l’activisme terroriste des groupes de l’ex-GSPC, qui ont élu refuge dans ses maquis touffus, la région fait face à un nouveau phénomène : le rapt d’entrepreneurs ou d’enfants de familles riches ou aisées. Depuis le début de 2005, on recense pas moins d’une vingtaine d’enlèvements à Tizi-Ouzou et à Béjaïa. Qu’ils soient l’œuvre de bandes armées affiliées à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) ou le fait de voyous bien organisés, ces kidnappings ont plongé la population dans la psychose. Travailleur émigré installé dans la région parisienne, Mohand-Saïd a pour habitude de retourner chaque été dans son village d’Ighil-Ali pour y passer quelques jours de vacances avec femme et enfants. Aujourd’hui, il ne veut plus en entendre parler. « J’ai peur pour moi-même, ainsi que pour mes enfants, car ces terroristes ou ces bandits qui kidnappent peuvent s’en prendre à nous en pensant que nous sommes riches parce que nous vivons en France. Dorénavant, nous irons en Tunisie. »
Les autorités annoncent régulièrement la réinstallation de plusieurs brigades de gendarmerie en Kabylie, mais elles butent encore et toujours sur l’hostilité de la population à l’égard de ce corps de sécurité. À en croire un haut responsable de la gendarmerie de Tizi-Ouzou, qui s’exprimait récemment en « off » devant un parterre de journalistes locaux, même les gendarmes refusent d’y être affectés. C’est dire l’immense fossé qui sépare encore aujourd’hui gendarmes et population.
Toutefois, il est un fait que tout le monde admet volontiers : le départ des gendarmes de certaines localités, ainsi que la mise en quarantaine de ceux qui sont restés, a largement profité aux terroristes et aux bandits de tout acabit. Mais le retour de ceux que l’on accuse de tous les maux divise les Kabyles. Ancien délégué des archs, Ravah y est favorable. Après avoir longtemps ferraillé contre le pouvoir, et passé plusieurs jours en prison en 2002 en raison de son appartenance au mouvement citoyen, il admet désormais la nécessité de sortir de ce bras de fer qui oppose les Kabyles au pouvoir central. « Il est temps que la sécurité et l’autorité soient rétablies en Kabylie, estime-t-il. Priver la région de forces de sécurité revient à la livrer aux terroristes et aux voyous. Après tout, tous les gendarmes ne sont pas derrière les exactions commises durant le “Printemps noir”. » Pas question, rétorquent les autres. « Nous ne ferons la paix que le jour où nous verrons tous ceux qui ont tué répondre de leurs crimes devant la justice, affirme Ahmed Irchène. C’est ce jour-là, et seulement ce jour-là, que nous pourrons faire notre deuil. »
Posté le 09.05.2008 par kabylieazouzanet
Reporters sans frontières dénonce l’interdiction de distribution dont a été victime l’hebdomadaire français Jeune Afrique en Algérie au cours de la première semaine du mois de mai.
“Plus nous approchons des échéances électorales présidentielles de 2009, plus il est à craindre de voir ce genre de mesures arbitraires se multiplier. L’Etat algérien doit garantir une information libre et plurielle à ses citoyens et non se poser en censeur”, a déclaré l’organisation.
Le numéro 2469, daté du 4 au 10 mai 2008, de l’hebdomadaire français Jeune Afrique n’a pas été distribué en Algérie. La direction du journal n’a reçu aucune explication des autorités. Toutefois, cette mesure de censure serait liée à la publication d’un article, intitulé “Kabylie, le grand malaise”, de Farid Alilat, dans lequel le journaliste décrit les problèmes économiques, sécuritaires et sociaux qui paralysent cette région dans l’est du pays.
Marwane Ben Yahmed, directeur de la rédaction de Jeune Afrique, a expliqué à Reporters sans frontières que le distributeur FA presse n’avait pas obtenu d’autorisation de vente pour ce dernier numéro. “Nous avons décidé de publier cet article en accès libre sur notre site Internet pour que nos lecteurs algériens puissent y avoir accès”, a-t-il ajouté.
Jeune Afrique a déjà fait les frais de la censure d’Etat en Algérie. En mars 2007, un numéro, incluant une enquête sur l’homme d’affaires Rafik Abdelmoumen Khalifa, avait été interdit des kiosques. En février 2004, quelques semaines avant la tenue des élections présidentielles, le dossier “Pour qui votent les généraux” avait valu au journal une autre censure.